Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Hier soir, j'ai eu la chance de bénéficier d'un tarif préférentiel de l'Opéra de Paris pour voir Werther,
œuvre lyrique de Jules Massenet d'après Johann Wolfgang von Goethe, à l'Opéra Bastille.
Il y avait beaucoup de monde à l'entrée de l'Opéra, mais les opérations de contrôle allaient bon train, nous sommes
habitués maintenant, ouvrez vos manteaux, ouvrez vos sacs, passez sous le portique à métaux, c'est bon, vous
pouvez y aller... Chacun est dégrafé et prêt à montrer patte blanche avant d'arriver aux appareils, on gagne du temps,
mais il ne faut pas extraire son billet trop vite de sa poche ou de son sac, sinon on n'a plus assez de mains pour
tout faire ! On m'indiqua un ascenseur, en rapport avec ma place au 2è balcon, qui était déjà bien plein à mon arrivée.
J'avais choisi une place près de l'escalier, toujours aussi vertigineux. Mais on voyait particulièrement bien.
L'oeuvre musicale date de 1892, elle se situe en Allemagne, et est d'un romantisme effréné. Enfin, c'est
le texte de Goethe qui l'est, mais il reflète son époque. Voici l'histoire : une famille sans mère, quelque
part dans l'Allemagne du XIXè siècle, le père, la fille aînée, Charlotte, la fille cadette, Sophie, et six enfants
élevés par les deux sœurs aînées. Avant sa mort, la mère de Charlotte l'a promise à un homme du nom
d'Albert, qui s'est absenté six mois. Pendant ce temps, Charlotte a fait la connaissance de Werther, un jeune
homme romantique et romanesque avec qui elle jouait du clavecin, chantait, lisait de la poésie, en tout
bien tout honneur. Mais Albert revient, Charlotte avait presque oublié qu'ils étaient fiancés, ce qui ruine les
ambitions amoureuses de Werther. N'écoutant que sa vertu et la promesse faite à sa mère mourante,
Charlotte éloigne temporairement celui-ci, et épouse Albert. Mais Werther revient, il persiste dans sa passion
pour Charlotte, alors que la deuxième sœur, Sophie, est libre et prête à l'aimer. Il adresse des lettres
désespérées à Charlotte et finit par se donner la mort, sa bien-aimée le rejoignant dans sa
petite chambre pour assister à son agonie.
Charlotte se reproche de n'avoir écouté que sa vertu et d'avoir ainsi tué l'homme qui l'aimait, et lui rend
ses baisers, pendant que les enfants, des coulisses, chantent le chant de Noël que le père leur a appris.
Furieusement romantique, donc, mais extraordinairement populaire. Le public est conquis.
La musique, interprétée par l'orchestre de l'Opéra national de Paris sous la direction de
Giacomo Sagripanti est belle et naturelle, figurative, mélodique.
Les solistes, particulièrement le ténor qui a le rôle titre et les deux sœurs, mezzo-soprano et soprano,
sont acclamés. Les enfants ont des voix cristallines et tiennent très bien leur rôle. La mise en scène
de Benoît Jacquot, que je connais comme réalisateur de cinéma, est sobre et classique, les volumes des décors
sont déformés selon des lignes de fuite, qui leur ajoutent une perspective onirique entre la peinture et le réel.
Cette mise à distance est bienvenue pour adhérer à l'histoire, car qui aujourd'hui irait se tirer une balle pour
être tombé amoureux de la sœur qu'il ne fallait pas ? J'ai passé une partie de la représentation à réfléchir
(en tâche de fond, comme dit mon ordinateur...), à cette bizarrerie de l'esprit humain qui acclame une œuvre dont
le propos est tombé en désuétude. Qu'y trouvons-nous qui justifie cet engouement ? La musique est belle,
bien sûr, mais n'y aurait-il pas un regret de ce romantisme exacerbé, de cette exigence de pureté d'une
époque révolue, qui régissait autrement les rapports amoureux ? Je vous laisse juges...
Le spectacle est très agréable, on passe une excellente soirée, je recommande vivement.
A la sortie de l'Opéra, qui s'effectuait avec fluidité, j'ai entendu des jeunes femmes exprimer qu'elles avaient passé
un moment charmant, et remercier celle d'entre elles qui les avaient entraînées à cette représentation.
Romantisme, quand tu nous tiens !
Sylvie, blogmestre
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog




