Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Hier soir, dans la nuit tombée, un cortège de parapluies cheminait vers les lumières de
la Philharmonie depuis la Porte de Pantin, sur le pavé luisant d'une averse incongrue.
Le jeune chef britannique Daniel Harding y donnait son premier concert en qualité de directeur de
l'Orchestre de Paris, succédant à Paavo Järvi. Le concert présentait un oratorio de Robert Schumann,
intitulé "Scènes du Faust de Goethe". Il était interprété par l'Orchestre de Paris, le Choeur
d'adultes et le Choeur d'enfants de l'Orchestre de Paris, et sept solistes.
J'avais un billet à un prix modique, à l'arrière scène au dessus du choeur, lui-même positionné
à l'arrière de l'orchestre. Le même concert sera donné demain dimanche 18 septembre à 16h30.
En lisant dans le livret ce qu'écrit Hélène Cao d'un certain Dr Faust, vivant au XVIè siècle dans
le Bade-Wurtemberg, et de l'obsession que ce savant homme transgressif a générée chez les hommes
de lettres et les musiciens du XIXè siècle, on ne peut que penser que la métaphysique faustienne
est contagieuse... Goethe a passé six décades à écrire ses deux parties du drame faustien,
soit plus de 16000 vers, Liszt, Berlioz, Gounod en feront des symphonies ou des opéras, Schumann
passera dix ans de sa vie sur son oratorio, dont la dernière partie sera créée à titre posthume. Il avait
préféré l'oratorio à l'opéra pour ne pas profaner la langue de Goethe d'une adaptation scénique...
L'oeuvre est très belle, et impose le respect. Quoique le genre oratorio soit plutôt daté de l'époque
baroque, l'oratorio romantique de Schumann correspond bien à l'épure qu'il souhaitait: Goethe mis en
musique, et seulement cela. Mais superbement mis en musique. Dès l'intervention du choeur, on note
une christianisation du drame: il y a un Dies irae (superbe), j'entends aussi un "quid sum miser",
et tout à la fin le "es ist vollbracht" de la Passion du Christ selon Saint-Jean. Il n'y avait sur le livret que
les titres des scènes des parties de l'oratorio, si vous souhaitez avoir un aperçu du texte, vous pouvez lire ceci.
La lecture du livret confirme que Goethe fait un parallèle entre Faust et le Christ.
Je ne suis pas en mesure d'apprécier toute la beauté de la langue de Goethe dans le texte, mais la musique de
Schumann est vraiment à découvrir, si comme moi vous ne connaissiez pas cette oeuvre.
L'interprétation est aussi superbe que la musique et Daniel Harding a fait la conquête du public
de la Philharmonie hier soir. Coup d'essai, coup de maître, bravo maestro! Je crois que je vais lire le Faust
de Goethe en édition bilingue, le fourmillement de personnages aux noms insolites m'a intriguée... Ci-dessus, le chef
d'orchestre en haut à droite, et les Faust divers (m'a-t'il semblé) à sa gauche. Corrigez si je me trompe!
Le concert a été filmé. Je suis partie pendant les rappels, vers 23h, et arrivée chez moi vers minuit.
Sylvie, blogmestre
PS: à l'adresse de la Philharmonie, ce serait une bonne idée de différencier l'entrée des choristes de l'arrière-scène de celle
des spectateurs, le cotoiement n'ayant pas été très harmonieux (le stress des plus jeunes sans doute). S'ils ont une
sortie badgée, ne peuvent ils avoir la même entrée badgée, ce serait plus pratique pour tout le monde. Merci.
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