Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
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Hier soir, il y avait un concert de l'Orchestre national de France, dirigé par Gustavo Gimeno, au Théâtre
des Champs Elysées, auquel j'ai assisté. J'avais réservé ma place sur le site de Radio France, et j'ai eu
la surprise de découvrir en arrivant que ma place était un strapontin déjà connu, assez inconfortable.
Comme il restait des places libres alentour au premier balcon, je me suis relocalisée
au premier rang, entre deux messieurs et une dame, à qui un autre strapontin masqué avait échu.
Voici le théâtre vu de ma nouvelle place:
Le programme était composé de la 31è symphonie de Wolfgang Amadeus Mozart,
des "Illuminations" de Benjamin Britten, une mise en musique de poèmes d'Arthur Rimbaud,
chantés somptueusement par Patricia Petibon, d'airs et arias de WA Mozart pour soprano et petit
orchestre, et de la suite de Béla Bartok, pour très grand orchestre, intitulée "Le mandarin merveilleux".
J'avais déjà entendu la 31è symphonie de Mozart, intitulée "Paris", au grand auditorium de la Maison
de la radio, qui déplaçait ce 31 mars l'Orchestre national de France au Théâtre des Champs Elysées.
C'est une symphonie dont Mozart était très content, en trois mouvements, dont un premier mouvement
"péremptoire". Il avait écrit cette symphonie "pour plaire aux Parisiens". Mozart a quand même
"récité un chapelet" avant de l'entendre jouer au Palais-Royal en 1778, nous informe indiscrètement le livret... C'est
une symphonie brillante et enjouée, "enlevée, avec quelques fulgurances mozartiennes".
"Les illuminations" de Britten, créées en 1940 à Londres, sur des poèmes de Rimbaud, pour soliste
soprano et orchestre, étaient chantées par Patricia Petibon, dont j'ai trouvé que cette partition
étrange et exigeante sublimait la voix. Elle était vêtue en Pierrot féminin, avec une coiffure faite
de tresses et de crêpage étiré vers le côté, plantée de petites fleurs colorées. Tandis qu'elle chantait,
à l'arrière de la scène, des nébuleuses multicolores étaient projetées. "J'allais sous le ciel, Muse,
et j'étais ton féal..." écrivait Rimbaud dans la Bohême. Voici un lien vers les textes des Illuminations
de Rimbaud. Nous étions tous suspendus aux accents de la soliste à l'étrange parure.
Après l'entracte, Patricia Petibon, cette fois en jupe verte et justaucorps avec basque turquoise,
lacé dans le dos (elle a une garde-robe très recherchée!), chanta trois arias et airs de Mozart: "Alma grande
e nobile core", "Fra I pensier" (extrait de Lucio Silla), et "Tiger! Wetze nur die Klauen" (extrait de Zaïde).
Quoiqu'elle soit une soprano mozartienne reconnue, et qu'elle ait interprété remarquablement ces airs
de Mozart, je l'ai personnellement préférée dans l'oeuvre semi-hallucinée de Rimbaud vu par Britten.
Le "Mandarin merveilleux" de Bartok, suite d'orchestre créée en 1935 clôturait cette soirée.
L'Orchestre national de France avait déployé les grands moyens, puisque l'on pouvait voir réunis, en plus
des nombreux instruments à cordes, des flûtes, hautbois, clarinettes, bassons, trompettes, trombones,
par trois, quatre cors, un tuba, des percussions, un gong, et aussi une harpe, un piano, un celesta,
un orgue... Il s'agit d'un ballet-pantomime, radical, est-il écrit dans le livret, qui fit scandale à sa sortie.
Une histoire de prostitution assez crue, et semble-t'il explicite dans sa version dansée. En version
de concert, restait une oeuvre puissante, dissonante et riche de tous ces timbres. Gustavo Gimeno
dirigea l'Orchestre national de France avec maestria et précision, sans épargner sa peine.
Une belle soirée, la salle était presque pleine (d'où la location des strapontins).
A la sortie du théâtre, dans l'avenue Montaigne, un gros camion blanc avec des inscriptions en bleu et rouge
attendait les instruments de l'orchestre pour les ramener au bercail...
Sylvie, blogmestre
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