Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog d'une choriste parisienne vagabonde
Dans l’après-midi du dimanche 27 mai, je suis allée au concert que l’orchestre Pasdeloup
donnait à la Philharmonie. Le concert commençait à 16h, et comme j’étais passée à la Gare
Montparnasse après Notre-Dame le matin, puis rentrée à Arcueil le laps de temps
était assez juste pour ressortir l’après-midi, et aller jusqu’au bout de Paris...
Nonobstant, j'y allais. J’avais une place au premier balcon, sur le côté.
(notification de cet article dans vos spams)
Cependant, je suis arrivée en retard, et ne pus gagner la place prévue, car le concert avait commencé. Je fus
placée au 2è balcon avec une quinzaine d’autres retardataires. J’occupai la place D56, derrière une rangée
de personnes déjà installées. Ci-dessous, une photo de la salle depuis le 2è balcon, place D56.
Le concert présentait deux oeuvres de Brahms, et une de Wagner, dans le thème du week-end
“Allemagne romantique”. Il était dirigé par un chef d’orchestre allemand, Wolfgang Doerner. La
première pièce de Brahms interprétée était l’ “Ouverture tragique” en ré mineur, que j’entendis
partiellement depuis l’entrée de la Philharmonie, où les auditeurs retardataires du concert étaient rassemblés avant
qu’on les conduise au second balcon dont des places étaient libres à l’arrière. Cette pièce en trois morceaux,
d’une quinzaine de minutes, n’ouvre aucune autre oeuvre, elle ressemble à un mouvement de
symphonie, et cite d’ailleurs des passages de la 2è symphonie du compositeur.
Elle fut créée en 1880 à Vienne.
La deuxième oeuvre de Brahms proposée, pour laquelle j’étais venue à ce concert (quoique les
deux autres pièces fussent très belles aussi) était l’extraordinaire concerto pour violon et orchestre
en ré majeur. La partie de violon solo était interprétée avec brio et virtuosité par David Grimal. Le
concerto pour violon et orchestre fut créé en 1879 à Leipzig, il avait été écrit pour (et avec) un ami
violoniste virtuose du compositeur, et est réputé très difficile d’exécution. L’orchestre était très cuivré
et donnait un relief éclatant à la musique. Après le premier mouvement, le public applaudit, ce qui
ne se fait pas habituellement, mais c’était une reconnaissance de la qualité de l’interprétation.
J’aime particulièrement le 3è mouvement, allegro giocoso ma non troppo vivace, inspiré
manifestement par la musique hongroise ou tzigane dont Brahms utilisait volontiers les airs. De la
musique tzigane en grande formation symphonique. Voici le 3è mouvement du concerto
pour violon, hyper-connu, pour le plaisir des lecteurs de ce blog.
A la fin du concerto, qui fut très applaudi, David Grimal joua un bis qu’il nous présenta oralement (mais
du 2è balcon, je n’ai pas bien entendu, c’était assez technique). Il n’y avait pas d’entracte. l’orchestre continua
le concert par deux extraits enchaînés de “Tristan et Isolde” de Wagner, Prélude, et Mort d’Isolde. J’avais
déjà entendu ces deux extraits hors de l’opéra, l’an dernier à la Philharmonie, et l’opéra (presque) en entier au Théâtre
des Champs Elysées en 2016, par l’Orchestre national de France sous la direction de Daniele Gatti (je m’en souviens
très bien, j’avais une vue simultanée fascinante sur la scène et la fosse d’orchestre). Hier, à la Philharmonie, les
instruments étaient sous les projecteurs de la scène. Le prélude de Tristan et Isolde, et le Liebestod d’Isolde
sont des extraits d’un grand romantisme, d’une douceur mortelle, illustrant tous ces destins tragiques
d’amants maudits dont le XIXè siècle était friand. Tristan et Isolde, créé en 1865, fut le premier opéra
de Wagner “parrainé” par Louis II de Bavière (terriblement romantique mais assez perturbé, la pièce aux
aiguilles de bois tombant du plafond du château de Neuschwanstein m’avait fait froid dans le dos).
Chacun fut excellent. Le concert fut très applaudi, ce fut un moment de grâce romantique dans
notre quotidien du XXIè siècle, entre deux intermèdes de RER et de métro.
Nous, retardataires, n’avions pas reçu de livrets, mais pouvions en obtenir un au vestiaire en sortant. Ayant aussi
mon blouson à recouvrer, que j’avais laissé au vestiaire la semaine précédente, après en avoir égaré le ticket,
je suis bien repartie avec le blouson récupéré aux objets trouvés contre production de ma pièce d’identité, mais
sans le livret (on ne peut pas penser à tout!)… Nous sommes ressortis du concert vers 17h40*.
Sylvie, blogmestre
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