Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!

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Danses et extase

Hier soir, dans une grande salle très pleine, j'ai entendu l'Orchestre de Paris à la Philharmonie,

sous la direction de Jonathan Garlington, pour une soirée de musiques dansantes.

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Danses et extase

Etant en petite forme à la suite d'un refroidissement, j'ai préféré occuper un siège vide en bout de rangée

que ma place d'origine qui était en milieu de rang, afin de pouvoir sortir sans déranger personne le cas échéant.

J'ai occupé la place B23 du premier balcon, qui était libre. Voici l'orchestre de Paris vu de cette place:

Danses et extase
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Le programme de la soirée proposait le Prélude à l'après-midi d'un faune de Claude Debussy,

et la Tragédie de Salomé de Florent Schmitt en première partie, puis Roméo et Juliette

de Sergueï Prokofiev, suivi du Boléro de Maurice Ravel en deuxième partie.

Danses et extase

Stéphane Mallarmé était un poète français du XIXè siècle qui fascinait les musiciens. En 1890, il

rencontra Claude Debussy, et lui demanda une musique de scène pour un projet théâtral autour de

« L'après-midi d'un faune », églogue de sa plume, en cent-dix alexandrins. La pièce ne se fera pas,

mais l'oeuvre musicale, un prélude, sera créée en 1894, dans laquelle les désirs et les rêves du faune

prennent vie sous le soleil symboliste de l'écriture du musicien, introduits par un solo de flûte en

altérations, comme une musique de charmeur de serpents s'élevant dans la luxuriance chaude de l'été.

En 1912, le danseur et chorégraphe russe Nijinski créera un ballet sur cette musique (que le Théâtre

des Champs Elysées a programmé au début du mois). Voici la petite musique du faune...
 

 

La Tragédie de Salomé fut créée en 1907 par Florent Schmitt, comme musique de scène, et sera par

la suite orchestrée par le compositeur en 1910, proche de Debussy dans l'orchestration. L'oeuvre a

été dédiée à Igor Stravinski, et par certains aspects, annonce le Sacre du Printemps. En 1907,

l'opéra « Salomé » de Richard Strauss avait été donné à Paris, et Schmitt, qui l'admirait beaucoup,

accepta avec enthousiasme la commande d'une musique de ballet sur un poème évoquant

l'histoire de Salomé, selon le nouveau Testament. Elle était la fille d'Hérode, et voulait la tête de Jean

le Baptiste. Pour convaincre son père, elle se livra à la danse des sept voiles, et l'obtint. Mais le ciel lui

tomba sur la tête, la sienne, et elle périt d'avoir fait tuer Jean. L'oeuvre de Florent Schmitt est une

suite symphonique décrivant les danses de Salomé, des perles du début, à l'effroi de la fin.

Danses et extase
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Le ballet "Roméo et Juliette" de Prokofiev qui ouvrait la deuxième partie du concert avait connu une

gestation difficile. Le sujet avait été refusé par le Kirov de Leningrad, puis la musique par le Bolchoï,

c'est finalement un théâtre de Brno en Tchécoslovaquie qui créera l'oeuvre avec succès en 1938. Le

ballet est composé de trois suites symphoniques, celle qui nous a été proposée était la deuxième.

L'histoire est celle des Capulets et Montaigus, jusqu'à l'adagio funèbre. Ironie de l'histoire du ballet,

l'image ci-desous vient du Bolchoï, qui a finalement admis que la musique de Prokofiev était "dansable".

 


Le concert se terminait par le Boléro de Maurice Ravel, créé en 1928 à Paris, dont son auteur disait

que c'était son seul chef d'oeuvre, mais qu'il était vide de musique... C'est encore une flûte qui ouvre

le bal, pardon le ballet des instruments qui se superposent les uns sur les autres, sur le rythme

obsédant marqué par la caisse claire. La mélodie (ci-dessous le début), ne change pas, mais

l'orchestration gonfle, et va crescendo, faisant monter une tension, jusqu'à l'éclatement de la bulle

musicale à la fin, sur ce qui ressemble à un gros canard collectif. Pour Ravel il s'agissait d'un

exercice d'orchestration, créant un nouveau timbre, à partir des timbres de base, sans

changer la cellule mélodique reprise à leur tour par chacun des instruments.

Cette musique doit être hypnotique, car elle a déchaîné le public!

Ce concert sera redonné ce soir, il sera aussi diffusé en direct, entre 20h30 et 22h30 environ

sur Radio Classique. Si vous aimez le Boléro, je vous conseille de le guetter ce soir,

aux environs de 22h10, il vaut le coup d'oreille. Le chef avait une direction précise et nerveuse,

ce concert était un régal. Jonathan Darlington, Directeur musical de l'Opéra de Vancouver, est

un chef magnifique. L'Orchestre de Paris étant magnifique aussi, la soirée fut splendide.

Jonathan Darlington devant les violons et violoncelles (et la caisse claire du Boléro)

Jonathan Darlington devant les violons et violoncelles (et la caisse claire du Boléro)

Sylvie, blogmestre

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