Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Hier soir samedi 16 avril, j'ai fait la connaissance de l'Opéra de Massy, où se donnait, d'Alessandro
Scarlatti l' "Oratorio per la Passione di nostro Signore Gesù Cristo", par les Folies françoises.
J'étais tout en haut de la salle, dans la mezzanine 2, en bord de travée.
Voici l'opéra de Massy, vu de ma place:
J'ai gagné Massy en bus, comme le recommandait la RATP, et fis bien, car je me serais à coup sûr perdue si j'avais tenté
d'y aller en voiture... L'opéra est situé à l'intérieur d'une zone dense en immeubles, et même à pied je suis passée devant
deux fois sans rien voir... Enfin, je suis arrivée juste à temps pour m'asseoir avant le début.
L'oratorio était chanté par trois solistes, deux contre-ténors et une contralto, et joué par un
orchestre de chambre avec quatre trompettes, un trombone, un théorbe, un clavecin, et des timbales.
Le spectacle de cet oratorio d'Alessandro Scarlatti tourne actuellement en Ile-de-France, il a été donné
à Poissy, ai-je lu, puis à Massy, et sera au Théâtre des Champs Elysées le 22 avril. L'oratorio est placé
sous la direction du premier violon, Patrick Cohen-Akenine, et interprété au chant par les solistes
Philippe Jaroussky, Valer Sabadus, et Sonia Prina. Alessandro Scarlatti a écrit environ 80 opéras, 40 oratorios,
et 800 cantates, et on le considère volontiers comme le fondateur de ces genres musicaux au début du XVIIIè siècle.
Le sujet de l'Oratorio est la Passion de Jésus Christ, comme l'explicite son titre. Mais au lieu de mettre
en scène des humains, Scarlatti fait chanter des entités spirituelles à qui il donne un corps. Ainsi,
La Faute s'exprime par la voix d'un contre-ténor (Ph. Jaroussky), La Grâce par la voix d'un autre
contre-ténor (V. Sabadus), qui a presque un registre de haute-contre, mais une voix très douce et souple
(un bonheur à écouter), et Le Repentir, exprimé par une voix de contralto. En italien comme en français,
ces "vertus" ont un genre différent de l'interprète choisi. Il y avait donc sur une ligne de solistes, du
plus aigu au plus grave, un homme, un homme, et une femme, ce qui était plutôt inhabituel comme répartition!
Le rôle principal est attribué à la Faute, qui dialogue avec La Grâce, et Le Repentir.
Pour les auditeurs qui liraient cet article et envisageraient d'aller entendre cet oratorio, je ne saurais trop conseiller d'obtenir
un livret, il n'y en avait plus à Massy, et la compréhension de cette distribution et de l'oratorio était un peu malaisée sans livret.
L'oratorio dure 1h45 avec entracte. Pendant l'entracte, je suis partie à la chasse au livret, mais il n'y en avait vraiment
plus même dans les recoins. L'entracte était sympathique, l'ambiance à Massy est plus conviviale que dans les
grandes salles parisiennes, il était même possible de manger une glace, ce que j'ai fait avec plaisir.
La deuxième partie m'a parue vocalement meilleure que la première, qui était déjà excellente (ce n'est pas
une vue de l'esprit, ça correspond à une réalité physio-psychologique des interprètes, qui ont pu évaluer la salle et le public
et se sont adaptés, les bis d'un extrait d'une oeuvre sont souvent meilleurs que leur première interprétation).
Le public était conquis, les Folies françoises ont été abondamment applaudies et bissées,
et nous ont fait le plaisir de chanter à nouveau le trio final de l'oeuvre.
Le retour de Massy fut intéressant aussi puisque le bus qui m'avait amenée n'était plus en service à 22h15,
heureusement, il y en avait un autre pour rejoindre la station de RER* la plus proche!
Sylvie, blogmestre
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