Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog d'une choriste parisienne vagabonde
Je suis allée hier soir au concert de fin d’année du choeur Lacryma Voce, en l’église de la Trinité,
qui proposait la Messe des moineaux de Mozart, et la Messa di Gloria de Puccini. Le choeur et
l’orchestre éphémère étaient placés sous la direction de Matthieu Stefanelli, qui dirige depuis deux ans
le choeur Lacryma Voce, lequel a succédé aux Choeurs de Paris XIII, dont je fus l’une des choristes. J’aurais dû participer
à l’année chorale de ce choeur, et aussi à ce concert, ce qui fait que j’en connaissais très bien le programme. Ma situation
de santé a fait que je n’ai pas pu chanter en chorale cette année, comme les lecteurs de ce blog ont pu s’en apercevoir.
J’avais une place de fond d’église, très sympathiquement entourée, et l’acoustique fut moins terrible que dans
mes souvenirs (je crois qu’il y a eu de la part du chef de choeur un travail de maîtrise de l’acoustique particulière
du lieu). J’eus une pensée affectueuse pour mes parents, venus de multiples fois dans cette église de la Trinité
nous entendre en concert, et pour Pierre Molina, pour qui mon père avait beaucoup de respect.
Le choeur entra et fut applaudi dès sa mise en place, un rang de supportrices se leva devant moi pour applaudir les bras
en l’air (ambiance chaleureuse des concerts à la Trinité…). On nous demanda de ne pas filmer ni prendre de photos
pendant le concert, j’ai donc pris des souvenirs avant et après le concert. Voici une photo du choeur complet:
La Messe des moineaux qui ouvrit le concert avait un bel ensemble, les soli avaient été confiés au
petit choeur, les réponses étaient bien calées (les Hosannas alternés étaient parfaits), les introductions
grégoriennes du Gloria et du Credo étaient un peu distendues, par rapport à ce qui se pratique. Concernant
l'appelation de la Messe "des moineaux", ce serait un gag des contemporains de Mozart (probablement les mêmes qui
avaient vu dans une messe de Haydn des picotis lui valant le qualificatif de "La poule"), qui auraient entendu des
pépiements dans l'accompagnement du choeur par les violons dans les "hosannas" en question. Il est vrai que Mozart,
comme Haydn, était prolifique, et que l'on situe toujours mieux un nom d'oeuvre imagé qu'un numéro de Koechel.
La Messa a quattro voci fut composée par Puccini entre 1878 et 1880, pour un concours. Elle reçut
le qualificatif de "di Gloria", car le Gloria qui dure vingt minutes et compte 9 mouvements en est la
partie principale. Comme le Requiem de Verdi, la Petite Messe solennelle de Rossini, la Messa di
Gloria de Puccini oscille entre la musique sacrée et les envolées lyriques du compositeur d'opéras.
Deux mouvements théâtraux attestent de ce mélange des genres: le "Qui tollis", dans la partie Gloria,
et le "Et vitam venturi saeculi", dans la partie Credo (seize minutes et sept mouvements), bien plus
lyriques que sacrés (surtout si l'on pense à la signification douloureuse des paroles du Qui tollis).
La Messa di Gloria du concert d'hier soir fut remarquable, tant pour les nuances que pour le tempo,
souple, bien en place, aucun décalage dont le lieu est pourtant productif. Deux solistes chantaient
avec le choeur, le ténor Patrick Garayt et le baryton Loïc Guguen. Le public était manifestement
éduqué, nul applaudissement incongru se manifesta après la fin du Gloria (qui ressemble à s’y
méprendreà un finale, et constitue une fausse sortie, encore un artifice de scène!) Tout le monde
savait qu’une messe chantée s’achève sur un “dona nobis pacem”, bravo le public!
Le choeur et l’orchestre, très applaudis, nous redonnèrent une partie du Gloria de la Messe de Puccini,
dont l'extrait d'une minute (qu'il m'a fallu plus d'une heure pour mettre en ligne) ci-dessus illustre l'article.
Un très beau concert, une très belle soirée. Félicitations à toutes et à tous pour votre travail.
Sylvie, blogmestre
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