Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Vendredi soir 1er avril il y avait un concert de l'Orchestre philharmonique de Rotterdam, que j'ai
beaucoup aimé, au Théâtre des Champs Elysées. Un auditeur dans le public qui montait aux balcons, se plaignait
de n'avoir pas le programme, son voisin lui répondit "qu'as-tu besoin de programme? C'est juste la 8è de Bruckner!" Tout était dit.
La salle était un peu moins pleine que la veille, mes voisins de rangée se replacèrent, et je gagnai
l'extrémité du rang S, en allant vers le centre du théâtre, d'où l'on voyait mieux. Le programme comportait
l'unique 8è symphonie de Bruckner, dont les proportions sont imposantes, sans entracte. L'Orchestre
philharmonique de Rotterdam, qui l'interprétait, était placé sous la direction de Jukka-Pekka Saraste.
Les musiciens étaient très nombreux, au point qu'il avait fallu placer des violons hors de l'espace
scénique habituel. Trois harpes accentuaient ce caractère colossal de l'orchestre.
Cette oeuvre monumentale (le livret parle de cathédrale sonore), interprétée par cet orchestre,
avec ce chef, se révéla immédiatement captivante. Il y avait effectivement de l'architecture et de la
construction d'édifices musicaux dans cette symphonie. Le mouvement que j'ai préféré était le deuxième,
empli de carillons qui se répondaient. Je n'aurais pas imaginé que l'on puisse évoquer une volée de
cloches avec des violons, mais Bruckner l'a fait! Et pas seulement des violons, c'était tous les
instruments qui, à tour de rôle, se répondaient en carillonnant le même motif. Le jeu de l'orchestre
était riche en nuances, allant du ppp au fff, et tous les intermédiaires. Quand un mouvement était
terminé, on entendait un grand silence dans le théâtre, comme si chacun retenait son souffle pour ne pas risquer de polluer
un pianissimo par un bruit incongru... J'ai trouvé la qualité de l'orchestre exceptionnelle, et regretté que
quelques places soient restées vides. Le chef Jukka-Pekka Saraste est finlandais, et initialement
violoniste. Il est régulièrement invité à diriger les plus grandes formations d'Europe, et en entendant
ce concert, on comprenait pourquoi! Alliant la rigueur et l'émotion, le charisme et l'art d'obtenir
exactement ce qu'il voulait des musiciens, il formait avec l'orchestre une équipe gagnante
pour ériger la cathédrale musicale du génie brucknérien. Une très belle soirée.
Sylvie, blogmestre
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