Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog d'une choriste parisienne vagabonde
J'étais hier soir au deuxième concert de l'Orchestre de Paris, sous la direction de Jonathan Nott,
proposant le premier concerto pour piano et orchestre de Ludwig van Beethoven, interprété par
Piotr Anderszewski, et la neuvième symphonie de Franz Schubert.
Sur le quai de la gare RER d'Arcueil-Cachan, et tout le long du trajet jusqu'à Châtelet, la crue a raréfié les passagers.
Après les deux passages du train dans ses tuyaux sous la Seine, la fréquentation revient à l'habituelle.
C'est vrai que l'idée des tonnes d'eau supplémentaires au-dessus de nos têtes peut dissuader certains.
Mais la salle de concert est pleine. Je suis placée au premier rang, juste derrière la scène.
L'orchestre comprend une soixantaine de musiciens, il est en formation moyenne.
Pour la première partie, un piano à queue trône à l'avant de la scène.
Je connais très bien les deux oeuvres de la soirée, mais le concerto (1795) me désarçonne un peu par
son interprétation, que j'aime beaucoup, mais qui ne m'est pas familière. Piotr Anderszewski, excellent,
accompagne vocalement son piano par moments dans le feu de l'action, ça surprend. Je ressens surtout une sorte
de désarticulation musicale, peut-être due au premier rang de l'arrière-scène, je me souviens avoir déjà rencontré
cette sensation à une place voisine de la même rangée. Le pianiste est très applaudi et nous joue un bis.
Je connais encore mieux la neuvième symphonie de Schubert (1825), qui a déjà fait l'objet d'un
article dans ce blog. Elle dure près d'une heure, c'est, à l'époque, la plus longue symphonie jamais
écrite, quoiqu'elle ne comporte pas plus que quatre mouvements. Posthume, et en ut majeur.
C'est l'avant-dernière symphonie écrite par Schubert, et sa dernière symphonie complète.
Le compositeur, déjà malade depuis 1822, contractera vraisemblablement la typhoïde qui l'emportera en deux
semaines en 1828, juste avant son trente-deuxième anniversaire. Rien de cette fragilité ne transparait dans
la symphonie, qualifiée par le livret de "clé de voûte du romantisme", qui rappelle que Schubert
écrivit sa 9è symphonie à l'âge qu'avait Beethoven quand il écrivit la première.
Je ne ressens plus la sensation de désarticulation musicale pendant la symphonie, tant mieux.
Ce fut une très belle soirée, dirigée avec virtuosité par Jonathan Nott, qui ne s'épargna pas.
L'effort physique fourni était visible à la fin de la symphonie (je ne sais pas s'il a dit "ouf!" comme je le fais
après l'épreuve d'endurance que constitue la participation vocale à un concert...). J'ai d'ailleurs constaté pendant
ce concert que les instruments les plus fatigants physiquement, que sont les cuivres, sont rarement joués par
des femmes, qui préfèrent les instruments à cordes petits à moyens, et les instruments à vent légers.
Le concert se termina vers 22h50, avec les saluts, j'ai repris le métro à 22h54 Porte de Pantin, et suis passée
par la Gare d'Austerlitz pour voir où en était la Seine... Rentrée chez moi un peu après minuit.
Sylvie, blogmestre
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