Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Hier soir, je suis retournée à la Villette, pour un concert regroupant l'orchestre du Conservatoire de Paris
et l'orchestre du Pôle supérieur Paris Boulogne-Billancourt, sous la direction de Paavo Järvi, dans la
grande salle de la Philharmonie 1. Pour m'y rendre, il m'a fallu effectuer une traversée sud-nord de Paris,
et nord-sud au retour ! La Villette était en effervescence, puisque plusieurs concerts s'y tenaient dans
des lieux différents. On me proposa de revendre mon billet à la sauvette, j'en conçus une estime
impressionnée pour les jeunes artistes, avant de découvrir qu'il y avait de la concurrence sur scène
au Zénith... mais mon estime persista pendant et après le concert !
Voici la grande salle déjà évoquée dans ce blog, vue de l'arrière de la scène. Cette partie-ci des sièges
de la salle est bordée de balustrades, ce qui paraît plus conforme à une bonne sécurité, la pente étant
assez forte. On voit les volutes de l'architecture intérieure, et leur éclairage, qui fait ressembler le haut
de la salle de concert, vu de l'extérieur, à un gros coquillage mordoré.
Il s'agissait d'un concert Beethoven-Chostakovitch, et, selon le livret, d'un programme « exigeant sur le
plan technique et particulièrement intense sur celui de l'expression musicale ». De Ludwig van Beethoven,
nous entendîmes en première partie la très jolie ouverture d'Egmont, puis le concerto pour piano et
orchestre n°1, interprété au piano par la pianiste Khatia Buniatishvili. Je renonce à vous faire part ici des
orchestres avec lesquels cette jeune femme de 28 ans a travaillé, tant ils sont nombreux. Elle montre une grande
maestria, et beaucoup d'assurance. Une partie du public ayant applaudi malencontreusement après le premier
mouvement du concerto, le chef, dont la direction est à la fois calme, ample et très précise, enchaîne
rapidement les deux mouvements suivants. Le troisième mouvement porte en lui toute la fougue future
du compositeur. Il est exécuté brillamment par la soliste et l'orchestre, dont chacun applaudit l'excellence.
Le fil conducteur du concert, nous apprend le livret, serait les « images de la liberté victorieuse »,
avec l'idée sous-jacente d'une occupation étrangère (pour Beethoven, il s'agirait dans le concerto
de la conquête de l'Europe par l'empereur Napoléon Ier, auquel il avait dédié pourtant sa troisième symphonie,
du temps qu'il n'était que le général Bonaparte). Pour Dmitri Chostakovitch, dont nous entendrons la 9è
symphonie en mi bémol majeur, l'oeuvre datant de l'automne 1945, il s'agit de l'occupation allemande
de la deuxième guerre mondiale, qui vient de prendre fin. Cette pièce assez courte (35 minutes) comporte
cinq mouvements. La fin du premier mouvement amène quelques nouveaux applaudissements
intempestifs (j'imagine la confusion des parents des jeunes qui entendent un concert classique pour la première fois,
applaudissent parce qu'ils trouvent que c'est beau, et se font fusiller du regard par les deux-tiers de la salle, qui, eux,
connaissent les règles et le nombre de mouvements avant les applaudissements... !) mais ensuite, les récalcitrants
trop enthousiastes ont compris qu'il y a un temps pour tout. La symphonie comporte quelques passages
solistes virtuoses d'instruments à vent (piccolo, flûte, hautbois) ou duettistes (cors), puis devient
martiale sur la fin avec une participation très sonore des cuivres et des percussions.
Applaudissements, cris, et battements de pieds (est-ce bien raisonnable?), rappels, photos.
Nous ressortons, et je me retourne pour prendre en photo le bâtiment de la Philharmonie 1
de l'extérieur, le haut de la salle semble correspondre aux arrondis en colimaçon.
En repassant devant la fontaine aux lions, l'animation persiste. Les brochettes merguez sont même de
la fête ! Dans la station, je remarque une décoration musicale qui m'avait échappé la dernière fois...
Plus loin, un groupe de zombies accompagné d'un diable rouge et cornu va monter dans le wagon.
Ah oui, c'est vrai, c'est Halloween, j'ai croisé des petites sorcières dans la rue, en venant !
Sylvie, blogmestre
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