Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
C'était hier soir à la Philharmonie, Le Staatskapelle Berlin sous la direction de Daniel Barenboïm
interprétait la 8è symphonie de Bruckner. Ci dessous le billet acheté d'occasion, et ma place dans
la grande salle, au milieu du premier rang de l'arrière scène, c'était très impressionnant.
La Philharmonie continue le cycle Bruckner Mozart commencé l'an dernier avec Daniel Barenboïm
et la Staatskapelle Berlin (saviez-vous que cette formation musicale s'appelait jusqu'à la Première
guerre mondiale Königlich Preussiche Hofkapelle, c'est-à-dire Chapelle royale de la Cour de Prusse?)
La 8è symphonie de Bruckner est un monument musical en 4 mouvements, pour gros orchestre.
Je l'avais entendue au Théâtre des Champs Elysées l'an dernier, l'article est ici. Il y a un excellent
article sur Wikipedia, auquel je vous renvoie pour les détails musicaux, n'ayant pas les connaissances
pour écrire tout cela aussi bien, c'est ici. En revanche, je peux vous parler de l'orchestre et du chef...
Daniel Barenboïm dirige la Staatskapelle Berlin depuis 25 ans. Il dirigeait sans noeud papillon, avec
chemise blanche ouverte dans son habit de concert noir. J'avais souffert pour Daniel Harding, quelques jours
plus tôt, dirigeant sanglé pendant deux heures en costume et noeud papillon... La symphonie de Bruckner s'ouvre
par un allegro moderato. De ma place, juste derrière les contrebasses, percussions, tuba et Tuben,
je voyais les pupitres se répondre, ce qui constituait un spectacle captivant, puisqu'à un mètre près
j'étais dans l'orchestre. Cependant sur le plan de l'appréciation symphonique, cette proximité
manquait du fondu optimal des instruments. J'entendais les pupitres individuellement, j'y ai gagné
en spectacle, mais perdu en construction musicale (que le compositeur s'est quand même évertué à réaliser).
Je crois qu'il est important de le savoir lorsqu'on choisit sa place, une très grande proximité
avec les instruments parcellise la perception que l'ouïe a de l'orchestre.
J'étais tellement absorbée dans la contemplation de l'orchestre par pupitres se renvoyant
les notes comme des balles, que je regardais moins le chef, qui habituellement me captive.
Je finis quand même par suivre sa gestuelle, très expressive, et dans laquelle il mettait une
énergie considérable, ce qui est quand même extraordinaire, car il connait son ensemble depuis
un quart de siècle, et pourrait les diriger d'un battement de paupières, je suppose. Il pourrait
s'économiser, mais pas du tout. En fait, en déployant toute cette énergie, il contraignait les notes à
lui obéir, et tenait l'auditoire en haleine, sous le charme. C'était une sorte de bataille entre lui et la
musique, pour la plus grande gloire d'Anton Bruckner, et le plus grand plaisir de la salle mélomane.
Après presque deux heures de recueillement, ce fut l'expression du public, debout, très nombreux,
toujours transporté par cet ensemble et son chef (chapeau bas pour les deux!)
Une petite vidéo de la fin des saluts, brute, que je n'ai pas encore eu le temps de monter.
Une très belle soirée, d'autant que mon voisin de droite était un fan absolu de Bruckner, qui connaissait toutes
les variations de la symphonie et parlait de la Totenuhr (l'horloge de la mort, à la fin du premier mouvement)
avec de l'émotion dans la voix. Nous sommes ressortis de la salle après de multiples rappels.
J'étais arrivée vers 20h14* et suis repartie vers 22h25. La symphonie a duré environ 1h 45 minutes.
Sylvie, blogmestre
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