Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Il y a des moments de grâce dans la vie... Hier soir, après mes protestations du matin, j'ai pu aller
voir Rigoletto de Verdi à l'Opéra Bastille sans escorte visible, et l'opéra m'a enchantée!
L'Orchestre et les Choeurs de l'Opéra national de Paris
étaient placés sous la direction de Nicola Luisotti.
J'avais une place d'occasion achetée à un autre amateur d'opéra empêché pour la soirée, sur l'une
des galeries latérales, surplombant la salle à l'exception du haut du deuxième balcon, ce qui
permettait d'embrasser toute la salle et ses proportions formidables d'un seul regard.
Je n'avais encore jamais été placée là, on est obligé de se pencher sur la balustrade pour voir,
mais on est plus proche de la scène, ce qui est très appréciable.
Rigoletto est bossu, et officie comme bouffon auprès du Duc de Mantoue, au XVIè siècle (il s'agissait
au départ de la Cour de François Ier, et du bouffon Triboulet, d'après la pièce de Victor Hugo
"Le roi s'amuse") Lorsque le rideau se lève, on découvre Rigoletto grimé et prostré, tenant dans
ses bras une boîte en carton qu'il ouvre, où l'on entrevoit un costume d'Arlequin. De la boîte sort aussi
l'évocation de son passé récent, de la suite d'événements qui l'ont conduit à sa situation misérable
actuelle. Ces événements prennent vie sous nos yeux, nous voyons la cour du Duc de Mantoue, et
Rigoletto à l'oeuvre, moqueur, railleur et persifleur. Puis, nous le voyons dans l'intimité, auprès de sa fille
Gilda, le soleil de sa vie. Mais les courtisans du Duc ont repéré Gilda, et sa grande beauté leur a fait
croire qu'elle était la maîtresse du bossu. Ils décident de se venger des persiflages de celui-ci en enlevant
Gilda, et en l'offrant au Duc qui la courtise depuis plusieurs semaines,et qu'elle trouve agréable. Dupé
par leur ruse, le bouffon, découvrant qu'il a été abusé, leur révèle que Gilda est sa fille, et la retrouve...
déflorée et amoureuse de son séducteur. Rigoletto s'adjoint un tueur pour venger l'honneur de la famille,
dont la soeur séduit le Duc, qui est un coureur de jupons. Mais elle aussi en tombe amoureuse, et
propose de tuer Rigoletto et d'empocher les 20 louis promis, laissant la vie sauve au Duc. Finalement,
c'est Gloria qui est tuée, car elle a fauté, et souhaite que le Duc survive. Le tueur et sa sœur encaissent
le prix du sang, et la vengeance ourdie par Rigoletto, qui avait fait l'objet d'une malédiction, retombe
sur sa tête. Il reste seul, avec la robe sanglante de sa fille, et sa boîte pleine de reliques...
La mise en scène est minimaliste mais efficace : la petite boîte en carton ondulé dans laquelle Rigoletto
transporte ce qui reste de sa vie est reprise pour le cadre de l'action. C'est-à-dire que l'action se passe,
sur scène, dans une très grosse boîte en carton ondulé ouverte et renversée. Les acteurs-chanteurs
prennent leur place dans la boîte, ou sur l'un de ses côtés ouverts. Voici Gloria et le Duc:
On voit bien le carton ondulé. En fait, c'est une trouvaille, car la boîte d'où sort la vie maudite de
Rigoletto est une parfaite boîte de Pandore, on l'ouvre et les calamités en sortent.
Mention spéciale aux trois interprètes principaux Quinn Kelsey (Rigoletto), Olga Peretyatko (Gilda)
et Michael Fabiano (le Duc de Mantoue) pour leurs exploits vocaux. La soprano était particulièrement
impressionnante dans la maîtrise des notes très aiguës qu'elle produisait pianissimo,
puis faisait vivre la note (hum!), en augmentant le volume. Matthieu aurait adoré...
Il y eut un moment de rigolade lors de "La dona e mobile", avec l'apparition de girls à plumes...
Sans surprise, la salle était pleine, même en période de vacances scolaires.
Si vous avez l'occasion d'avoir une place pour Rigoletto, n'hésitez pas, c'est un bonheur.
Sylvie, blogmestre
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