Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Il y avait hier après-midi en concert à Saint-Louis en l'Ile l'Académie de Musique en l'Ile,
sous la direction de Frédéric Loisel, qui donnait la Grande Messe en ut mineur de Mozart,
le choeur étant formé de la chorale Ars Lyrica et de la Maîtrise de Clamart.
En raison de la panne imprévisible et probablement non fortuite qui a frappé hier soir l'ordinateur âgé sur lequel
je formatais encore mes images hier en début d'après-midi, le formatage des images de ce concert a été fait
par des moyens plus rustiques et vise surtout à montrer qu'il y a bien des images... une autre solution est à venir.

J'arrivai sur l'Ile Saint-Louis peu avant 16h, et pris un billet que je payai par chèque. L'église
était presque remplie, et les enfants étaient dans l'effervescence pré-concert qui leur est habituelle.

J'étais dans les derniers rangs, devant un pilier, ce qui m'offrait une vue sur le choeur de l'église,
en biais. Le concert débuta par le Exsultate Jubilate de Mozart, joué par l'orchestre et interprété
par Marianne Assayag, extraordinaire soprano, dont la voix avait le pouvoir de provoquer le
silence total de l'auditoire, même juvénile. Je n'ai pas filmé de solistes, eu égard au problème
rencontré après le dernier concert auquel j'ai assisté en l'église de la Madeleine. Après des
applaudissements chaleureux et mérités, le choeur se mit en place derrière les instrumentistes.

La messe en ut mineur de Mozart est la dernière œuvre que j'ai chantée aux Choeurs de Paris 13,
en 2016, et j'étais très heureuse de l'entendre à nouveau. J'aurais dû emporter la partition, je ne le fais
jamais, ça fait un peu prétentieux, mais en l'occurrence, j'aurais apprécié de pouvoir m'y référer, n'ayant chanté
cette œuvre qu'une fois en concert, l'ensemble de l'oeuvre n'était pas aussi présent à mon esprit que souhaité !
Je remarquai tout de même qu'il n'y eut pas de Qui tollis (le morceau le plus épuisant de cette messe, à
deux choeurs, tendu et violent, obsessionnel, plutôt pour des voix d'adultes que d'enfants), ni d'Agnus Dei,
car la messe dans sa version originale en était dépourvue. L'Agnus Dei chanté
actuellement, parfois, est le miroir du Kyrie du début de l'oeuvre, postérieur à Mozart.
Voici un extrait du Kyrie, non retouché, faute d'outil de traitement des vidéos :
Le Kyrie fut très beau, souligné par la jeunesse des voix de premières sopranes, bien aptes à faire
joliment les sols aigus piqués, premières sopranes qui dominaient d'ailleurs les secondes
sopranes dans le Gratias à cinq voix, après le Gloria. Le Quoniam fut un extraordinaire duo de
sopranos, rejointes par le ténor solo, mais les voix féminines accaparaient l'attention auditive,
tant le duo était remarquable. Le Jesu Christe, bref, à quatre voix du choeur, fut enchaîné
avec le Cum sancto spiritu, dont voici un extrait vidéo, lui aussi non retouché :
Dans le Credo à cinq voix, on retrouva la difficulté... de chanter à cinq voix (les deuxièmes sopranes ont
une voix inconfortable, coincée entre les premières sopranes qu'on entend car leur hauteur passe par-dessus tout
le reste du choeur, et les alti qui ont l'habitude de se faire entendre dans le grave. Mais leur voix est musicalement
indispensable). Le choeur se sortit fort honnêtement du Credo un peu piégé. La partie Crucifixus
ne fut pas chantée (c'est une œuvre qui présente plusieurs aménagements, où chacun choisit sa version). Et ce fut
le tour du dernier morceau de bravoure de l'oeuvre, l'apothéose, le Sanctus à double choeur,
mise en voix précédant la double fugue du Osanna à double choeur, dont la difficulté
est de placer sa phrase musicale au bon endroit, pour chacun des huit pupitres.

Ce fut chanté tout à fait honorablement et joliment, avec les départs et les arrivées, bravo à Frédéric
Loisel qui a obtenu ce résultat, et aux jeunes choristes qui y sont parvenus, bravo aussi aux choristes
plus entraînés qui les ont soutenus et ont assuré les fondements du choeur. Le Benedictus fut chanté
par les solistes, puis le Osanna à deux fois quatre voix fut repris, et le concert se termina ainsi, sur cette
envolée du double choeur. En résumé : un concert très agréable présentant une œuvre chorale
ambitieuse et difficile pour un jeune choeur, bien maîtrisée, et de très belles voix, tant dans le choeur
que dans les soli. Les musiciens de l'Académie étaient très bons comme à l'accoutumée (je chante
avec eux lors du Festival de Musique en l'Ile tous les étés depuis 2011). Les parents des enfants de la Maîtrise
et les proches des choristes et musiciens étaient debout à les applaudir (Saint-Louis en l'Ile est
une église chaleureuse) quand je ressortis, à la fin du concert, vers 17h35. La neige tombait à nouveau.
En passant derrière Notre-Dame, le gardénia en fleurs roses était couvert d'une fine pellicule immaculée.

J'ai repris le RER peu après, et suis rentrée chez moi sous les flocons.
Sylvie, blogmestre