Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Dans le cadre du programme de musique sacrée à Notre-Dame, je suis allée entendre trois solistes
de la Maîtrise de la cathédrale, en concert hier 27 octobre, qui présentaient des pièces à deux ou trois voix
de femmes, a capella, ou accompagnées à l'orgue. Le trio de solistes, composé d'une soprane, une
mezzo-soprane, et une alto, a interprété des pièces de Lallouette, JS Bach, Scarlatti, Charpentier, Lully,
qui sont des compositeurs baroques, et des extraits de la messe à trois voix a capella, splendide,
d'André Caplet, qui est un compositeur du début du XXè siècle.
Comme toujours, lors des concerts à Notre-Dame de Paris, je commence par goûter le calme retrouvé
du grand édifice qui est bien plus que la maison des catholiques de Paris : monument historique
préservé des guerres depuis huit cents ans, merveille de l'art gothique, personnage de roman (Victor Hugo)
de films, de comédie musicale, rendue à sa sérénité originelle par le filtrage de l'entrée. Quel plaisir
d'admirer les rosaces, statues, sculptures sans la cohue touristique ! Quel bonheur de
ne pas partir au Japon comme arrière-plan d'un selfie intempestif ! (voir article sur Lisieux)
Musicalement, les trois jeunes solistes sont d'emblée excellentes. J'entends mon voisin de derrière dire
que « c'est magique », et c'est vrai qu'une belle voix qui s'élève seule sous ces hautes voûtes prend une
dimension presque surnaturelle. La soprane Cécile Achille maîtrise parfaitement cet effet. La mezzo-
soprane Lucille de Trémiolles et l'alto Clotilde Courau sont au départ moins sonores, mais l'assurance
acquise après les premiers morceaux rétablira l'équilibre. Et toutes les choristes féminines savent que les
harmoniques aiguës de la soprane s'entendent mieux que celles plus graves de la seconde soprane et de l'alto...
Elles sont accompagnées par l'organiste du choeur de la cathédrale, Yves Castagnet. La messe à trois
voix de Caplet leur permet de montrer toute la richesse et la complémentarité de leur interprétation,
puisque l'absence de l'orgue donne aux trois voix une place sans partage. J'ai été séduite pas cette œuvre
que je ne connaissais pas, dont les motifs et les dissonances vont bien à la cathédrale.
Certaines pièces de musique semblent avoir été composées dans l'esprit du grand édifice gothique,
pour capter ses résonances particulières, et les utiliser au bénéfice de l'oeuvre interprétée. Le compositeur
doit avoir une cathédrale dans l'oreille... De mon point d'écoute / de vue, la musique médiévale est sans
concurrence la mieux adaptée à l'intérieur de notre parisienne cathédrale gothique, car elles ont été
conçues l'une pour l'autre. La musique baroque est compatible avec l'édifice gothique, mais l'adéquation
n'est pas aussi parfaite. J'ai vécu, dans une autre cathédrale, un déménagement du choeur, que l'on a
dû installer dans la nef, le long d'un mur latéral, pour qu'on y puisse ouïr correctement Mozart et
Charpentier. La cathédrale est l'amie de la musique, mais ses caractéristiques physiques,
ses voûtes, ses piliers nécessitent une symbiose naturelle ou recréée.
Nonobstant, le concert du trio féminin de solistes s'est très bien passé hier soir, et a été fort applaudi.
Tous mes voisins ont sorti leur portable pour immortaliser les saluts de la fin. J'avais anticipé,
heureusement, car la profusion de prises de vues finales a rendu les miennes inexploitables...
Voici une photo prise avec les quatre participants au cours du concert.
Il pleut à ma sortie du concert. J'aperçois quelques statues du portail qui
mériteraient une étude photographique, mais ce sera pour plus tard!
Sylvie, blogmestre
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