Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Hier soir, pendant que mes camarades choristes prenaient de l'avance en commençant l'étude du programme musical
de l'année 2016-2017 (que je connais déjà), j'ai délaissé Schubert pour aller entendre Pergolèse
en son Stabat Mater, au Théâtre des Champs Elysées... Le concert comportait une première partie de
musique instrumentale, et, en seconde partie, le chef d'oeuvre de Giovanni Baptista Pergolesi, interprété
par Sonya Yoncheva et Karine Deshayes, accompagnées par l'ensemble baroque Amarillis.
Voici la localisation de ma place, j'étais au premier rang du premier balcon.
La première partie du concert proposait le concerto grosso n°1 de Francesco Durante, la sonate
n°14 de Francesco Mancini, et le concerto grosso n°3 d'Alessandro Scarlatti. L'ensemble Amarillis était
composé de cordes, violons, altos, violoncelles, contrebasse, théorbe, clavecin, et d'un instrument à vent,
flûte à bec alto pour les deux premières pièces, et hautbois baroque pour la troisième. Héloïse Gaillard,
directrice artistique de l'ensemble, et soliste, semblait se battre contre toutes les cordes qui l'entouraient.
Mais il est dans l'esprit du concerto que l'instrument solo mène une joute musicale contre l'orchestre!
L'orchestre était conduit par Violaine Cochard, au clavecin, et par Alice Piérot, premier violon.
Ci-dessus, une photo prise à la fin du concert, où l'on voit Héloïse Gaillard, Alice Piérot,
et Violaine Cochard, entourées par les deux solistes sopranos, et l'orchestre.
J'ai bien aimé les trois pièces de musique instrumentale de la première partie, représentantes
gracieuses de la musique de chambre italienne du début du XVIIIè siècle. La flûte et le hautbois auraient
gagné à être sonorisés, mais je ne sais pas si cela se fait dans un orchestre baroque. Ma voisine de rangée était hautboïste
baroque, nous avons échangé nos impressions... La soliste flûtiste-hauboïste a été très applaudie.
Après l'entracte, les musiciens revinrent sur scène avec les deux solistes vocales, une soprano et
une mezzo-soprano. Le Stabat Mater de Pergolèse, datant de 1736, est une très belle oeuvre quoique
simple, voire dépouillée. Ecrite pour deux voix féminines, on en rencontre différentes déclinaisons,
choeurs féminins, ou d'enfants, ou sopraniste et contre-ténor, je n'ai pas encore entendu une adaptation grave...
L'oeuvre comprend dix mouvements, le texte étant identique à celui du Stabat Mater de Dvorak.
Sonya Yoncheva créa un peu d'agitation à son arrivée, saluée de cris (?!) par un amateur de musique du parterre. Elle était
vêtue d'une robe noire que ce monsieur trouvait suggestive... Karine Deshayes, que j'entendais en concert pour la troisième
fois depuis une dizaine de jours, était en robe bleue. Le duo était vocalement très bien assorti. L'oeuvre
commença doucement, puis les voix prirent de l'ampleur. L'interprétation fut d'une grand beauté tout
du long, accompagnée cette fois non par le clavecin, mais à l'orgue positif, en plus des cordes de l'orchestre.
Le "Quando corpus morietur", qui doit être le mouvement le plus connu de l'oeuvre, et son "Amen" final encore
plus connu, jusque dans Amadeus* de Milos Forman, concluaient la deuxième partie et le concert.
Il y a une particularité au Théâtre des Champs Elysées: c'est, des salles de concert que je connais, celle où les auditeurs
parviennent le plus rapidement à demander un bis en synchronisant leurs applaudissements. Ce sont des auditeurs
chevronnés, rompus aux techniques manuelles. Amis musiciens, si vous voulez être bissés, vous savez où vous produire!
Nous entendîmes donc une deuxième fois le Quando corpus morietur et son Amen, pour notre très
grand plaisir. Le concert s'est terminé vers 21h45, il faisait encore jour avenue Montaigne. Je suis rentrée en chantant,
Amen... amen... amen, amen, amen! (une/un volontaire pour la deuxième voix?)
Sylvie, blogmestre
* Amadeus: on entend le Amen du Stabat Mater de Pergolese après la scène où le père Salieri s'étouffe
avec une arête de poisson, laissant ainsi le champ libre à son fils pour faire de la musique
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog



