Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Hier soir j'ai eu la chance de pouvoir écouter le second concert Carmina Burana de la Maîtrise et
du Choeur de Radio France, réunis avec les percussions de l'Orchestre national de France sous
la baguette de Sofi Jeannin. Il y avait eu un premier concert le 8 novembre, et l'abondance de public
semble avoir motivé ce second concert. Le public était tout aussi abondant hier soir (peut-être y aura-t'il
un troisième concert ?), et bouchonnait à l'entrée de la Maison de la radio, quand j'y arrivai vers 19h45.
Le contrôle était assez pointu, puisqu'on s'est enquis de mon téléphone portable (?)
que je n'avais pas emporté. J'avais la place 1 de la rangée V loge 1.
Mais je n'ai jamais trouvé ma place ! A la suite d'une erreur d'orientation, je me suis retrouvée rangée W, loge 2
quelques minutes avant le début du concert, où je me suis assise à une place libre, pour en être délogée par
ses occupants légitimes alors que le concert commençait... Finalement, on m'a replacée loge 4 rangée R place 52,
où une place était inoccupée... Le premier morceau, O Fortuna, était déjà bien entamé. C'était un concert à
l'atmosphère un peu étrange, sans doute du fait de la présence des enfants et de leurs familles,
car une demi-douzaine de personnes sont entrées dans la loge pour occuper un demi-rangée vide, alors que l'on
en était au troisième morceau environ, ce qui ne se voit jamais d'habitude. Il y eut aussi quelques babils très
juvéniles qui se transformèrent en grands cris quand la soliste soprane chanta... Le bébé perturbateur disparut,
emporté dans les couloirs, et la soprane continua son solo. Elle était vêtue d'une sublime robe de satin
moiré vert grisé, et dotée d'une voix non moins sublime. Suédoise comme Sofi Jeannin,
elle s'appelle Malin Christensson.
J'ai beaucoup entendu les Carmina Burana de Carl Orff dans mon enfance, mes parents avaient acquis
l'enregistrement Deutsche Grammophon, et aimaient beaucoup l'écouter bien fort... Mais je ne les ai jamais chantés.
C'est une œuvre qui paraît harmoniquement simple, dont les morceaux sont volontiers scandés, qui
a de l'éclat, et se prête bien aux célébrations, même si on est loin d'en comprendre tous les textes.
Il s'agirait, c'est confirmé par le livret, de la mise en musique par Orff en 1936 de chants en vieux latin
et en vieil allemand, écrits du XIè au XIIIè siècle et compilés par des moines bavarois au XIXè siècle.
La version présentée hier soir n'était pas la version originale avec orchestre, mais la version ultérieure
à deux pianos, conçue pour des choeurs plus modestes, ce qui n'empêchait pas les choristes, hier,
tant adultes qu'enfants, d'être très nombreux. Les deux pianos étaient grand ouverts, ce qui m'a permis
d'admirer de haut leur facture interne. Il y avait aussi cinq percussionnistes, la xylophoniste comprise,
et deux solistes masculins, un ténor, qui chanta le passage le plus grinçant de l'oeuvre,
puis disparut, et un baryton, ainsi que la soliste soprane déjà citée.
Les pianistes étaient d'une grande dextérité, mais les choeurs les couvraient un peu lorsqu'ils
chantaient en volume maximum. Heureusement, tous les choristes de radio France ont l'oreille absolue et ne
baissent jamais (c'est parfaitement exact, camarades!) Le choeur d'enfants présentait un reflet intéressant
de la diversité ethnique actuelle de notre pays, une belle manifestation d'intégration culturelle.
Sofi Jeannin, en tailleur pantalon, était la première femme que je vois diriger un ensemble musical
au grand auditorium de la Maison de la Radio. Gestes très précis, syncopes et contretemps pile
en place malgré le nombre des participants, la jeunesse de certains, les percussions multiples,
bravo ! La présence de deux dames a donné lieu à une remise de bouquets, qui est toujours
un moment sympathique (pendant lequel je me demande à chaque fois pourquoi les hommes n'ont pas de
bouquets eux aussi...) Le concert fut court, un peu plus d'une heure de très grande concentration pour
les participants, d'envolées musicales, de rythmes à couper le souffle, une puissance somptueuse
qui magnifiait l'oeuvre, et sans applaudissements malencontreux. Quand revint le O Fortuna de la fin,
on se dit que, dommage, c'était déjà fini, et que ç'avait été bien court...!
Applaudissements nourris du très nombreux public, rappels, retours, saluts de face, puis de face
dans l'autre sens puisque la salle est ronde. La soprane me fit un sourire lorsque je pris les solistes et
le chef en photo... (n'est-ce pas qu'elle porte une robe sublime?) Je ressortis de la Maison de la radio vers 21h15,
et repartis en chantant à mi-voix le dernier choeur des Carmina Burana, rythmé et obsédant.
Sur le chemin du retour vers le métro Passy, j'augmentai ma collection particulière de portraits
de la Tour Eiffel au fil de l'eau et des saisons, inépuisable et irrésistible source d'inspiration photographique !
Sylvie, blogmestre