Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Préambule : quand j'étais enfant, je fréquentais des écoles mixtes. A l'entrée en 6è, du fait d'un déménagement familial imminent, on m'a mise temporairement en pension dans un établissement privé pour jeunes filles. La veille de la rentrée, en allant acheter un tube de dentifrice en fin de journée sur mon vélo, dans une rue déjà sombre, j'ai été agressée par un ogre... Je l'ai mordu et griffé, hurlant fortissimo en suraigu, pédalant de toutes mes petites jambes, et suis parvenue à lui échapper. Mais le traumatisme a persisté longtemps. Aussi ai-je passé mes années de collège et de lycée parmi les filles, ne recommençant à fréquenter précautionneusement les garçons, à l'extérieur, que vers seize ans. A dix-huit ans, j'entrais en prépa dans une classe de trente bizuths comptant trois filles et vingt-sept garçons. Fin du traumatisme. A nous les chansons salaces et les concours de poils aux mollets pendant les TD de maths ! Le bénéfice secondaire de l'agression s'est ainsi traduit par une double aisance dans les milieux très féminins, ou très masculins... l'ogre a raté son coup, car ce qui devait me détruire m'a, finalement, construite.
Or donc, hier j'avais envie de m'amuser ! Quel divertissement choisir ? J'ai repéré à la Gaîté Montparnasse
une jeune femme « seule en scène », dont j'avais vu une partie du précédent spectacle à la télévision,
et que j'avais trouvée d'une franchise et d'une fraîcheur inaccoutumées, Océanerosemarie.
Ce serait donc ORM à la Gaîté Montparnasse !
Il y a une longue queue de spectateurs devant le le théâtre quand j'y arrive ce lundi 26 octobre.
Majoritairement des spectatrices, comme je m'en doutais.Un quart d'heure après, je suis dans
la place, au second rang du balcon, de face, une super place !
C'est une première pour moi, je n'ai jamais assisté à un spectacle vivant donné par une personne seule,
et intérieurement, je me demande comment on fait pour retenir tout ce texte sans avoir de réplique ?
Une oreillette ? (on ne voit rien, mais il existe des modèles invisibles!) Pour tout décor il y a la moquette,
noire, le rideau du fond, bleu, le rideau de devant, rouge, et une chaise en bois. Océane va nous promener
partout par la simple suggestion. Voici l'affiche du spectacle, qui s'appelle « Chatons violents ».
Océane est habillée d'un jean slim, chaussée de bottines, porte une chemisette à carreaux, et une
queue de cheval. Je suis dans une tenue presque identique. L'histoire commence sur une dispute
conjugale, Océane quitte femme et chats, adoptés très chèrement, pour partir habiter avec un copain
geek barbu dans la capitale des Bouches-du-Rhône, qu'ils ne supportent rapidement plus. Suit une
digression sur le milieu bobo de gauche, avec un torpillage en règle de la bien-pensance politiquement
correcte, qui me réjouit, moi qui le suis si peu. J'ai très bien fait de venir, voici un spectacle très réjouissant,
et fort bien vu ! Et un coup de griffe à la culpabilité politiquement entretenue, une estocade aux écologistes,
une série de boulets rouges sur les bobos qui possèdent des 150m2 au Marais et des résidences
secondaires à Belle-Ile, ont des domestiques blacks beurs au black, mais se revendiquent de gauche.
J'admire la culture générale dont elle fait preuve, pertinente et informée sur tous les sujets abordés.
Une parodie de la copine accro aux tweets scotchée à sa tablette divertit toute la salle, dont les rires
fusentici ou là, selon la sensibilité des spectateurs aux gags proposés. Océane parle très vite (d'où son
nom complet, je suppose), et nous dira à la fin qu'elle espère bien que nous n'avons pas tout compris,
parce que ça nous fera revenir... Ouf ! Je croyais que c'était mon cerveau qui ramollissait, mais non :
elle le fait exprès, la coquine ! Elle mime à merveille ce qu'elle décrit, et danse très bien. Elle assume
avec un joli naturel son choix de vie, cartes sur table, pas de faux-semblants, respect. C'est vif et très
drôle, et à mon avis,Océanerosemarie est une future pointure de l'humour français, que je reverrai
avec grand plaisir. Le public majoritairement féminin l'a bien soutenue, solidarité féminine oblige...
Après une heure et demi de soliloque mené tambour battant, nous ressortons dans la rue de la Gaîté,
bien nommée. Je prends une photo du théâtre, avant de faire quelques courses nocturnes.
Aucun ogre ne me cherche des noises. Tant mieux pour lui, grrr...
Sylvie, blogmestre
7 novembre: remise en ligne de l'affiche du spectacle d'Océanerosemarie, ôtée à mon insu
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