Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Il y a deux jours, j'avais eu la chance de trouver une place, à un prix abordable, pour l'opéra comique
de Hector Berlioz, Béatrice et Benedict, inspiré de la comédie Much ado about nothing (Beaucoup
de bruit pour rien) de William Shakespeare, qui se donne actuellement au Palais Garnier.
J'arrivai hier soir vers 19h10, et me glissai à la fin d'une file d'attente, devant le Palais Garnier.
Ma place était à l'amphithéâtre, à l'avant-dernière rangée, sous le plafond de la grande salle.
On voyait très bien, à la fois la scène et l'orchestre, dirigé par Philippe Jordan. En revanche le confort
était pire que dans mes souvenirs! L'amphithéâtre étant, comme le reste du Palais Garnier, classé, il n'est pas
réaménageable pour s'adapter à la taille actuelle des spectateurs, quoique les sièges aient été prévus a minima de
celle de nos ancêtres, au XIXè siècle de sa construction. Mais, rendons justice à Garnier, on y voit très bien!
J'ai eu encore plus de chance que je pensais car je découvre que j'ai assisté à la première hier soir... Je suis allée
voir ce qu'écrit la concurrence officielle (les médias!) sur ce spectacle. Voici un podcast de France Musique:
et un article intéressant publié dans le quotidien le Figaro, qui trouve l'opéra "étrangement poétique".
L'opéra comique en deux actes de Berlioz fut créé en 1862 à Baden-Baden. On se souvient que Berlioz
avait eu un coup de coeur pour Shakespeare, et pour Harriet Smithson, actrice shakespearienne
(voir la Symphonie fantastique dans un article récent) de ce blog. Il lui fallut quand même 25 ans, après avoir
songé à composer une version d'opéra de la pièce de théâtre, pour passer à l'acte. Berlioz avait la
réputation d'être un musicien bruyant, qui tirait son renom du fracas des orchestres puissants.
De faire dans le spectaculaire, le grandiose, et l'académique. Ici, il en va tout autrement. Aucune
inspiration épique comme dans Les Troyens. La guerre est évoquée mais seulement pour se réjouir du
retour des amants partis défendre la patrie, avec force libations, qui donnent lieu à de jolis choeurs.
Berlioz évoque cette oeuvre comme un "petit opéra", comique, avec "farces de son invention".
La version présentée par l'Opéra national de Paris était à mi-chemin entre l'opéra et le concert.
Les musiciens étaient bien dans la fosse d'orchestre, mais le choeur était explicitement sur scène
puisqu'il y avait ses chaises! Il y avait des personnages parlés et des chanteurs, ce qui était un peu
déroutant au départ, puisque on voyait sur scène deux Béatrices et deux Benedicts! La musique était
douce et très mélodieuse, fine, complexe, loin des fureurs d'autres oeuvres de Berlioz. On riait des
farces et de la mauvaise foi des uns et des autres, des stratagèmes de séduction croisée
immémoriaux, que l'on trouve dans Shakespeare, Molière et bien d'autres (et même dans le Fabuleux
destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet!) Deux jeunes gens, Béatrice et Benedict, se détestent trop pour
que cette détestation affichée ne cache pas un sentiment plus doux. Leurs proches entreprennent
de leur ouvrir les yeux sur leur attirance mutuelle en convainquant chacun que l'autre l'aime.
Béatrice a une cousine, Héro, qui va se marier avec Claudio, qui se trouve être le meilleur ami de ...
Benedict. Le rapprochement va donc se faire à peu près facilement, après deux heures de résistance
des intéressés, qui finiront unis dans le mariage, comme Héro et Claudio. Sabine Devieilhe et
Stéphanie d'Oustrac chantaient les rôles de Héro et de Béatrice, tandis que Florian Sempey et
Paul Appleby chantaient ceux de Claudio et de Benedict. Les rôles parlés étaient interprétés par
des acteurs dramatiques, dont Didier Sandre qui jouait le père de Héro. Une excellente distribution,
une très jolie musique superbement interprétée, du rire et de la bonne humeur... Un divertissement
que je recommande chaudement et qui changera l'image que vous aviez de Hector Berlioz!
L'opéra s'est terminé peu après 22h, soit une durée de deux heure trente avec entracte.
Sylvie, blogmestre
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