Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Hier soir, j'ai traversé Paris, les contrôles, palpations, cordons de CRS, pour aller entendre
le 3è et dernier concert à Paris du groupe anglais pop-rock Coldplay, au Stade de France.
Quoi que l'on aille y faire, le Stade de France est en soi un spectacle. J'avais jeté un coup d'oeil sur les
critiques des deux premiers concerts, et savais que le groupe commencerait à jouer après 21h. Nous étions
conviés à 19h, et même à partir de 17h (!), mais je pris mon temps pour aller à Saint-Denis, et, vu le prix élevé
du billet de RER Arcueil-La Plaine Saint-Denis (5,10€ l'aller), je choisis d'acheter plutôt une semaine
de passe Navigo, en gare d'Arcueil à 19h23, lors de mon départ.
Je n'ai pas acheté de billet en plus, on peut vérifier, je pense sur le compte du-dit passe que je suis arrivée à La
Plaine Saint-Denis vers 20h15, et que j'en suis repartie vers 23h30. A l'arrivée de la station de RER, on nous informa
qu'il fallait acheter tout de suite nos billets RER de retour, car nous ne pourrions plus le faire en ressortant.
J'avais acheté une place d'occasion, sur laquelle le vendeur avait opéré un rabais de 30€ (voir attestation d'achat*).
Le prix d'origine était voisin de celui que j'avais payé pour le concert de Paul Mc Cartney, dans ce stade, en 2015,
où j'étais alors mieux placée, plus bas, de face, sans clôture. Je me suis posé des questions...
J'étais sur la dernière rangée, dos au mur, mais je voyais la scène sans treillage, ce qui n'était pas le
cas de mes voisins de gauche, une jeune couple qui me fit rapidement remarquer que je n'avais
"pas de bracelet". Les autres spectateurs avaient un bracelet connecté distribué à l'entrée qui s'éclaira
de lueurs colorées changeantes au fil de la soirée (voir plus loin sur la vidéo). On ne souhaitait peut-être
pas que je rapporte un souvenir de ce concert? Voici les bracelets en action, à vos LED, toutes !
A mon arrivée à 20h+, mettons 20h30, en comptant les contrôles et filtrages, une jeune fille en lederhose de
simili-cuir échancré et sexy, porté avec des bas noirs à ramages, occupait la scène, en première partie (Tove Lo,
je crois). Les CRS dehors trouvaient la sono un peu violente quand j'étais passée devant eux. Je sortis mon
pique-nique pendant ce prélude, c'est l'avantage du stade: on peut manger sur place.
Vers 20h45, le stade bascula dans la ola pour une bonne demi-heure.
Puis on nous donna des instructions pour télécharger l'application
"Hypnotized" (ce n'est pas un gag) qui permettait de créer des relais d'allumage des bracelets.
Ci-dessus l'effet bracelets lumineux, et un extrait du concert, que je qualifierais de psychédélique-
onirique-rythmique. Musique assez basique, facile à chanter par la foule, sono très puissante,
effets visuels nombreux, amplifiés par la multitude, un concert 3.0, paillettes et feux d'artifice, lasers,
ballons, LED, un spectacle sur mesure pour tous les smartphones présents.
Je ne connaissais pas ce groupe. Il m'a semblé être un grand héritier, des Blur, Oasis, et autres
groupes de pop-rock anglais des années 90, avec un import de type disco non négligeable, pour
les pulsations et les effets lumineux, un héritier qui a le sens de ce qui plaît à la foule,
intelligent, qui sait utiliser l'engouement du public pour les objets connectés, et se sert de sa
participation pour améliorer le spectacle... Je me pris à imaginer le public de l'opéra Bastille équipé de
bracelets à LED, balançant les poignets dans la barcarolle des Contes d'Hoffmann (génial, non?)
Voici une deuxième vidéo, je ne peux pas nommer les morceaux, je n'en connaissais aucun (à part
une citation rapide d'Amazing grace...) Pour moi, cela tient davantage du spectacle son et lumières que du
concert, par moments on se serait cru dans une gigantesque boîte de nuit à ciel ouvert, mais les sièges gênent pour
danser! Une suggestion, qui est le miroir de ma boutade sur l'utilisation des LED dans l'opéra classique: un surtitrage,
comme cela se fait à l'opéra, eut été bien utile, car la puissance de la sono et la distortion du son rendaient les
paroles incompréhensibles, et je n'ai pas pu apprécier la poésie des lyrics vantée par les chroniqueurs musicaux.
Coldplay est un groupe formé de quatre musiciens, dont le leader chanteur compositeur est
Chris Martin, qui a clairement du charisme. Le groupe fut formé dans les années 90, et prit
graduellement de la notoriété et du succès. Le chanteur, qui parle français (un peu) nous raconta.
Il nous dit aussi combien il était content d'être à Paris, et qu'il nous remerciait pour les panneaux que
les fans de la pelouse brandissaient devant lui, nous citant des propositions aguichantes (?)
D'après ce que j'ai pu lire, Coldplay serait un groupe engagé dans les bonnes actions. Cependant,
à aucun moment je n'ai ressenti hier l'émotion qui m'avait saisie dans ce grand stade en écoutant
chanter Mc Cartney (je ne suis pas revenue depuis). Je n'ai pas senti les musiciens émotionnellement
impliqués dans une relation avec le public, leur implication consistait à réussir le show, pas à
nous transmettre quelque chose, une expérience personnelle, un enseignement.
Ce fut une soirée agréable et spectaculaire, mais en ce qui me concerne, un peu superficielle. Le concert se termina
vers 23h20, soit deux heures après son début. Je pensais qu'il s'agissait d'une fausse sortie, comme font tous les chanteurs,
et entrepris de partir du stade pour éviter de tenter de prendre le RER avec 80.000 personnes... Ce n'est qu'à
l'extérieur que j'entendis qu'il n'y avait pas de rappel... Ceci recoupe ce que j'ai écrit plus haut sur l'impression d'absence
d'émotion partagée entre le groupe de musiciens et le public. Le public était resté en place à 95%, sûr qu'il y aurait
des bis... et il n'y en eut pas. Mc Cartney, qui a 30 ans de plus, chantait en concert pendant 3 heures.
Pour des places aussi chères, Coldplay chantait deux heures et ne faisait pas de rappel. Générosité?
Je pus monter dans le premier RER qui s'arrêtait à Arcueil-Cachan, où j'arrivai juste après minuit, non sans avoir
envoyé un message de la première gare à ciel ouvert possible, Port-Royal, pour dire où j'étais, vers 23h50.
Sylvie, blogmestre