Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Hier soir au grand auditorium de Radio France, il y avait un concert de trois œuvres composées en 1872,
1880, et 1917, et dirigées par un chef danois, Nicolaj Znaider. Tout d'abord, le Tricorne de Manuel
de Falla (1917), suivi du concerto pour violoncelle et orchestre n°1 de Camille Saint-Saëns (1872),
et, après l'entracte, la 6è symphonie d'Antonin Dvorak (1880). A cette occasion, je fus placée dans la
loge 6, à l'arrière de l'orchestre national de France, côté altos et contrebasses.
A vingt-cinq ans, lors d'un bilan de santé, on avait constaté que j'entendais globalement très bien, mais différemment
des deux oreilles, qui s'étaient « adaptées » à ma position dans le choeur. J'aimerais bien savoir combien de
choristes et de musiciens présentent cette particularité, et sont gênés lorsque l'on change de disposition...
Hier soir, j'étais en position d'alto par rapport à l'orchestre, et j'avais perdu tous mes repères auditifs. J'ai entendu
la première partie du concert dans un brouillard cognitif qui heureusement s'est levé après l'entracte!
J'ai quand même apprécié la grâce du Tricorne de de Falla (« El sombrero de tres picos » nous dit
le livret, toujours didactique et rempli de références intéressantes). Au dernier mouvement, irruption
des castagnettes, plusieurs personnes alentour avancent le cou pour voir d'où provient ce son
incongru dans un orchestre symphonique. C'est le xylophoniste qui joue des castagnettes en alternance
avec sa partie de xylophone, il va les transmettre au percussioniste pour l'estocade finale,
que le chef ordonne d'un geste large mais précis. Applaudissements.
Le concerto pour violoncelle et orchestre de Saint-Saëns est une pièce romantique, en trois
mouvements enchaînés. Edgar Moreau, le violoncelliste solo, n'a que vingt ans, mais il a été
soliste dès l'âge de onze ans. Il a eu un prix de piano à quinze ans, et un prix aux Victoires de la
musique 2015. C'est un jeune musicien extrêmement doué, et probablement fortement soutenu par ses
proches. Il joue sur un violoncelle de 1711 (!) ce qui explique qu'il ne s'en sépare pas, lorsqu'il sort
de la salle ou y revient sous les applaudissements. La salle est assez dissipée et les photos sont nombreuses,
même du premier rang, hum ! Je parviens à prendre notre jeune soliste en photo,
qui nous offrira un morceau de Bach en bis.
La deuxième partie du concert est moins déconcertante pour moi, je me suis adaptée à la disposition acoustique, et
il s'agit d'une œuvre d'un musicien qui m'est plus familier, Dvorak. Les deux premiers mouvements sont
agréables, mais ce sont le troisième et le quatrième les plus intéressants. L'auteur des danses slaves
transparait dans le troisième mouvement. Ce « furiant » fut très apprécié lors de la création de l'oeuvre à
Prague, nous dit le livret, car il présente un alternance de rythme binaire et ternaire qui serait particulier
aux danses tchèques. Je distingue aussi un court motif qui figurait dans le Stabat mater selon Antonin que nous avons
chanté il y a trois ans... Le dernier mouvement est éclatant, cuivré, et emporte l'enthousiasme du public.
Quand nous ressortons, la Tour Eiffel scintille encore, il n'est pas vingt-deux heures. Une envie de marcher un peu
me prend, et je remonte le pont de Bir-Hakeim à pied. Une statue équestre brandit son glaive vers l'amont
du fleuve, dans l'indifférence de jeunes couples qui regardent couler l'eau à la lumière de la Tour, sous la lune...
Sylvie, blogmestre
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