Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!

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Mur, RDA, souvenirs...

Le 12 novembre 1989, Daniel Barenboïm décida de proposer un concert à la Philharmonie

de Berlin, réservé aux "Osties" (les Berlinois de l'Est) dont on venait fraîchement d'ouvrir le Mur.

Dès 4 heures du matin, ils étaient là dans leurs Trabants à faire la queue pour avoir une place.

Un superbe concert plein d'émotion, à voir jusqu'au 14 novembre, ici ou sur le site d'Arte


Mise à jour le 15 novembre: le concert n'est plus disponible en ligne,

mais il est peut-être louable sur le site d'Arte, rubrique vidéo à la demande...

 

 

 

Un souvenir personnel de mon premier contact avec la RDA... Quelques années avant la brèche dans le Mur, j'ai été invitée par un ami à Berlin-Ouest. Le voyage en train était long mais c'était le moins cher, et je pouvais bénéficier d'un billet étudiant à tarif réduit, à condition de voyager de nuit, avec plusieurs changements. On empruntait un "couloir" ferré qui traversait la République démocratique allemande, il ne fallait pas en sortir, ni s'arrêter. A Francfort, vers minuit, j'embarquai enfin dans le dernier train, celui qui irait jusqu'au bout vers ce petit morceau d'Europe occidentale au sein de l'Europe de l'Est. Surprise: ma place était dans un compartiment contenant deux bancs de bois se faisant face, nous étions quatre personnes assises par banc, des classes populaires, souvent avec un ballot sur les genoux. La lumière crue resta allumée toute la nuit, les rideaux, baissés: il était interdit de regarder au dehors pendant la traversée de la RDA. Les têtes dodelinaient, ceux placés en position centrale enviant ceux des côtés, qui avaient un support latéral pour s'y appuyer. Certains parvenaient à s'endormir. Le train s'arrêtait, repartait, roulait lentement, s'arrêtant à nouveau. Dans un demi-sommeil, à 3h du matin, je vis un grand et large Vopo (policier est-allemand) qui pénétra dans le compartiment, les voyageurs tendant humblement leurs passeports sans un mot. Je tendis le mien et il demanda en marmonnant "vestprrr'lin'?" d'un ton peu amène. Surprise, je répondis poliment "Entschuldigung?" (pardon?)  et il répéta à l'identique, mais hurlant et menaçant "VESTPRRR'LIN'???" Une petite voix voisine me souffla courageusement en détachant les syllabes "he-wants-to-know-if-you-are-going-to-West-Berlin"... "Oh, ja, nach West-Berlin gehe ich!" répondis-je (la pratique de l'allemand m'était revenue avec la frayeur) et je brandis l'adresse de mon ami ouest-berlinois invitant (obligatoire, sinon geôle est-allemande). Quand le Vopo, satisfait, fut ressorti du compartiment après m'avoir délivré un visa de transit portant le tampon de Gerstungen, je remerciai la personne qui m'avait aidée, qui me confia en anglais que les Français ne prenaient habituellement pas ce train, et que le policier en avait profité pour me rudoyer un peu. J'ai conservé le visa de transit, une pièce d'anthologie!
 

Sylvie, blogmestre

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