Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Je suis retournée hier soir au Théâtre des Champs Elysées pour écouter un concert de l'Orchestre
national de France, sous la direction de Daniele Gatti. Il y avait au programme le Divertimento K138
de Wolfgang Amadeus Mozart, Sieben frühe Lieder d'Alban Berg, chantés par la soprano Camilla Tilling,
et la 4è symphonie de Gustav Mahler, avec Elisabeth Glab au violon solo.
Il y avait plusieurs grands concerts hier soir, et le Théâtre était un peu moins plein qu'il aurait pu
l'être, le concert était néanmoins superbe et captivant. Je me suis déplacée vers la rangée devant
la mienne, où il y avait des places libres. Voici le Théâtre vu de la place Q12:
J'ai revu avec grand plaisir Daniele Gatti à la tête de l'Orchestre national de France (ma part de racines
italiennes vibrait en sympathie), avec lequel on le sentait en osmose hier soir. Il connait ses musiciens
par coeur, et réciproquement, et cela se sentait dans l'interprétation des oeuvres du concert.
Le livret de la soirée s'ouvrait, pour le Divertimento de Mozart, sur une citation du compositeur, que chacun
devrait méditer, tant elle est généreuse : "Les passions, violentes ou non, ne doivent jamais être exprimées
jusqu'au dégoût, et la musique, même dans la situation la plus effroyable, ne doit jamais offenser l'oreille
et rester plaisante, et donc rester toujours de la musique." La pièce jouée avait été composée en 1772
par un jeune homme de seize ans, elle était charmante et gracieuse, légère et élégante. A écouter
sans modération, surtout les jours d'humeur sombre! L'Orchestre national de France et son chef étaient
dans l'extrême finesse des nuances, et c'était très beau à écouter et à regarder. La soliste Camilla Tilling,
soprano suédoise, fit son entrée sur scène en robe longue de couleur bouton de rose, ravissante.
Voici Elisabeth Glab, premier violon, Camilla Tilling, et Daniele Gatti, entourés des violons.
Camilla Tilling interpréta sept Lieder d'Alban Berg, composés de 1905 à 1908, orchestrés et créés
en 1928. Ces Lieder sont des poèmes de sept poètes différents, mis en musique par Berg. Comparés
aux Gurre-Lieder de Schönberg commentés sur ce blog il y a quelques jours, les Lieder de Berg sont
très concis! Les textes des poèmes figuraient sur le livret, c'est aussi du post-romantisme allemand,
avec rossignol, roseaux et clair de lune... "C'est parce que le rossignol chantait toute la nuit, de son
doux chant, dans l'écho et sa reprise, les roses ont jailli". (Eh bien figurez-vous que l'un d'entre eux, rossignol de
son état, m'a réveillée de son doux chant à trois heures du matin la nuit dernière. J'attends les roses qui devraient jaillir...)
Je ne suis pas une spécialiste de Berg, et j'appréhendais un peu. Cependant ces Lieder furent très agréables
à l'écoute, et Camilla Tilling était une interprète d'une grande classe. Elle fut très applaudie, et revint
après l'entracte, pour la 4è symphonie de Mahler, qui comporte une partie chantée.
La quatrième symphonie de Gustav Mahler, nous disait le livret, est d'une bonne humeur réjouissante
du début jusqu'à la fin. Le premier mouvement était effectivement fort réjouissant, puisque j'y ai reconnu
"D'r Hans im Schnokeloch", dont la première phrase musicale est jouée par deux fois! (il s'agit d'une
chanson populaire alsacienne, il m'est venu à l'esprit que "Hans" pouvait être pour Mahler son ami Hans Rott, évoqué dans
l'article précédent. En effet, c'est en se rendant en Alsace alors allemande, où il avait trouvé du travail, que Rott fut pris
d'une crise nerveuse qui déclencha son internement, et in fine, sa mort, qui avait tant affecté Mahler). Au deuxième
mouvement, un violon accordé un ton au-dessus de la normale fut utilisé par le premier violon, créant
une impression dissonante, avec un malaise musical. Puis le violon normalement accordé reprit sa
place dans l'orchestre. La soprano chanta dans le quatrième mouvement une ode aux
joies célestes, évoquant les ripailles et abondances supposées de l'au-delà.
Ci-dessous, voici l'Orchestre national de France à la fin du concert:
Ce concert était beau à entendre et beau à voir (la musique en groupe est un sport d'équipe, il y avait ici
une superbe coordination, un synchronisme magnifique de l'ONF sous la baguette de son chef), il fut très applaudi,
Camilla Tilling reçut des fleurs, et Elisabeth Glab, deux bises, le violon désaccordé, rien.
Sylvie, blogmestre
En rentrant, lors du changement de ligne à la station Châtelet, mon graffiti préféré avait été repeint par les services
de la RATP, mais comme il me faisait sourire toutes les fois que je passais par là, je l'avais capté la veille au soir,
entre deux têtes, à la volée, pour vous en faire part... le voici. Mozart n'aurait pas dit mieux!
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