Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
L'idée m'avait parue drôle : dans cinquante ans, des personnes âgées retombent en adolescence,
et font les quatre cent coups sur la musique de leurs jeunes années. J'ai pris un billet à Bobino
pour aller voir « Forever young », hier soir... (« Forever young, I want to be forever young... do you really
want to live forever... forever... and ever ? ») Retour rue de la Gaîté, en pleine effervescence théâtrale.
Le rang où j'avais été placée est squatté par des enfants... on me replace ailleurs, je ne verrai
probablement pas très bien, mais le siège est plus confortable, je reste. Le théâtre n'est
pas entièrement plein, ce sont les vacances scolaires et nous sommes en semaine,
mais il y aura quand même du monde (je suis arrivée en avance).
Six seniors du quatrième âge se présentent successivement sur scène, rappelant physiquement
le muppet show, en particulier l'autiste génie du clavier, et l'exportateur de carpes farcies. Il y a aussi
un ancien rappeur, une mamie Alzheimer, une cougar zébrée qui perd ses jambes, et le mari en
déambulateur de la mamie. Ils sont pensionnaires dans une résidence et encadrés par la poigne
de fer d'une infirmière sadique et lyrique (comprenez qu'elle chante des airs d'opéra).
Le synopsis est assez simple : les gérontes sont terrifiés par l'infirmière, mais s'éclatent quand
elle n'est pas là, accumulant les bêtises et les chansons. Tout le charme du spectacle est dans les
chansons, que la troupe interprète avec brio, qu'il s'agisse des chansons populaires en anglais ou
en français des pensionnaires, ou des airs d'opéra en italien de la nurse. Celle-ci leur propose
des activités, comme il se doit, et dans l'activité « chant », leur fait faire des vocalises
sur « ci-me-tiè-re », « ca-sser-sa-pip' », qui les mettent de bonne humeur. Entre deux comprimés,
quelques fuites, pertes de mémoire et autre dégâts liés à l'âge, les pensionnaires se racontent en
chansons, et le spectacle va crescendo, oscillant entre le poignant (« Hier encore, j'avais vingt ans... »),
et l'hilarant (« We will, we will rock you ! ») A la fin, au cours de l'activité théâtre, les pensionnaires
défibrillent à mort l'infirmière, jusqu'à ce qu'elle cesse de chanter. Un papy fait un strip-tease grimpé
sur le piano, au rythme de « You can leave your hat on » (The full monty !) Des pancartes avec
slogans apparaissent, j'ai bien aimé « à bas la peau lisse ! » (ou était-ce plus trivial?),
et d'autres que je n'ai pas mémorisés. Au final, les acteurs jettent le masque, et, surprise, ils sont
tout jeunes ! Scoliotiques pendant tout le spectacle, les voici redressés, ils nous interprètent encore
quelques extraits musicaux, puis disparaissent dans les coulisses. En sortant, une adolescente
fredonne devant moi « forever young, I want to be forever young... » Je prends une photo
de la sortie du théâtre, et remonte la rue de la Gaîté en chantonnant
« do you really want to live forever, forever, and ever ?... »
"Forever young" est un tube de 1984, chanté par un groupe allemand nommé Alphaville.
Sylvie, blogmestre juke-box
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