Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Après le Vendredi Saint de l'article précédent, il y eut à Notre-Dame, le jour du Samedi Saint,
une Vigile pascale. C'est une soirée où l'on vit les dernières heures de la mort de Jésus-Christ,
et la découverte de la vacuité de son tombeau. Le passage de la mort à la lumière.

L'image ci-dessus d'une Vigile pascale porte un copyright, merci à l'auteur de bien vouloir la laisser utiliser ici.
Samedi, j'ai raté un concert d'après-midi à la Philharmonie par faiblesse physique, et ai regardé la Vigile pascale,
en partie, à la télévision. Je salue l'implication des prêtres, diacres, bénévoles, choristes de la Maîtrise
et leurs dirigeants, et plus particulièrement Mgr Chauvet qui en sa qualité de recteur de la cathédrale,
a participé à toutes les manifestations, ce qui a dû être épuisant. Toute ma sympathie va à Mgr Vingt-Trois,
absent cette année des Fêtes de Pâques, et à qui je me permets de souhaiter un bon rétablissement.

Ci-dessus, le bourdon Emmanuel, l'une des cloches de la cathédrale, qui a plus de 330 ans.
Hier matin, dimanche de Pâques, 16 avril 2017, je suis arrivée vers 10h15* sur le parvis de la
cathédrale, après beaucoup d'efforts. L'arrivée était encadrée de CRS et le parvis encerclé de barrières.
Le contrôle était normal, rien de commun avec la séquestration subie l'an dernier sur le parvis pour la même fête.
J'entrai dans la cathédrale qui fourmillait de monde, et trouvai une place à l'avant sur le côté. L'affluence nous
serra davantage, et je fus prise d'un malaise. Je ressortis prendre l'air. On me dit de revenir vite... je rentrai quelques
minutes plus tard et pus avoir une chaise dans la dernière rangée au centre, sous le grand orgue. Ce n'est pas intéressant
en soi, mais cet épisode illustre les à-côtés des grands rassemblements de foule. Je vis la messe grégorienne de très loin.
Lors du Credo, je m'aperçus qu'on n'entendait pas la soliste qui chantait avec l'assemblée, de la place où j'étais.
Ce fut donc un duo chant- grand orgue, personne d'autre alentour ne se risquant à chanter... Sur le Pater noster, ce fut
un peu plus facile, j'entendais la Maîtrise au loin, et il y avait le support de l'orgue de choeur. Je ne me hasardai pas
dans les chants grégoriens que je ne connaissais pas ou pas bien, Je suivis le reste de la messe de très loin, tantôt
debout, tantôt assise, tantôt proposant mon siège à un aveugle, qui n'en voulut pas. La communion venait de commencer
quand quelqu'un ouvrit derrière moi le ruban bleu qui contenait la foule à l'arrière de la cathédrale, et un flot de
personnes, communiantes ou non, entrèrent, me dissuadant de quitter ma place. Ayant fréquenté Notre-Dame
le jour de Pâques depuis des années, je savais à quoi m'attendre (habituellement, je reste debout).
C'est inhérent à la popularité du monument, et à la qualité des célébrations... tout le monde veut en être!
Ci-dessus le choeur "Et resurrexit" de la messe en si mineur de JS Bach.
A la fin de la messe grégorienne, la procession passa devant moi, dans une haie de personnes debout qui se collèrent
contre celles qui avaient un siège, pour laisser la place libre. Cette messe grégorienne avait manifestement
été préparée avec beaucoup de soin, et chantée par une dizaine de jeunes filles souriantes, qui passèrent devant
moi à la fin de la célébration, sous la direction de Sylvain Dieudonné. Dommage pour le bug de sonorisation.
La messe grégorienne s'était terminée vers 11h25, je remontai la nef et trouvai une place assise dans la partie
centrale,vers le 10è rang, ce fut une chance, au moment où la messe internationale allait commencer.
Cette seconde célébration fut beaucoup plus facile à suivre pour moi sur le plan théologique et
liturgique. Elle fut animée par une vingtaine de choristes mixtes de la Maîtrise, sous la direction de
Henri Chalet. C'est Mgr Jachiet, évêque auxiliaire de Paris, très souriant, qui la célébra.
A l'avant de la cathédrale, le bug de sonorisation persistait, mais la Maîtrise était assez proche, ainsi que les solistes
qui faisaient chanter l'assemblée, pour pouvoir chanter avec eux lorsque notre participation était souhaitée, sans
difficulté. La participation chantée des messes pascales est quand même nettement moindre de celle des messes
habituelles, une partie des présents ne pratiquant qu'à Pâques. La communion se déroula dans mon environnement
tout à fait normalement, et je retrouvai ma place sans problème quand j'en revins. La messe avait une structure
classique, trois lectures dont l'Evangile selon Jean qui décrivait la découverte du tombeau de Jésus
ouvert et des linges mortuaires ne contenant plus aucun corps. Sa durée était due à beaucoup de
musique et beaucoup de foule... Nous sommes ressortis dans la dignité, comme demandé, vers 12h45*
Nous sommes ici dans l'un des grands paradoxes... la Messe de Pâques est incontournable pour un chrétien pratiquant,
mais elle peut virer à autre chose que ce qu'on espérait. J'ai le souvenir des messes de Pâques que j'ai dirigées, comme
chef de choeur d'une modeste chorale paroissiale, il y a longtemps, quand du haut des marches de l'autel, je voyais
le parvis de l'église, dont les portes étaient ouvertes pour que les personnes qui n'avaient pu entrer entendent, c'était
une fête, il fallait apporter de la joie à toutes ces personnes. Depuis des années, je ne retrouve plus la fête.
Peut-être est-ce l'explication de cet afflux de personnes ce jour-là, dans un monde en déroute: la quête de
la fête de Pâques. J'espère que ces personnes ont trouvé la joie. Pour ma part, la Passion continue.
Sylvie, blogmestre