Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Hier soir, j'ai (enfin!) pu retourner au grand auditorium de la Maison de la Radio, que j'avais le sentiment
d'avoir un peu déserté cette année, pour un problème de billetterie, et non par choix (il m'est devenu plus difficile
d'y obtenir une place à un prix compatible avec mes moyens actuels). Pour la soirée hommage à Kurt Masur
de ce 9 février, les réservations étaient complètes, mais... j'ai trouvé par hasard des billets en vente
sur un autre site* (France-billets, voir justificatif en fin d'article), et me suis empressée d'en acheter un!
J'arrivai avenue du Président Kennedy avec une avance confortable, et grimpai au 2è balcon, loge 2,
où était située ma place, au premier rang. Un dame à côté demanda si elle pouvait être replacée car elle avait
le vertige, et je me souvins que c'était aussi mon cas les premiers temps... je n'en souffre absolument plus.
Merci aux salles vertigineuses de Paris (grand auditorium, Philharmonie, et surtout opéra Bastille)!
Ci-dessus, la vue de la place V18 de la loge 2 au 2è balcon.
Kurt Masur, chef d'orchestre allemand d'origine polonaise, dirigea l'Orchestre national
de France de 2002 à 2008. Atteint de la maladie de Parkinson, il est décédé aux USA en décembre 2015.
Le concert proposé était dirigé par son fils, Ken-David Masur, en présence de l'épouse de Kurt Masur
qui était dans la salle, au parterre, il fut présenté par Matthias Brauer, chef de choeur allemand,
qui fut directeur musical du Choeur de Radio France de 2006 à 2014, et travailla avec Kurt Masur.
Le programme de la soirée se composait en première partie du "Schicksalslied" (Chant du Destin)
de Johannes Brahms, chanté par le Choeur de Radio France, et de la 5è symphonie de Franz Schubert.
Après un entracte, la seconde partie comportait une oeuvre de Henri Dutilleux, "Sur le même accord",
puis pour finir,le concerto pour violon et orchestre n°1 de Wolfgang Amadeus Mozart, avec en
invitée spéciale, Anne-Sophie Mutter. L'Orchestre national de France jouait les quatre pièces, avec
en violon solo Sarah Nemtanu, sous la direction du fils de Kurt Masur.
L'oeuvre de Dutilleux présentée en seconde partie avait été créée par Anne-Sophie Mutter
Kurt Masur et le London Philharmonic Orchestra en 2002, à Londres. Les trois autres oeuvres choisies
étaient des oeuvres de jeunesse, ou de relative jeunesse: 38 ans pour Brahms, 21 ans pour Schubert,
20 ans pour Mozart. Le choix du programme semble s'être fait à partir de la nationalité des compositeurs,
trois compositeurs allemands et un français, et du type de musique jouée, une oeuvre chantée, et trois
oeuvres instrumentales de trois sortes: symphonie (Schubert), nocturne (Dutilleux), concerto.(Mozart).
Le lied de Brahms était somptueux, la symphonie de Schubert gracieuse et délicate.
La musique de Dutilleux, me parut moins abstraite que d'ordinaire (la présence du violon solo, sans doute),
et le concerto de Mozart, virtuose, acrobatique, emporta l'enthousiasme de la salle.
La salle n'était pas tout à fait pleine au début du concert, mais le fut en deuxième partie... était-ce des retardataires,
ou bien y eut il un système de "places de dernière minute", une distribution aux malchanceux sans place des
places vacantes restantes après flashage des billets? Toujours est-il que le grand auditoruim était plein pour
entendre Anne-Sophie Mutter, qui arriva, ravissante, dans une robe longue bleue à traïne.
A la fin du concert, il y eut des fleurs, plusieurs fois, pour la soliste et pour Madame Masur, et,
devant l'insistance du public qui tapait en rythme dans ses mains, Anne-Sophie Mutter nous joua un bis
accompagnée par l'Orchestre national de France. Un bis organisé (il n'y a pas que les CP13 qui préméditent
les bis!) Il s'agissait de l'Adagio d'Albinoni, morceau très connu et apprécié de tous les publics,
le nôtre suspendit presque sa respiration aux accents du violon de la soliste...
Ce fut la conclusion d'un très bel hommage.
Dans le livret, Kurt Masur, parlant de Brahms, disait du bien des orchestres français qui le jouaient,
qui allègeraient sa musique (je n'ai jamais trouvé Brahms pesant, sauf dans le deuxième choeur du
Requiem allemand, mais cette pesanteur a une signification!) Et il disait tout particulièrement du bien
de l'Orchestre national de France, avec qui il avait atteint une interprétation indépassable, la meilleure
de sa vie, de la Symphonie pastorale de Beethoven(cela revient deux fois, il a dû être marqué que
ce soient des Français qui réussissent le mieux une célèbre oeuvre allemande!) On aurait envie de
s'envoler avec tous les oiseaux des instruments. Kurt Masur était un poète, c'est ma déduction.
Un poète philiosophe doté d'une très grande sensibilité, d'un grand charisme, un chef hors norme.
Il dirigeait à mains nues, et laissait le son s'en aller avant de baisser très lentement les bras en fin
de morceau. Son fils a repris ces traits de direction, héritage d'un savoir-faire familial.
Merci à Ken-David Masur pour sa direction, à Madame Masur pour sa présence,
à Anne-Sophie Mutter pour l'émotion de son jeu, et à l'Orchestre national de France,
sur lequel Kurt Masur ne tarit pas d'éloges dans le livret... détails à venir!
Merci au Choeur de Radio France, toujours un modèle pour la choriste amatrice que je suis,
et à Matthias Brauer qui nous fit part d'une longue introduction en français.
Le concert a été enregistré par France-Musique et sera diffusé ultérieurement.
A mon arrivée à la Maison de la Radio , une jeune femme m'a dit "Shalom!"
Ce sera le mot de la fin...
Sylvie, blogmestre
Enfin, presque: pour information, le concert Radio France était aussi disponible à la location par le réseau
France-Billets (Fnac, Carrefour, etc...), j'ai réservé mon billet* et payé en ligne, et l'ai retiré le 9 février dans la matinée
vers 10h30, sur présentation d'une carte d'identité dans l'un des magasins les plus proches de chez moi, c'est-à-dire
au Carrefour Market de Montrouge, avenue Aristide Briand, où j'ai aussi fait quelques courses**.