Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Hier soir, j'ai assisté à la dernière représentation de Wozzeck, d'Alban Berg, à l'Opéra Bastille.
Ce fut une heureuse surprise. Je redoutais un peu la musique atonale de l'oeuvre, mais j'ai été
séduite par l'énergie sauvage quoique savante qui s'en dégageait, et par le réalisme brutal
de la pièce de Georg Büchner dont cet opéra est inspiré. J'étais placée au dessus de l'orchestre,
au coin de la plus haute galerie côté jardin, une sorte de nid d'aigle, voyant l'avant de la scène et l'orchestre.
L'oeuvre est écrite pour un gros orchestre. De fait, les musiciens étaient très serrés à l'intérieur
de la fosse, j'ai compté 4 flûtes, 4 hautbois, 4 clarinettes, 1 saxophone, 4 bassons, 5 trombones,
des trompettes, un tuba, 2 harpes, des cymbales, un tambour, beaucoup de cordes...
Ca ne devait pas être facile pour eux !
Les petites fiches de spectacle quotidiennes sont distribuées aux niveaux principaux, je vais habituellement en
chercher une avant le spectacle ou à l'entracte, mais il n'y avait pas d'entracte. Je n'en ai donc pas eu.
J'ai admiré les chanteurs, qui avaient eux aussi des parties atonales, de style "parlé-chanté",
ce qui m'a semblé beaucoup plus difficile que de s'insérer dans un opéra mélodique classique.
L'opéra de Berg, en quinze tableaux, a été créé à Berlin en 1925. L'oeuvre littéraire Woyzeck de
Brüchner datait de 1837, et sera popularisée par Brecht. C'est précisément à Brecht que j'ai pensé
en voyant l'opéra de Berg. Et aussi à Fritz Lang, et ses créatures manichéennes et exaltées.
Berg, Brecht, et Lang étaient contemporains dans l'Allemagne des années 1920.
L'intrigue est la suivante: Wozzeck est un soldat, père d'un enfant, qu'il a eu avec Marie, sa compagne,
sans être marié. Il a des visions, et s'exprime avec une certaine violence dans l'expression. Deux
autres soldats interviennent, un capitaine qui tente de raisonner Wozzeck, et un tambour-major,
qui profite de son absence pour séduire Marie. Wozzeck est "soigné" par un médecin qui l'a mis au
régime mouton-haricots secs pour l'empêcher d'uriner dans la rue... Le praticien ambitionne de
devenir une gloire de la recherche médicale ! Mais Wozzeck se détraque de plus en plus du
cerveau, il voit rouge, du sang. Et le tambour-major est vantard. Le médecin et le capitaine
renseignent Wozzeck sur l'infidélité de Marie, le rendant encore plus fou qu'il n'est déjà (on sent
très bien sa folie monter dans l'opéra). Wozzeck poignarde Marie, et l'abandonne. Margret, l'amie
de Marie, voit du sang sur le bras de Wozzeck, revenu à la vie sociale, et il s'enfuit à nouveau.
Il y avait aussi des instruments sur scène. Selon la documentation, une fanfare et un groupe musical
contenant un accordéon (c'est ce que je voyais de ma place). Le décor ressemblait, toujours de ma place,
à une cantine sise dans un hangar. Vocalement, Marie (Gun-Brit Barkmin) et Wozzeck (Johannes
Martin Kränzle) dominaient le spectacle. Ils furent très applaudis. L'Orchestre et les Choeurs
de l'Opéra national de Paris étaitent dirigés avec .énergie par Michael Schonwandt.
L'opéra a duré 1h40 environ. Nous sommes ressortis vers 21h15, et j'ai repris le métro vers 21h21 *
Sylvie, blogmestre
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