Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Hier soir j’avais prévu initialement d’aller au concert commémoratif donné par l’Orchestre de la
Garde républicaine en la cathédrale Saint-Louis des Invalides. Puis une répétition chorale avec audition
s’ajouta pour le même soir, les deux horaires se chevauchant. Je partis de chez moi vers 18h50*, mais le RER, plein
à cette heure, opposait son lot habituel de malaises voyageurs et autres incidents chronophages à une progression
normale. J’arrivai très tard sur la ligne 1, trop tard pour la répétition. Et aussi en retard pour le concert aux Invalides,
où l’on eut la bonté de me laisser néanmoins entrer, entre les deuxième et troisième pièces proposées.
Le concert s’ouvrait sur la Marseillaise, en version orchestrée par Hector Berlioz, et orchestrale,
avec en soliste vocale Nathalie Manfrina. Suivaient une mélodie pour orchestre, soprano solo et
violoncelle de Francis Poulenc et Guillaume Apollinaire, intitulée “Bleuet”, puis l’extrait “Ballet”
de la Petite Suite de Claude Debussy, pour orchestre, et une autre mélodie de Jules Massenet,
“Elégie”, pour soprano et violoncelle. Cette première partie était dirigée par le colonel François
Boulanger. Elle évoquait la Belle Epoque et sa fin brutale en 1914, dans un conflit généralisé.
Du fait de mon retard, je n’entendis que les deux derniers mouvements de cette partie.
La deuxième partie, la plus longue m’a-t’il semblé, était constituée du concerto pour violoncelle
et orchestre “Requiem. Chemin des Dames” du compositeur néo-zélandais Gareth Farr. Ce concerto,
contemporain, était dirigé par le chef d’orchestre australien Daniel Linton. Ainsi étaient réunies la
mémoire des combattants français, mais aussi celle des combattants australiens et néo-zélandais,
dans un même concert. Gareth Farr a perdu trois arrière-grands-oncles en France, dans les combats,
le violoncelliste Sébastien Hurtaud y avait perdu son arrière-grand-mère. Le concerto fut dédié à tous
les combattants, mais aussi aux femmes de la Grande Guerre, qui les relayèrent à l’arrière.
Cette oeuvre d’une grande puissance était pleine de bombardements suggérés et de stridences.
La partie de violoncelle était virtuose, et fut remarquablement interprétée par Sébastien Hurtaud.
La troisième partie, à nouveau dirigée par le colonel Boulanger, revenait à un langage musical
plus léger, en proposant l’air de Salomé de Hérodiade de Massenet, pour soprano solo, où je fus
particulièrement impressionnée par la puissance vocale de la soprano solo. Suivit la Marche
héroïque pour orchestre de Camille Saint-Saëns, qui doit correspondre à une armée de poilus partant
la fleur au fusil sans savoir ce qui les attend, une belle composition guerrière et fière, dont j’ai prélevé
un petit extrait vidéo ci-dessous (pardon pour l’éblouissement du micro…) en espérant que personne
ne s’y opposera (sinon merci de contacter la blogmestre, colonne de droite du blog).
Amazing Grace, chant populaire anglophone, qui fut chanté par Nathalie Manfrino, en solo
a capella d’abord, puis rejointe progressivement par l’orchestre, clôturait la soirée.
Le concert fut très applaudi, et je regrettai que la cathédrale n’ait pas été complètement pleine,
suite à une partie des sièges réservée aux invitations, quoique les billets aient aussi pu
être achetés. Mais le public présent, très cosmopolite, était enchanté. Le public était différent
de celui que je croise habituellement aux concerts de Saint-Louis des Invalides, qui a ses
habitués. Souhaitons que les nouveaux auditeurs reviendront pour d’autres concerts.
Lors de la présentation du concerto, on nous fit part d’une collecte au profit de l’oeuvre nationale du bleuet de
France. Les bleuets sont de petites fleurs de papier ou de tissu qui sont venduesau profit des victimes de guerre
et de leurs familles, et s’accrochent aux vêtements (les Britanniques ont des coquelicots), cette pratique
remonte à la Grande Guerre, quand l’Hôtel des Invalides accueillait des blessés par milliers qui arrivaient du front.
Ayant un père invalide de guerre, je connais bien l’Institution nationale des Invalides (le nom actuel de l’hôpital),
où je l’emmenais consulter, toujours sidérée de le voir entrer dans les chambres pour saluer les pensionnaires,
être reconnu et abordé par le personnel et embrassé par les aides-soignantes… Il y a dans cet hôpital des
blessés qui y finiront leurs jours car c’est le seul lieu où l’on sait comment s’occuper d’eux. C’est une institution
émouvante, et je ne saurais que vous engager à acheter et porter des bleuets,
quand vous en rencontrerez, pour soutenir ses actions.
Nous sommes ressortis de l’Hôtel des Invalides vers 21h45, j‘ai repris le métro à Varenne peu après**
Sylvie, blogmestre
PS: je n'ai pas eu de billet car il n'y avait plus de vente à mon entrée,
mais je ferai provision de bleuets...