Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
J'ai participé hier soir au concert participatif Messie de Haendel donné par le Choeur et
l'Orchestre "le Concert spirituel", sous la direction de Hervé Niquet.

Hier soir, il y avait un peu plus de transports en commun que précédemment. Le RER s'arrêtant très tôt de rouler, je
choisis la surface pour rejoindre la Philharmonie, plusieurs combinaisons étaient possibles. Je partis de chez moi
vers 17h45, ce qui aurait suffi en période normale, j'attendis 20 minutes un bus hypothétique dans une station sans
éclairage ni affichage électronique... et le bus fut (il faut y croire très fort...) Arrivée Porte d'Italie, je pris un tram qui
mit un temps normal pour atteindre la Porte de Vincennes. Je retrouvai l'espoir d'arriver à temps pour le raccord du
concert. Mais pour une raison non élucidée, le deuxième tram ne desservait pas son terminus, lieu de la
correspondance. La station d'après, vers laquelle je fonçai à pied avec le reste du troupeau tramophile éconduit,
n'était pas desservie non plus. Porte de Montreuil, une autre personne, camarade d'infortune, se mit à aborder
les voitures arrêtées au feu rouge: allez-vous Porte de Pantin? J'en fis autant, et nous avons fini par trouver une
voiture avec un conducteur sympathique et sa fille, qui nous emmena toutes les deux Porte des Lilas, où nous avons
pris le tram au vol, lequel circulait sur cette portion de trajet. Ouf. J'arrivai à la Philharmonie avec une demi-heure
de retard, le raccord était fini, mais je participai au placement et me retrouvai place H213, de l'autre côté de l'allée
par rapport à la place que j'avais réservée initialement. Je pris de ma place une photo qui a disparu du registre de
ma carte mémoire (elle est toujours sur la carte, mais j'ignore où), ainsi que des photos du choeur éphémère,
avec le même résultat. Mes fichiers photo d'hier soir ont bizarrement tous disparu sauf les deux derniers.
Vous ne pourrez pas les voir, sauf deux, j'en suis désolée.

L'orchestre du Concert spirituel monta sur la scène, et le choeur du Concert spirituel derrière lui.
Sur l'arrière scène, il y avait les choristes participatifs. J'étais à l'avant dernier rang de ces choristes,
c'est-à dire à une quinzaine de rangs de la scène. Hervé Niquet nous expliqua qu'il avait inséré dans
l'oeuvre de Haendel des chorals baroques d'autres auteurs, pour que tout le monde puisse
chanter, le public aussi. Je ne sais pas si le public chanta, je me souviens avoir été dans la situation de
chanter des cantates de Bach dans cette salle depuis le public, en concert participatif, on se sent vraiment
tout seul... Je découvris qu'en chantant en choeur participatif à l'arrière-scène on se sentait tout seul aussi, malgré
tous les camarades autour, qui, découvrant la même sensation, arrêtaient peu ou prou de chanter par manque
d'assurance ou de peur de gâcher un si beau concert par une fausse note. Je repris confiance, et tentai d'en
entraîner d'autres. Il faut dire que nous n'entendions pas du tout ce qui se passait devant nous, sur la scène, dès
que nous commencions à chanter (ce qui est très gênant). Dans le premier choral, nous étions très légèrement
en avance, à l'arrière, le chef ayant un tempo plus lent que celui que nous avions utilisé en répétition,
et des choristes ne semblant pas s'en être aperçus. Cela s'arrangea par la suite.

Lorsque les choeurs du Messie n'étaient pas participatifs, ils étaient splendidement interprétés.
Le Concert spirituel a publié un enregistrement du Messie en 2017, dont un extrait suit, mais
qui est beaucoup plus sage que le concert d'hier soir, quasiment espiègle par moments. Ayant
déjà chanté plusieurs fois l'oeuvre en entier, j'ai apprécié tous les morceaux, très enlevés, le chef
ayant même mimé les moutons sur "All we like sheep" (pour les siens et l'arrière-scène seulement). La première
partie avait été très applaudie, la deuxième le fut encore plus, nous avions chanté avec plus
d'assurance deux autres chorals, nous habituant à entendre notre propre voix bien plus que de coutume, puis
l'Hallelujah, qui clôture la deuxième partie, d'abord piano voire pianissimo, puis crescendo
jusqu'à l'explosion vocale de la fin (nous étions là pour augmenter la puissance possible!)
Hervé Niquet explique dans une vidéo qu'il s'agit de provoquer une frustration chez l'auditeur, en commençant
piano et en terminant fortissimo, que c'est une stratégie très familière au compositeur. Nous avons dû nous
acquitter honorablement de l'Hallelujah, car le public a beaucoup et longuement applaudi.

Dans la troisième partie, celle de la Résurrection du Christ nous avions un autre choeur du
Messie à chanter "Since by man came death"(sur une tonalité grave et tragique), "by man came also
the resurrection of the dead" (sur une mélodie qui ressemble à une envolée de cloches un jour de Pâques),
l'ensemble du choeur me faisait penser à Notre-Dame, seule en ce soir de Noël pour la première fois depuis plus
de deux siècles, attendant sa résurrection de la main de l'homme, pour pouvoir à nouveau carillonner.
Le concert s'est terminé vers 23h, après le choeur final "Worthy is the lamb" suivi de l'Amen,
dont nous chantions les dernières mesures, en renfort du choeur du Concert spirituel (un autre
grand saut vocal dans le vide acoustique de la salle Pierre Boulez... il faudrait demander à M. Nouvel, son architecte,
comment l'on pourrait contourner ce phénomène, pour le confort des choristes participatifs). Le concert fut très
applaudi, les musiciens et choristes sur scène saluèrent de tous les côtés, on nous fit saluer aussi.
Il y eut des fleurs mais pas de bis, le chef avait déjà beaucoup donné de lui-même.
J'ai trouvé le Concert spirituel un excellent ensemble, et son chef très attachant, la manière dont
il nous a raconté comment il aurait aimé chanter le Messie, enfant, et son envie de nous faire partager ce bonheur
témoignait d'une nature généreuse et sensible à autrui, outre ses évidentes qualités musicales et de direction.
J'aurais adoré faire un concert complet avec le Concert spirituel et apprendre leur maîtrise de la voix.
Nous sommes ressortis de la Philharmonie peu après, et j'ai rejoint la station de tram (dont le ticket de
retour est introuvable), de la Porte de Pantin, en voici une photo, l'une des deux rescapées. Le retour se passa
sans heurts, le tram alla bien jusqu'à la Porte de Vincennes, d'où j'en pris un second, puis le dernier bus de la
soirée à minuit et demi Porte d'italie (une chance de l'avoir eu!), pas d'auto-stop nécessaire au retour.

Sylvie, blogmestre
Réflexions post-concert: je me suis demandé s'il n'y avait pas eu des passations de billets de choristes participatifs
ayant fait les répétitions, à d'autres ne les ayant pas faites, pour indisponibilité de dernière minute, ou problème de
transport, ce qui pourrait expliquer le silence en concert de certaines choristes supposées chanter (les pupitres
masculins étaient à l'avant, nous ne les entendions pas). Dans la mesure où l'identité des porteurs de billets
n'est pas contrôlée, que l'émargement ne nous concernait pas, et qu'il n'y a pas eu de vidéos ni de photos prises,
l'hypothèse est plausible. Cela expliquerait aussi que je n'aie pas croisé mes voisines de samedi, lundi soir.
Evidemment, ce serait assez grossier pour les autres participant(e)s, et le chef...(qui avait l'air très surpris)

Ticket aller, en bas bus 186 à Arcueil à 18h10, tram 3a Porte d'Italie à 18h30 (superposé),
en haut, tram 3b Porte des Lilas à 19h29 (après voiture pour quelques stations de tram non desservies)