Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Il y avait hier soir au Théâtre des Champs Elysées un concert de l'Orchestre national de France, qui était
en partie la suite, d'une certaine manière, de l'opéra que j'y avais vu la veille. J'y étais aussi, en pensant qu'il
s'agissait des hasards du calendrier, mais non. Ce concert apportait un complément musical à Tristan et Isolde.
Le programme était composé du poème symphonique n°4, de Franz Liszt, intitulé Orphée,
de cinq Wesendonck Lieder de Richard Wagner, et de la 7è symphonie d'Anton Bruckner.
L'Orchestre national de France, dans une formation différente de la veille, était dirigé par Daniele Gatti.
Le Théâtre était dans une plénitude des grands soirs (c'était déjà le cas la veille).
J'avais une place sur le côté du deuxième balcon.
Il s'agissait bien d'un concert complémentaire à l'opéra Tristan et Isolde, évoquant le mythe d'Orphée, qui suit Eurydice
aux Enfers, vu par Liszt, ami de Wagner, dont la fille Cosima deviendra la seconde épouse; puis l'amour de Wagner pour
Mathilde Wesendonck, qui écrivit le texte de ces Lieder; et enfin la dévotion d'Anton Bruckner au maître Wagner, à travers sa
7è symphonie dédiée à Louis II de Bavière, dont Wagner usa du château de Neuschwanstein, en Bavière, comme résidence.

Le château de Neuschwanstein
Le Théâtre manquait de programmes hier soir, mais j'ai pu prendre connaissance d'un de ceux qui avaient été
distribués à d'autres spectateurs, à l'entracte. Le poème symphonique Orphée de Liszt a été créé à la cour
de Weimar en 1854 et dirigé par le compositeur hongrois en personne, après qu'il avait été touché par
une représentation de l'Orphée de Gluck, remis à l'honneur par Berlioz. Quoique le style musical de Liszt
et celui de Gluck soient très différents, on retrouve une transparence commune dans les deux oeuvres.
J'ai trouvé ce poème symphonique très beau, d'une grande douceur, soulignée par les harpes.
Venaient ensuite les Wesendonck Lieder, cinq poèmes écrits par Mathilde Wesendonck, épouse
de l'un des mécènes de Wagner, et son amour secret, douloureux et impossible. Ces poèmes, mis en
musique par Wagner, avec amour car il ne mettait habituellement en musique que ses propres écrits, s'intitulent
Der Engel, Stehe still, Im Treibhaus, Schmerzen, Träume, et expriment une passion tourmentée.
"Ralentissez le souffle, calmez le désir, donnez seulement une seconde de silence, pouls emballés
retenez vos battements..." (Stehe still) "Ah, pourquoi devrais-je me lamenter, pourquoi, mon coeur,
devrais-tu être si lourd, si le soleil lui même doit désespérer, si le soleil doit disparaître?" (Träume)
Composés initialement par Wagner pour voix de femme et piano, et créés en 1862, ces Lieder furent
par la suite orchestrés par le chef d'orchestre de Wagner, et depuis les années 2000,
les voix masculines se sont approprié ces oeuvres. Dans ce concert, le ténor Jonas Kaufmann
chanta une partie qui est plutôt de la tessiture d'un baryton, avec beaucoup de succès.
Après l'entracte, fut jouée la 7è symphonie de Bruckner, qui débuta par un doux piano de cordes,
dans le silence total de la salle, attendu par le chef. Cette symphonie, profuse, est la plus jouée des
symphonies de Bruckner. Elle a été écrite sur la fin de la vie de Wagner, et Bruckner en modifia l'adagio
(troisième mouvement) pour y inclure quatre Wagnertubens, qui sont des tubas modifiés, à l'embouchure
de cor, introduits dans le cycle des Nibelungen pour leur couleur musicale plus sombre que les tubas habituels, après
l'annonce du décès de son maître vénéré. Dans le même troisième mouvement, j'ai reconnu une citation
du Te Deum (de Bruckner), qui sera à notre programme musical l'an prochain, le thème du "Non confundar in aeternum",
le Te Deum et la 7è symphonie ayant été écrits à la même époque par Bruckner, vers 1883.
Cette symphonie m'a impressionnée par son ampleur, mais je n'ai pas eu le coup de foudre de la 8è.
Probablement était-ce du à la fatigue accumulée en fin de soirée, après l'opéra de la veille. L'interprétation était
remarquable, comme toujours lors des concerts de l'Orchestre national de France.
Et voici tout à la fin Daniele Gatti, dont c'est l'un des derniers concerts à la tête de l'Orchestre
National de France, puisqu'il dirigera la saison prochaine le Royal Concertgebouw d'Amsterdam.
Nous le regretterons. Merci maestro!
Sylvie, blogmestre
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