Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!

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Libera me !

L’après-midi du dimanche 20 mai, je suis allée à la Philharmonie pour entendre le Requiem de Verdi,

interprété par l’Orchestre national d’Ile de France, et le choeur de l’Orchestre de Paris, sous la

direction d’Enrique Mazzola. Arrivée péniblement vers 16h30 (le RER qui n’était pas en grève s’arrêta

par deux fois pendant 5 minutes entre deux stations, sans explication), j’avais emporté la partition du

Requiem, et réécouté les parties de choeur pendant le trajet.

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Il fallut courir pour arriver à peu près à l’heure, j’avais été replacée en milieu de rang suite à un remaniement du

placement dans la salle, et dus faire lever une demi-douzaine de personnes déjà installées… Il y avait une

première partie, une petite pièce instrumentale de Boulez, Mémoriale, à la flûte, accompagnée

d’instruments à cordes et de cors, que le chef d’orchestre vint nous présenter. Le solo de flûte était

interprété par Hélène Grimaud, soliste de l’orchestre. Je n’ai pas pris de photos, car j’ai utilisé le petit laps

de temps entre les deux parties pour proposer à mes voisins de rangée de se décaler d’une place, afin que je puisse

me mettre en bout de rangée, pour ne déranger personne si je devais sortir avant la fin du concert. J’envisageais de

repasser par Notre-Dame à 18h30, ayant participé à une messe incomplète le matin. Mes voisines et voisins

acceptèrent gentiment de procéder à une translation d’un siège, et je les en remercie encore.

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Les choristes s’installèrent d’abord. Je reconnus le choeur de l’Orchestre de Paris, que j’avais déjà

entendu dans le Requiem de Verdi en 2016, de mémoire, un jour où j’étais au premier rang de

l’arrière-scène, dans la même salle. L’orchestre s’installa ensuite, et démarra très pianissimo, sous la

direction d’Enrique Mazzola, que je n’avais pas revu depuis un an (son orchestre, si, mais avec

d’autres chefs), et que j’étais heureuse de revoir. Il y avait dans cette interprétation une extraordinaire

palette de nuances, du ppp le plus ténu au fff presque assourdissant (j’étais proche de la scène, sur

le côté, comme on le voit sur la photo), des trompettes perchées en haut de l’arrière-scène,

des deux côtés, produisant une impression quadriphonique.

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Le livret, que j’ai lu plus tard, comparait Verdi à un maigre fleuve qui enfle parfois, et qui serait

beaucoup plus difficile à interpréter que Wagner (comparé au Rhin, dont le niveau est, d’expérience, plus

fluctuant qu’on pourrait le penser, parole d’ex-pêcheuse à la ligne dans la plaine d’Alsace). Verdi créa son

Requiem en 1874 à Milan, pour un effectif de cent musiciens et 120 choristes, et la partition relève

autant du lyrique que du sacré. Le livret notait aussi que le compositeur présenta l’année qui suivit son

oeuvre tant dans des théâtres que dans des églises, et faisait état de 1200 choristes au Royal Albert Hall

(aucune scène classique ne supporte cet effectif, s’agissait-il d’un sing-along Verdi depuis les fauteuils, sur le modèle

du Messie de Haendel?) Le livret proposait les paroles, ce qui n’était pas inutile. Je suivis sur ma partition

toutes les parties de solistes, que je connais un peu moins que les choeurs, pour lesquels je remarquai

mentalement quelques particularités intéressantes de nuances (notamment dans le Sanctus à double

choeur). L’ensemble était très beau, et l’interprétation somptueuse. La soprano solo Karine Babajanyan

parvenait à s’imposer par-dessus le vacarme musical grandiose des 120 choristes et des 100 musiciens

s'exprimant fortissimo, quelle capacité vocale! J’ai été très impressionnée, toutes mes félicitations.

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Le Requiem déborda un peu par rapport à l’horaire que je m’étais fixé, je partis discrètement peu avant 18h, entre

l’Agnus Dei et le Lux aeterna, en regrettant de ne pas pouvoir l’entendre jusqu’au bout**. Mon idée était de

retourner à Notre-Dame pour 18h30, mais je fus trahie par mon moyen de locomotion personnel (pedibus cum

jambis) et abandonnai ce projet par prudence en cours de trajet. Je fus de retour chez moi un peu avant 19h.
 

Ce concert était le premier d’une série de 6 représentations, dont les suivantes seront données

au Perreux-sur-Marne (22 mai), à Saint-Quentin-en-Yvelines (23 mai), à Boulogne-Billancourt

(24 mai), à Ablon (26 mai), et à Versailles (27 mai). Si vous avez la possibilité géographique de

vous y rendre, et qu’il reste des places, je vous conseille vivement d’aller l’écouter.

Vous pensiez bien connaître le Requiem de Verdi? Attendez d’avoir entendu celui-là...

 

Sylvie, blogmestre

 

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