Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
J'ai entendu hier soir à la Philharmonie le dernier opéra de la trilogie proposée par The English
Baroque Soloists et le Monteverdi Choir, sous la direction de sir John Eliot Gardiner.
J'avais pu acheter le billet d'occasion** sans difficulté, ce qui m'avait beaucoup surprise...
Partie d'Arcueil à 18h30*, j'arrivai à la Philharmonie vers 19h20. La place F34 du deuxième balcon était à l'avant
dernière rangée , en bout de rangée. Voici une vue de la salle depuis cette place:
La photo ci-dessus a été prise les bras tendus au-dessus de ma tête. En pratique, il y avait quelques gênes visuelles
qui m'ont conduites à monter d'une rangée, à la place juste au-dessus de la mienne, et à passer néanmoins la
première partie de l'opéra en torsion sur mon siège pour voir les solistes de très loin entre deux obstacles.
A l'entracte, vers 21h15, j'ai donc changé de place, et, toujours au 2è balcon, me suis rapprochée de la scène
en trouvant une place libre au premier rang de côté, qui était la place AA81. Voici la vue depuis cette place.
Ce changement de siège m'a permis de constater de visu que Néron était bien un contre-ténor, et non une alto,
comme il me semblait depuis ma première place!... (n'ayant pas encore eu le temps de lire le programme).
Le voici ci-dessus en bleu, avec John Eliot Gardiner, et Poppée en blanc, Octavie et sa nourrice
à droite de Néron. Le couronnement de Poppée est le dernier opéra de Claudio Monteverdi.
Il fut créé à Venise en 1642. J'avais vu L'Orfeo de Monteverdi l'hiver dernier, par les Arts florissants,
et j'aurais du le revoir samedi soir, mais un problème physique m'en empêcha. Trente-cinq ans séparent les
deux oeuvres, et bien d'autres considérations. L'Orfeo avait été créé à Mantoue, il s'agissait du tout
premier opéra, visant à présenter à la Cour un spectacle mythologique musicalement brillant et
conséquent pour l'époque, dont l'intrigue était pleine de bons sentiments et d'émotions.
Dans le Couronnement de Poppée, un certain cynisme désabusé, qui doit être d'essence
vénitienne, est à l'oeuvre. Oubliez Racine et Britannicus, c'est une autre facette de l'empereur Néron
que nous allons voir, quoiqu'elle soit dans la même veine. Voici l'orchestre de chambre:
L'opéra comporte un prologue et trois actes. La première partie de la soirée comprenait le prologue
et le premier acte, et la seconde les deux actes restant, séparées par un entracte d'environ un quart d'heure.
Le prologue met en scène la Vertu, la Fortune, et l'Amour, qui l'emporte et exerce ses ravages sur la
suite de l'oeuvre. Néron (interprété par Kangmin Justin Kim), a épousé Octavie (Marianna Pizzolato),
qu'il voudrait répudier pour épouser Poppée (Hana Blazicova) qui était l'amante de son ami Othon.
L'histoire officielle évoque un triangle amoureux entre Néron, Othon, et Poppée. Néron veut que Othon renonce
à Poppée. L'empereur subit la tutelle intellectuelle de Sénèque, philosophe stoïcien (interprété par
Gianluca Buratto). Musicalement, Néron est contre-ténor, Poppée soprano, Octavie mezzo-soprano,
et Sénèque a une belle voix de basse profonde (il y a une note extrêmement grave dans sa partie chantée).
Parmi les personnages secondaires, une nourrice jouée par un contre-ténor, en turban emplumé,
mit de l'ambiance dans la salle. Néron ordonna à Sénèque de se suicider car il l'avait offensé.
Il y eut un très beau choeur "No morir, Seneca, no, no!", mais Sénèque s'exécuta. Octavie monta
une intrigue pour faire tuer Poppée, qui fut éventée et permit à Néron de la répudier, et d'épouser
son amante, qu'il couronnera de lauriers au milieu des choeurs. L'opéra, qui dura plus de trois heures,
se termina par un duo amoureux superbe, tout en nuances, entre Néron et Poppée.
Je l'ai trouvé sur Youtube par les mêmes interprètes, le voici ci-dessous:
Si vous souhaitez voir l'ensemble de l'opéra par le même orchestre et les mêmes chanteurs, il a été filmé à
la Fenice de Venise, et est mis en ligne par Culturebox, c'est ici. En jetant un coup d'oeil aux commentaires, je retrouve
ce que j'ai éprouvé hier soir: les deuxième et troisième actes sont meilleurs que le premier... ça doit venir de l'écriture.
Pour moi, la deuxième partie de l'opéra fut beaucoup plus fascinante que la première, du fait de la
proximité avec les chanteurs, le choeur (qui ne fait que quelques brèves apparitions, mais de grande qualité,
Monteverdi reste un très grand compositeur de musique chorale...). La salle manifesta sa joie par ses
applaudissements et quelques cris à la fin du spectacle, qui clôturait ce triptyque musical lyrique.
Ci-dessus, sir John Eliot Gardiner, à la fin du concert.
Nous sommes sortis de la grande salle un peu après 23h, et je suis rentrée chez moi peu avant minuit.
Sylvie, blogmestre