Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Hier soir, et le soir d’avant, l’Orchestre de Paris proposait deux concerts, j’ai assisté au second.
J’avais prévu de prendre ma voiture, mais un grand déploiement de camions de pompiers dans ma rue m’en priva
à l’heure où elle m’était nécessaire. Vu mes difficultés des jours précédents (ratage successif de deux concerts
pour problèmes de santé), j’ai un peu hésité à partir à pied pour le RER, mais m’y suis finalement résolue,
alors que les camions avaient bougé, mais trop tard pour moi. L'aller fut un peu difficile, le retour, mieux.
Le programme proposait en première partie l’ouverture de Coriolan de Ludwig van Beethoven et
une création européenne de Jörg Widmann, le concerto pour violon n°2, interprété par sa soeur
Carolin, et l’orchestre. La 2è partie du concert proposait la 6è symphonie de Beethoven.
L’orchestre de Paris était placé sous la direction de Daniel Harding.
J’avais une place au 2è balcon, aussi proche de la scène que j’avais pu trouver. J’arrivai à la
Philharmonie juste avant le début du concert, et entendis les deux premières oeuvres depuis cette place.
L’ouverture de Coriolan, en ut mineur, fait partie des pièces écrites par Beethoven en introduction
d’une pièce de théâtre, ou de son unique opéra, qui en connut quatre successives! Ecrite et créée
en 1807, cette oeuvre musicale de 8 minutes accompagnait une pièce de Heinrich Joseph von Collin.
Elle fut exécutée deux fois en ouverture de la pièce, puis vécut sa vie comme oeuvre musicale seule,
qui se suffit à elle-même. Il s’agit d’une pièce tragique, un condensé musical du drame écrit dans
lequel Coriolan préfère mourir plutôt que de détruire Rome et les siens. La matière sonore se dissout
avec le personnage, en conclusion, ce qui est exceptionnel pour l’époque.
Le 2è concerto pour violon de Widmann est une oeuvre contemporaine, commportant un violon
solo, beaucoup de percussions, cloches de vaches, gongs, dont un trempant dans un bain, un célesta,
et l’orchestre qui produit des sons étranges. Il s’agit au départ de la naissance de la voix du violon,
qui apprend à chanter en se découvrant bruyamment, tapoté plus ou moins vigoureusement (les autres
cordes aussi). La violoniste avait étalé devant elle des pages de partition collées entre elles, j’ai pensé
qu’elle ne devait pas avoir le temps matériellement de les tourner aux passages les plus exigeants.
Progressivement le violon acquiert une voix de violon et les instruments de l’orchestre se mettent
à sonner comme nous en avons l’habitude. L’oeuvre dure 35 minutes, et fut très applaudie.
La salle n’étant pas pleine en ce deuxième soir de concert, j’ai rejoint le 1er balcon d’abord,
puis l’arrière-scène où il y avait des places libres, où j’ai fini par m’asseoir au 2è rang, du côté droit.
J’avais retrouvé mes repères acoustiques (position de concert!), et profitai pleinement d’une de mes
oeuvres préférées d’enfance, la 6è symphonie en fa majeur de Ludwig van Beethoven, connue sous
le nom de “Symphonie pastorale”. Parents, méfiez-vous si vous biberonnez vos enfants avec Fantasia
de Walt Disney… chaque Pastorale de leur vie d’adulte ressuscitera dans leur mémoire les petites créatures du dessin
animé (je crois que cela s’appelle une ancre psychologique). L’un de mes voisins m’avait dit que l'Ouverture
de Coriolan lui avait paru plus emphatique que d’ordinaire, je compris en entendant le début de
la symphonie (du 2è balcon, l’emphase s’envole vers les oubliettes de la salle), plus lente,
plus… emphatique que d’ordinaire, et tout d’un coup, c’était parti pour un rythme enjoué et guilleret.
Orage, trio d’oiseaux, soleil, libations, ruisseaux, gloire de la nature triomphante dans sa beauté et sa
simplicité, un hymne écologique, avec soli de bois et cors, qui comme l’on sait ont dans l’imaginaire
collectif un côté bucolique, champêtre, forestier. Les oiseaux perçoivent d’ailleurs la flûte à bec comme
l’expression d’un autre oiseau concurrent ou amical, selon leur caractère… J’ai adoré hier soir
la symphonie pastorale, magistralement interprétée, et toujours aussi chantante et expressive.
Daniel Harding, très énergique, avait une partition dont on voyait qu’elle avait été beaucoup
travaillée et compulsée, j’aime bien les partitions qui ont du vécu, c’est une marque de fidélité.
Ce fut un très beau concert, assez long (nous sommes ressortis vers 22h45), très applaudi et rappelé.
Sylvie, blogmestre
Ci-dessous : un petit interlude coloré, dédié à tous les enfants que nous avons été