Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
J'étais hier soir au concert de la Philharmonie, donné par l'orchestre de Paris, sous la direction
de Thomas Hengelbrock. Nous sommes arrivés sous une pluie battante Porte de Pantin !
Il pleuvait tant que j'ai renoncé à sortir l'appareil photo pour immortaliser la cohorte de parapluies...Ma place
était au premier balcon, dans une zone que je n'avais connue qu'une fois, la première, en 2015.
Le programme se composait de Daphnis et Chloé de Maurice Ravel, de 7 chants d'Auvergne
(en auvergnat) de Joseph Canteloube, et des Tableaux d'une exposition de Modest Moussorgski,
dans l'orchestration de Maurice Ravel. Je n'ai pas compris quel fil rouge liait Canteloube à Ravel et
Moussorgski, mais ces chants en auvergnat étaient amusants entre les deux pièces symphoniques. J'ai noté avec
intérêt que "peuchère" se dit "pécaïre" en auvergnat comme en provençal, ce que je n'aurais pas soupçonné...!
Les possesseurs d'un carnet de chants populaires français doivent être familiers du nom de Canteloube, c'est lui qui
les a collectés et fait publier, j'en avais un recueil quand j'étais adolescente, pour chanter aux feux de camp.
J'ai égaré le livret de ce concert, ce qui explique en partie le temps que j'ai mis à en reprendre la rédaction.
L'orchestre fit une très belle interprétation du poème symphonique Daphnis et Chloé. Comme dans
le Requiem de Brahms dans lequel je l'avais vu diriger pour la première fois, Thomas Hengelbrock
se révéla inspiré, passionné, ardent, communiquant sa fougue à l'orchestre.
Les chants d'Auvergne de Canteloube furent interprétés par une soliste, soutenue par un effectif réduit
de musiciens. Il aurait été bienvenu de les traduire aussi en anglais, car les auditeurs parlaient fort peu l'auvergnat,
et certains ne comprenaient pas le français, ce qui les rendaient imperméables aux textes, vieilles chansons des
provinces, qui sentaient bon la campagne et la malice. Mais le clou de la soirée, que nous attendions tous,
c'était l'oeuvre de Moussorgski, écrite pour piano, et magistralement orchestrée par Ravel.
Tellement magistralement que l'on peine à imaginer une pièce aussi extraordinaire sur un seul instrument!
Ci-après le début de l'original au piano
L'idée qui sous-tend ce poème symphonique est la suivante: un visiteur se promène dans une galerie
de tableaux, et ses impressions sont évoquées par une série de mouvements musicaux.
Dans cette promenade, on rencontre un gnome, des catacombes, des poussins, un vieux château,
une cabane à pattes de poule, et... la Grande Porte de Kiev, majestueuse, qui est la reine de tous
les tableaux. C'est par son évocation que l'oeuvre commence, on la voit d'abord de loin, puis elle se
rapproche (le visiteur doit la voir en perspective entre deux autres tableaux). Quand il arrive au bout
de sa promenade, la Grande Porte de Kiev s'impose de toute la puissance de son architecture.
Les percussions étaient très présentes dans ce concert, avec huit percussionnistes dans Daphnis
et Chloé, et six dans les Tableaux d'une exposition. En vedette, la cloche des dernières évocations
de la Grande Porte de Kiev (une belle cloche d'église retournée, bien fixée à son support).
Les Tableaux d'une exposition, au final percussionnant et carillonnant, donnèrent
des frissons dans le dos à toute la grande salle !
Le concert fut magnifique, très applaudi. Il y eut un bis, une valse, dont le nom me reste à trouver
(je cherche toujours... si quelqu'un sait, un petit commentaire svp, c'était une valse connue!)
Quand nous sommes ressortis, vers 23h, la pluie avait cessé, Moussorgski et Ravel avaient ramené
les éléments du ciel à la modestie en faisant plus de bruit qu'eux!
Sylvie, blogmestre
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