Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
J’étais hier soir au concert des 40 ans de l’Orchestre de chambre de Paris, au Théâtre des
Champs-Elysées. Toutes les places étaient à 20€ et hier il n’y en avait plus de disponibles.
J’avais réservé une place au 2è balcon, rangée V, et fus surprise que ce soit un strapontin quand
il me semblait avoir réservé un fauteuil. Comme il y a toujours des absents, même dans les salles
pleines, nous pûmes nous décaler, et ainsi, j’eus bien un fauteuil.
Le concert fut présenté par la présidente de l’orchestre, qui nous informa que nous avions dans
la salle beaucoup de musiciens et des représentants du ministère de la Culture et du service culturel
de la Ville de Paris. Nous fûmes aussi conviés à une fête au “104”. Puis Douglas Boyd prit la baguette.
La rangée V a une vue plongeante sur la scène un peu contrariée par les projecteurs
(qui contrarient surtout l’appareil photo dans sa mise au point automatique).
Le programme se présentait en deux parties, une partie contemporaine, composée d’une création,
“Le périple de Hannon”, une oeuvre pour ténor et orchestre d’Arthur Lavandier, qui était dans la salle
et vint saluer (impossible d’avoir une photo nette), et de dix extraits des Illuminations de Benjamin Britten,
sur des poèmes de Rimbaud. Le programme était une savante composition franco-britannique.
Hannon était un navigateur carthaginois, parti explorer la côte ouest de l’Afrique au VIè siècle avant
notre ère. Quelques écrits de l’Antiquité servent de support à la partition qui décrit ce périple. Le texte
est un poème en prose, d’un conquérant qui mène une vie extraordinaire et se délite peu à peu en
son voyage dans l’altération mentale et physique. Des images projetées de mer, de terre, de plantes,
et ultimement l’image inversée de l’orchestre accompagnent l’oeuvre. L’orchestre est renforcé par
trois bendirs (tambours d’Afrique du Nord). L’orchestre, anachronique par rapport à l’objet de la
narration, utilise ses instruments pour en tirer des sons étranges. Une intéressante prestation,
prenante, dont le texte est très beau, dit par le ténor James Way.
Les Illuminations sont un cycle de dix mélodies de Britten sur des poèmes de Rimbaud,
enchaînés, sauf lors du passage du français à l’anglais, où il y eut un break, créées à Londres
en 1940. Elles sont écrites pour voix aiguë et furent créées par la cantatrice Sophie Wyss. La partie
vocale était chantée dans notre concert par le ténor Mark Padmore. Merci pour le livret qui nous a
reproduit les textes de Rimbaud, ainsi que ceux de l’oeuvre précédente d’Arthur Lavandier.
Je changeai de place à l’entracte, et rejoignis le premier balcon côté cour qui me faisait auparavant
face. La deuxième partie était composée d’une rhapsodie pour violon et orchestre de Maurice
Ravel, “Tzigane”, avec en soliste Deborah Nemtanu, impressionnante. Enfin, le concert se
terminait sur la 40è symphonie de Wolfgang Amadeus Mozart, brillamment interprétée.
De la rhapsodie de concert “Tzigane” pour violon et orchestre de Ravel, il faut retenir qu’un différend
de nature ethnomusicologue opposa le compositeur à Bartok, qui tenta en vain de lui expliquer la
différence entre la variété hongroise et la vraie musique tzigane, jouée par des musiciens roms
qui ne connaissent pas la musique écrite… Que l’oeuvre de Ravel est inspirée de Paganini,
et qu’elle constitue un catalogue de toutes les difficultés virtuoses du violon.
La 40è symphonie en sol mineur de Mozart, créée à Vienne en 1788 forme une trilogie avec la
39è et la 41è, ce sont les ultimes symphonies du compositeur. On ne présente plus la 40è, qui
est dans tous les esprits, toutes les mémoires, au moins pour son premier mouvement, au rythme
de galop haletant. Elle fut interprétée hier soir avec fougue et coeur, j’en ai même pleuré un peu
(sol mineur…). Il semble que dans les ultimes symphonies, les compositeurs livrent leur âme...
Nous pensions le concert fini, mais, sous les rappels, Douglas Boyd prit la parole pour nous
informer qu’il y avait une surprise, il aurait rapatrié un piano qui traînait dans la rue Montaigne, et un
sien ami aurait accepté d’en jouer. Nous vîmes alors entrer François Frédéric Guy avec une
bouteille de champagne à la main, et le piano se mettre en place. Il y eut une pièce supplémentaire
, un mouvement de concerto pour piano (je n'en ai toujours pas trouvé le titre quoique je sois capable de le
chanter !), d’exécution brillante, puis pour finir un petit morceau festif : Joyeux anniversaire,
l’Orchestre de chambre de Paris… et merci pour ce beau concert de fête.
Sylvie, blogmestre