Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!

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L'éveil du printemps

J’avais une place hier soir à la Comédie Française, pour une pièce de Frank Wedekind intitulée

“L’éveil du printemps”. La séance était à 20h30, je partis de chez moi un peu après 19h30*, et attendis un

train qui s’arrêterait en gare d’Arcueil-Cachan, avertie par la signalisation qu’un malaise voyageur survenu dans

cette même gare perturbait toute la ligne. Aucun incident en vue, mais un train arrivait. Ouf.

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L'éveil du printemps

A Châtelet, après le tapis roulant, un jeu de piste avait été organisé pour trouver la correspondance de la ligne 1 vers

La Défense (probablement trop facile à trouver habituellement, à droite après le tapis roulant). Des centaines de

mètres de pérégrination plus tard, je trouvai enfin le bon quai, mais constatai une souffrance lancinante à aiguë au

niveau des pieds. Chaussures neuves…J’arrivai Place Colette après avoir collé quelques pansements sur les zones

douloureuses (désolée pour ces descriptions, mais les incidents participent à une soirée, plus exactement à sa

perturbation). Ma place était au premier balcon, à l’extrémité du premier rang côté cour, sur un strapontin.

L'éveil du printemps
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La salle se remplissait progressivement. Un creux de spectateurs à ma gauche permit à la rangée

de se décaler, et j’accédai à un fauteuil. Cependant, quand la représentation commença, la position qui

permettait de voir était penchée en avant, ce qui crée une tension dans le dos, et gêne les voisins.

 

L'éveil du printemps

Je remontai donc d’un rang, le 2è rang ayant des sièges vides plus étroits et plus surplombants.

La pièce commença. J’avais eu le temps de lire sur le programme qu’elle datait du début du XXè siècle,

et que Freud aurait pu s’en inspirer pour ses études de cas. J’aimais beaucoup lire Freud quand

j’étais au lycée (et même plus tard), ça devait me plaire. La mise en scène était de Clément Hervieu-

Léger, dont j’avais vu précédemment plusieurs mises en scène dans ce théâtre. Il s’agissait

d’adolescents aux prises avec leur puberté, et les désirs et émotions qu’elle générait en eux. Les

rêves aussi avait leur part, effectivement un matériau de choix pour ce bon Sigmund. Une

psychologie de la vie quotidienne des adolescents, peut-être ou peut-être pas pathologique.

L'éveil du printemps
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Dans le livret, puis par les recherches effectuées sur internet, j'appris que la pièce datait de 1891, mais

n'avait été créée qu'en 1906, à Berlin, car elle était considérée jusque là comme pornographique,

et personne n'en voulait. J'ai été un peu surprise, car la portion de pièce que j'ai vue était au pire

verbalement crue, mais pas "pornographique". Mais il y aurait plus loin des scènes sulfureuses... qui

sont juste évoquées dans le livret, et de manière générale sur internet. Dans la pièce jouée à la

Comédie Française, les acteurs sont jeunes, mais majeurs, ce que l'on peut rapprocher d'autres

oeuvres sur l'adolescence comme West Side story, La fureur de vivre, qui, comme l'Eveil du printemps,

se terminent par la mort d'un des protagonistes (si j'ai bien compris le livret, elliptique). Les acteurs un

peu plus âgés que l'adolescence ont le souvenir vécu de la leur et la distance pour la jouer.

L'éveil du printemps

Le choix a été fait d'habiller les comédiens en collégiens de style britannique des années 50, pour ne

pas dater la pièce. Mais je ne crois pas que les collèges britanniques de cette époque aient été mixtes.

La non-mixité des établissements scolaires visait précisément à limiter l'inflammation des esprits et des

corps, et à travailler dans une relative sérénité. De même, le vocabulaire utilisé était beaucoup plus

châtié que ce que l'on entend dans cette oeuvre écrite au XIXè siècle, époque réputée pudibonde.

Il y a là un paradoxe que je n'ai pas bien compris. Néanmoins, je me souviens avoir connu à 14 ans une

collection d'histoires salées, que je ne comprenais pas toutes, alors le doute est permis... Je salue la prestation

des comédiens de la Comédie Française, pour sortir de leur répertoire habituel, il va falloir à présent

habituer le public de Molière, Racine, Marivaux, à voir cette 'insensée cochonnerie", comme Wedekind

lui-même qualifiait sa pièce, pour ce qu'elle est. La réaction du spectateur ignorant du contenu de

la pièce peut être déroutante (j'avais vu au Forum des images "Le pornographe" de Bertrand Bonello qui est un film

d'auteur sur un réalisateur de cinéma X, et constaté que le public manquait parfois de distance dans la salle).

L'éveil du printemps

Malheureusement, de mon côté, hier soir, ce fut la pathologie organique qui l’emporta, chaleur de la salle aidant,

malaise gagnant. Je sortis de la Comédie Française vers 21h15**, après avoir vu environ un quart du spectacle, qui

devait durer trois heures. Je dis à la dame qui m’avait donné un programme, en sortant, que je ne me sentais pas bien,

ce qui s’améliora à l’air libre. Quelques pansements supplémentaires collés, j’entrepris de rentrer. A Châtelet, à nouveau,

une erreur d’affichage indiquait qu’un train pour Massy allait à Gif-sur-Yvette, désorientant les voyageurs.

Heureusement, le retour se passa vite, et je pus regagner mon domicile de jour, sans dommage supplémentaire.

Une soirée abîmée. La prochaine fois entière, j’espère. Toutes mes excuses à la Comédie Française où j'aime aller.

 

 

Sylvie, blogmestre

 

 

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