Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Dimanche après-midi, je suis allée écouter un concert de jazz dans la grande salle de la Philharmonie.
Je ne connaissais pas le Kenny Garrett Quintet, mais j'avais apprécié le concert de jazz féminin « Ladies »,
donné précédemment dans la même salle et relaté sur ce blog, et le nom « Quintet »
sonnait classique, donc engageant.
Il faisait gris et humide Porte de Pantin ce dimanche après-midi vers 16h,
tandis que les spectateurs affluaient vers la grande salle de la Philharmonie.
Ma place était dans la bulle blanche aux sièges jaunes, dont la pente s'avéra forte . J'étais à l'avant-dernière rangée,
le long de la travée centrale. La scène centrale habituelle avait été démontée pour placer des
spectateurs supplémentaires au parterre, devant une scène à l'arrière de la salle.
Des instruments attendaient le concert : un piano à queue, une contrebasse, une batterie,
des cuivres, et des percussions ethniques et variées.
Sur le programme, était décrit l'itinéraire de Kenny Garrett, qui avait commencé par le jazz classique
de type Nouvelle-Orléans, était un émule de Duke Ellington, Miles Davis, John Coltrane. En fait, le programme
ne contenait pas de programme, tout au plus était cité ce que, peut-être les musiciens allaient jouer... Ils arrivèrent sur
scène en costume trois pièces, et nœud papillon, sauf le batteur et le percussionniste. On comprenait
qu'ils ne pouvaient s'encombrer d'une veste, il était même méritoire qu'ils conservent le nœud papillon ! Le contrebassiste tomba
la veste pour jouer en chemise et gilet. Le pianiste et lui portaient des dreadlocks fines attachées en catogan. Kenny Garrett
avait le chef couvert d'une calotte bleu foncé. Le look de l'ensemble était très étudié ! Ils se mirent tout de suite à jouer,
sans nous dire un mot et ce fut (de mon point de vue) une longue improvisation de saxophone sur une impro-
visation de piano et de contrebasse, avec en fond le batteur qui battait avec une énergie surhumaine, et
faisait un boucan d'enfer. Ce spectacle était aussi bruyant qu'un concert de rock ! Eh oui, la Philharmonie où le moindre son
s'entend, le plus subtil pianissimo, proposait un concert à nous arracher les tympans. Ces cinq jazzmen produisaient
plus de décibels que les 270 exécutants réunis des Gurre-Lieder de la semaine précédente... Je n'aurais pas
voulu être juste devant la scène, mais les intéressés paraissaient heureux. Tant mieux. Suivit une improvisation
(me sembla-t'il) sur un saxophone soprano qui ressemble à une clarinette métallique avec un tuyau conique.
Ces instruments à vent poussaient des cris déchirants, et je ne pouvais m'empêcher de penser à la citation de
Mozart, que j'avais reprise dans un article précédent... Après une demi-heure, nous ne savions toujours pas ce que
nous entendions. Le percussionniste s'était rajouté aux quatre autres instrumentistes avec un gong qu'il
frappait et caressait alternativement, mais quand le saxo soprano jouait, le gong devenait inaudible,
validant une intéressante propriété de physique ondulatoire selon laquelle les sons de fréquences hautes
(le saxo soprano)peuvent détruire les sons de fréquences très basses (le gong). Il devint évident que tout
le concert suivrait le même modèle. J'espèrais un peu de jazz New-Orleans qui ne vint pas. Il y eut des
incantations, des sortes de mantras psalmodiés dans la fureur sonore des instruments. On nous donna
les noms des musiciens (inaudibles), et l'on demanda que nous tapions dans nos mains, je laissai taper
les autres, et remarquai que seul le carré d'or tout devant tapait à 100%, les participations étaient
plus discrètes ailleurs. Je n'accrochais pas, mais je n'étais pas la seule. Erreur de choix, ça arrive...
On nous avait interdit de photographier, et il fallait que je parte avant 18h pour cause de courses, je ne pourrais pas prendre une
photo à la fin comme d'habitude. Je pris un peu de vidéo sans sortir l'appareil complètement pour que l'écran lumineux ne gêne
personne, en visant au jugé, obtenant un peu moins d'une minute de son et lumières sans personne à l'image. Le son est sympa
d'ailleurs, juste un peu répétitif, et assourdi par le niveau sonore automatique du micro, ce qui empêche d'apprécier le niveau
sonore réel. 53 secondes de durée, on est un peu au dessus de la citation musicale autorisée pour le copyright.
Je ne voulais pas couper en pleine phrase musicale. Voici ce que ça donnait.
Je suis sortie de ma place sans problème vers 17h50, de la salle un peu plus difficilement mais on m'a aidée, de la
Philharmonie assez facilement. Je n'étais pas la seule à ressortir, une poignée d'autres devaient aussi avoir des
contraintes d'horaires. A 17h57, j'avais rejoint* la station Porte de Pantin pour reprendre le métro, puis, plus loin, le RER.
Sylvie, blogmestre