Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!

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Widmann, Mahler, Harding, Tamestit

J'étais hier soir au premier concert Widmann Mahler de l'Orchestre de Paris, à la Philharmonie.

Le même concert sera redonné ce soir, et je vous engage vivement à y aller.

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Widmann, Mahler, Harding, Tamestit

La salle était remplie à 70% environ, essentiellement face à la scène, j'avais une place à l'arrière-scène.

qui comportait de nombreuses places libres, je pus m'asseoir où je voulais, dans les premiers rangs, voir photo.

Widmann, Mahler, Harding, Tamestit
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Le concert comportait deux parties, la première, courte, était un concerto pour alto de

Jörg Widmann, interprété en soliste par Antoine Tamestit, et la seconde, après un entracte,

longue, était la 9è symphonie de Gustav Mahler. L'orchestre était dirigé par Daniel Harding,

qui arriva sanglé superbement dans sa queue de pie noire avec nœud papillon blanc.

 

Widmann, Mahler, Harding, Tamestit

Le concerto pour alto de Widmann interrogeait, comme l'expliquait le livret, le caractère théâtral de

l'objet musical « concerto », ce dialogue entre un instrument et l'orchestre, mis en scène. Avec

beaucoup d'humour, l'altiste Antoine Tamestit posait le décor en entrant dans l'orchestre par les deux

harpes, puis circulait dans l'orchestre, sollicitant son instrument des doigts puis de l'archet, et

arrachant aux autres instruments des dialogues... le principe du concerto. L'orchestre était étalé sur

la scène pour que le soliste puisse circuler, ce qui nous privait de la vue sur les percussions qui étaient

à l'arrière de la scène, notamment du bain de pied subi par le gong, quel dommage ! C'était de la musique

à voir et à entendre, simultanément, un concerto audio-visuel impératif. L'alto vedette ne payait pas

particulièrement de mine, mais je lus plus tard qu'il s'appelait Mahler,de la  famille Stradivarius,

datait de 1672, et frémis en me souvenant qu'il nous imita très joliment le décollage d'un avion...

Ce concerto d'un troisième type fut très applaudi, ci-dessous Antoine Tamestit, et l'alto Mahler.

 

Widmann, Mahler, Harding, Tamestit
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Pendant l'entracte, je m'étais déplacée vers les zones latérales de la salle, où il restait des places libres, et me replaçai

sur le côté gauche des musiciens de l'orchestre, d'où je voyais bien les percussions, importantes dans ces œuvres..

 

Widmann, Mahler, Harding, Tamestit

La 9è symphonie de Mahler, en quatre mouvements, est la dernière que le compositeur ait terminée,

c'est celle qui finit en extinction très progressive du son, avec des soubresauts. Prémonitoire, elle fut

créée en 1912, après la mort du compositeur, qui l'avait écrite en 1909. Elle n'a cependant rien de

funèbre, il s'agirait plutôt d'une rétrospective de la vie musicale de l'auteur, de son point de vue, une

composition lyrique de ce qu'il souhaitait léguer de lui-même. Je compris, à l'évocation de musique

populaire du début du 2è mouvement, comment il faisait pour ne pas basculer dans la fanfare : il utilise les cordes,

et encore les cordes, combattant par leur élégance la présence nombreuse des cuivres et des bois qui pourraient

tirer l'interprétation vers le populisme musical. Le livret parle d'une « ironique subtilité à l'égard de la

musique populaire », attribuée à une orchestration raffinée qui « lui confère un tour presque

équivoque » (Frédéric Sounac).  De la récupération symphonique de matériau brut !

 

Widmann, Mahler, Harding, Tamestit

Fait remarquable et peu courant : les applaudissements fusèrent à la fin de chaque mouvement de

la symphonie. Surpris d'abord, Daniel Harding s'habitua. Nous aussi, j'applaudis avec les autres,

en pensant à Sir Roger Norrington, qui encourage le public à applaudir dès que l'orchestre s'interrompt.

Le point culminant de cette symphonie, qui se laisse regarder, elle aussi, se situe au troisième

mouvement (« rondo burleske », tout est dit). Le quatrième, adagio, est le mouvement du

dénouement, apaisé, celui où les violons jouent encore pendant quinze minutes après que les cuivres

devant moi ont atteint la dernière page de leur partition... Daniel Harding a donné tout ce qu'il avait,

pour utiliser le vocabulaire sportif d'actualité en cette période de jeux olympiques, il termina le morando

progressif des instruments avec toute la rigueur et le soin possibles, dans le silence recueilli

de la majorité de la salle, hormis quelques catarrheux qu'il fixa d'un regard bleu de reproche (j'en ai

fait autant, un peu de respect pour l'extinction de Mahler, quand même!), et voilà, c'était fini.

La salle explosa en applaudissements. Un superbe concert à aller voir et écouter ce soir,

si vous êtes libres, sans retenue.

 

Widmann, Mahler, Harding, Tamestit

Nous sommes ressortis de la grande salle Pierre Boulez vers 23h05 environ, heure où le RER se raréfie, mais ça alla.

 

Sylvie, blogmestre

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