Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Mardi 1er décembre, alors que je rentrai de la clinique de Garches où étaient encore hospitalisés mes parents, qui partaient le lendemain pour le Sud-Ouest, la serrure de leur appartement a été percée et démontée par un serrurier, car on n'avait pas trouvé la clé de secours que j'avais laissé dans la boîte aux lettres de la loge du gardien. J'avais malheureusement égaré mon téléphone dans les paquets que je préparais, ce qui m'empêchait de prévenir quelqu'un, et le wifi était inaccessible depuis la clinique, mais je pensais qu'on trouverait la clé sans problème, car je l'avais laissée au même endroit, une semaine plus tôt. Ce forçage de serrure a signé la fin de ma résidence temporaire dans l'appartement de mes parents, où une partie de mes affaires sont encore.
Ce soir là, j'avais réservé une place pour un concert Mozart et Haydn à la salle Gaveau, interprété par
l'Orchestre national d'Ile-de-France et la soprane Sandrine Piau, sous la direction de Jonathan Cohen, à 20h.
A cette heure-là, ayant fini de sortir les objets les plus indispensables de l'appartement de mes parents, où le serrurier devait
revenir clore la porte, n'étant plus nécessaire, je décidai de me rendre salle Gaveau malgré mon retard pour voir s'il était possible
d'entrer à l'entracte, et d'écouter la seconde partie du concert, ce qui me ferait certainement le plus grand bien !
Je tiens à remercier ici le personnel de l'accueil de la salle Gaveau, et les spectateurs qui m'entouraient,
car je suis arrivée en retard, visiblement stressée, et on m'a fait entrer avec beaucoup de gentillesse,
et installée au premier balcon où il restait des places libres. L'orchestre jouait alors la symphonie n°83
en sol mineur de Joseph Haydn, dont j'ai hélas raté le deuxième thème du premier mouvement, qui vaut
à cette œuvre le sobriquet de « La Poule » car il ressemblerait à un caquet pour hautbois...
J'avais vu récemment l'orchestre national d'Ile-de-France à la Philharmonie, sous la direction de Enrique
Mazzola. Le présent concert était dirigé par un jeune chef britannique talentueux, Jonathan Cohen, qui
est aussi violoncelliste et claviériste, et qui accumule les distinctions et les concerts dans des salles
prestigieuses. Après la symphonie de Haydn, nous entendîmes la soprane Sandrine Piau dans deux airs
de Mozart, un extrait des Noces de Figaro, chanté par le personnage de Susanna « Giunse alfin
il momento », puis un extrait de Lucio Silla, chanté par le personnage de Giunia « Sposo, mia vita ».
Sandrine Piau vient de la musique baroque, et a élargi son répertoire lyrique aux oeuvres classiques
et romantiques. Elle est aussi primée et distinguée.Je l'ai trouvée très mozartienne, ce 1er décembre.
Il y eut ensuite un entracte. La salle Gaveau n'était pas complètement remplie, mais beaucoup plus
que le 14 novembre, où le public avait déserté les lieux de spectacles et de concerts, et où j'y avais
entendu l'orchestre Pasdeloup. Cette salle qui est d'une nuance délicate de blanc, pose un problème à mon appareil
photo, qui manque parfois de subtilité dans les blancs... Voici le point de vue du premier balcon où j'étais.
Après l'entracte, Sandrine Piau interpréta un nouvel extrait d'opéra, cette fois il s'agissait de Don Giovanni,
dans le rôle de Donna Anna « Crudele ? Non mi dir », qui fut très applaudi, les spectateurs criant bravo,
elle fut rappelée plusieurs fois. Puis il y eut une charmante symphonie de Mozart en trois mouvements,
la symphonie n°31 en ré majeur dite « Paris », ville où elle fut créée pour la Fête Dieu en 1778 (dont
Mozart, selon le livret, écrivait à son père « ne pas savoir si elle plairait et s'en soucier fort peu »,
puis trois semaines plus tard que la symphonie avait « exceptionnellement plu »).
Après la symphonie, il y eut un extrait de Mithridate, Re di Ponto, de Mozart,avec Sandrine Piau dans
le rôle d'Aspasia, et l'air « Grazie ai numi parti ». Elle fut à nouveau extraordinaire, et ovationnée, reçut un
puis deux, puis trois bouquets, et nous remercia de deux bis. Après ces « femmes à la passion violente »,
quelque chose de plus doux, nous dit-elle en substance, pour annoncer un extrait de Zaide de Mozart.
Nous eûmes du mal à entendre le titre du deuxième extrait du bis, il m'a semblé que c'était « Marguerite »
(la diva du film qui assassine la Reine de la nuit?) Mais j'avais dû mal entendre...
Après de longs applaudissements et rappels, nous avons quitté la salle Gaveau.
J'étais presque sereine au sortir du concert, Haydn et Mozart avaient réalisé un beau travail de reconstruction morale.
Sylvie, blogmestre