Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!

Publicité

Miranda

Hier soir, j'ai fait la connaissance de l'Opéra comique de Paris, que jusque là je ne connaissais que de nom.

On y donnait Miranda, semi-opéra d'après Shakespeare et Purcell, conçu par Raphaël Pichon,

Katie Mitchell (mise en scène), et Cordelia Lynn (livret), et interprété par l'ensemble Pygmalion.

Publicité
Miranda

J'avais réservé une place au Paradis... comme il n'était pas plein, nous avons pu nous replacer

comme nous voulions. Je me suis assise deux minutes avant le début du spectacle,

ayant eu un peu de mal à trouver l'opéra (je n'avais bêtement pas emporté de plan).

Voici la vue sur la scène depuis ma place au Paradis:

Miranda
Publicité

Le spectacle est conçu comme un prolongement de "La Tempête" de Shakespeare, dont on

reconnait à la fin la citation "O, Brave new world, that has such people in it", qui inspira Aldous Huxley

lorsqu'il baptisa son roman "Brave New World" (le titre français du livre est "Le meilleur des mondes").

Miranda

"La Tempête" est la dernière pièce de théâtre de William Shakespeare (1564-1616). L'auteur y a

décrit Prospero, duc de Milan déchu et sa fille Miranda vivant sur une île mystérieuse. Prospero a

des pouvoirs magiques, et il y a des esprits sur l'île. Prospero provoque une tempête, afin que le

roi de Naples, son ennemi, qui passait en bateau à proximité, s'échoue sur l'île. Après avoir été plongés

dans les illusions et les épreuves, ils se réconcilieront, et cette réconciliation se fera autour des

noces en Italie de Miranda et Ferdinand, le fils du roi de Naples. Ici s'arrête Shakespeare.

Miranda
Publicité

Le semi-opéra se situe dans une église anglaise. Toute l'assemblée est vêtue de noir, pour les

funérailles de Miranda, qui est partie en bateau et n'est pas revenue. On dit qu'elle s'est suicidée.

Sont présents aux obsèques Prospero et sa jeune épouse Anna, qui est enceinte, ainsi que

Ferdinand, le mari de Miranda, Anthony, leur jeune fils, et un pasteur. Le cercueil, vide, est installé,

entouré de couronnes de lys. Soudain une femme jeune en robe blanche de mariée fait irruption

dans l'église, clamant qu'elle va raconter la vraie histoire de Miranda, exilée d'abord sur l'île,

puis subissant des violences, et mariée encore enfant à Ferdinand. Elle est accompagnée d'une

petite troupe d'acteurs portant des masques anonymes. Anna renchérit, elle aussi est malheureuse

avec Prospero. Ferdinand se repent mais Prospero refuse d'admettre sa responsabilité. Miranda

part avec son mari et son fils, et Prospero se prend à rêver d'une île où toutes les créatures

seraient heureuses, dévasté par les révélations de sa fille, et songeant au suicide.

Miranda

Le semi-opéra allie du texte shakespearien ou néo-shakespearien, écrit par Cordelia Lynn, à de la

musique baroque, avec une mise en scène contemporaine, mais pas trop, qui tient du thriller.

Il y avait un choc culturel entre le caractère baroque lisse de la musique de Henry Purcell, et la

rugosité du verbe de la Renaissance utilisé par William Shakespeare, le résultat était surprenant.

Dans un opéra, le compositeur crée une musique qui accompagne le texte. Mais dans un film, une musique peut

jouer trois rôles: accompagner l'image, contrarier l'image, ou être neutre. Chaque combinaison d'effets

est ressentie différemment puisque c'est la résultante image-musique que le spectateur-auditeur perçoit.

Dans cette création, la superposition de Shakespeare et de Purcell m'a paru relever plutôt d'une

conception cinématographique, ce qui était très intéressant sur le plan créatif !

Miranda

Ce fut, comme toujours avec l'ensemble Pygmalion, brillamment interprété. Le choeur et les solistes,

devant, sont ci-dessus, le jeune garçon appartient à la Maîtrise populaire de l'Opéra comique.

Ci-dessous, une photo des chanteurs et de Raphaël Pichon (en chemise blanche), sur la scène,

et de l'orchestre dans la fosse, un peu sombre et un peu loin pour la définition de l'appareil photo.

Miranda

Le semi-opéra durait environ 1h45, il y a d'autres représentations, que je vous recommande

chaudement, on passe une très belle soirée, et l'attention est captée d'un bout à l'autre.

Le spectacle a été très applaudi, avec rappels, jusqu'à ce que le rideau ne se relève plus.

Je suis ressortie vers 21h50 de l'Opéra comique, et ai repris le métro à la station Richelieu-Drouot à 21h52*

 

Sylvie, blogmestre

 

Miranda
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article