Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Il y avait hier soir à la Philharmonie le 2è concert "Résurrection", présentant la 2è symphonie de
Gustav Mahler (ce qui semblait adapté pour le soir de l'Ascension...) donné par l'Orchestre de Paris
et son choeur, sous la direction de Daniel Harding. J'arrivai à la Philharmonie sous le soleil.
Ma place était au 2è balcon, 6è étage, de trois quarts face, tout en haut de la salle.
Ayant bizarrement froid (?!) à mon arrivée, je pris le temps d'un chocolat chaud au bar, avant d'aller m'installer.
Comme vous pouvez le voir, c'était une symphonie requérant de gros effectifs musicaux !
Voici les musiciens et les choristes installés, avant le concert:
Le choeur était disposé à l'arrière de la scène, avec les voix d'hommes sur les trois rangs inférieurs,
tandis que les voix de femmes occupaient les trois rangs supérieurs. Habituellement c'est l'inverse, mais
la disposition n'est pas confortable pour le rang féminin qui est juste devant les voix masculines, plus puissantes.
Ci-dessus le centre du choeur (il y avait aussi des choristes sur les côtés).
La 2è symphonie de Mahler a une histoire pleine de rebondissements. En 1888, Mahler écrit un
poème symphonique intitulé "Totenfeier" (Fête des morts), qu'il présente en 1891 au chef d'orchestre
Hans von Bülow, qui rejette l'oeuvre. En 1892, Mahler écrit les premiers Lieder du cycle Des Knaben
Wunderhorn. Il projette alors d'écrire une très grosse symphonie, avec choeurs, et décide de faire
de la Totenfeier le premier mouvement de cette oeuvre. La 2è symphonie commence donc par une
marche funèbre. Elle est en cinq mouvements. En 1893, le compositeur écrit le deuxième mouvement,
andante moderato (la marche funèbre était allegro maestoso!), puis le 3è, qui est un scherzo élargi
à tout l'orchestre. Dans le 4è mouvement, qui prépare le finale choriste, il place un lied issu du
Knaben Wunderhorn, pour voix d'alto solo. En 1894, von Bülow décède, et lors de son enterrement,
auquel Mahler assiste, un choral de Klopstock évoquant la résurrection lui fournit le motif et la raison du
finale de sa deuxième symphonie ! Il boucle le 5è mouvement, choral et scherzo, en trois semaines.
La symphonie fut jouée d'une traite, sans entracte. La soliste alto qui intervenait dans les deux
derniers mouvements était Wiebke Lehmkuhl, la soliste soprano du dernier mouvement était
Christiane Karg (déjà entendue dans "Le Paradis et la Péri" de Schumann et le Requiem de Brahms, par le même
orchestre et son choeur pendant la saison 2016-2017). Deux très belles voix. Les paroles des 4è et 5è
mouvements figuraient sur le livret, en allemand et traduites en français. Après la marche funèbre
constituant le 1er mouvement, il y eut une minute de silence voulue par le compositeur, qui nous fut
annoncée à l'avance (le concert était aussi dédié aux victimes de Manchester, comme celui de la veille).
Ci-dessous les deux solistes, la soprane à gauche, l'alto à droite.
Les trois premiers mouvements, instrumentaux, sont intéressants mais pas aussi marquants de mon
point de vue, que, par exemple ceux de la première symphonie qui avait précédé celle-ci dans l'oeuvre
de Mahler. En revanche, le 4è mouvement fait monter l'attraction. Le 5è mouvement utilise un procédé
que Mahler reprendra dans sa troisième symphonie, il délocalise des cors dans les coulisses,
à l'arrière de la scène (le public cherche partout d'où proviennent ces sons...). Puis les choristes, assis,
chantent intérieurement (au point que j'ai cru qu'il y avait aussi des choristes délocalisés!) avec la soliste.
Ensuite, les choristes se lèvent et la puissance du choeur éclate, nous explose à la figure, soutenue
par l'orchestre et les percussions dont les roulements sont impressionnants. Nous l'avons
attendu toute la soirée, mais le finale valait vraiment le coup d'être là !
Ci-dessus le chef d'orchestre, Daniel Harding, qui fut très applaudi et rappelé. Nous avons aussi vu
Lionel Sow, chef du choeur, qui est monté sur scène à la fin du concert. Le concert s'est terminé vers
22h15, nous sommes ressortis vers 22h20, et les ennuis ont repris dès la Gare du Nord, un 3è incident au
Blanc-Mesnil cette fois, ayant perturbé le RER B. Je suis arrivée chez moi vers 23h40, par le seul train
qui desservait Arcueil entre 22h30 et minuit, une chance que je l'aie eu!
Sylvie, blogmestre
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