Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Il y a un mois que je voulais voir, revoir plutôt, Lohengrin. La durée de l'oeuvre fut un obstacle, et j'avais
déjà renoncé une fois après avoir trouvé une place. Le calendrier des représentations, qui s'achève
samedi, fit que je décidai mercredi de passer une deuxième soirée d'affilée à l'Opéra Bastille.
La place ci-dessous a été achetée d'occasion, et faisait partie d'un lot de deux. J'ai un reçu pour la place 32,
qui était hier soir occupée par une jeune femme, laquelle avait dû acheter l'autre place en ligne, mon billet
était pour la place 30. L'acheteur initial n'avait pas rempli le nom du porteur lors de l'achat, c'est la raison pour
laquelle le billet est à mon nom, puisqu'il est nécessaire d'y inscrire un nom avant de pouvoir l'imprimer.
Le spectacle durait près de 4h et demie avec deux entractes. Il s'agissait de la 665è
représentation de Lohengrin à l'Opéra national de Paris, et de la 10è dans cette mise en scène.
L'Orchestre, le Choeur de l'ONP, et les solistes étaient dirigés par Philippe Jordan.
Voici ci dessous la vue sur la scène depuis ma place, au second balcon:
Créé en 1850 à Weimar, Lohengrin est le troisième opéra romantique de la maturité de Richard Wagner,
après Le Vaisseau fantôme et Tannhäuser, et avant Tristan et Isolde (qui a fait l'objet d'un article sur
ce blog l'an dernier, vu au Théâtre des Champs-Elysées, interprété par l'Orchestre national de France).
Deux passages de Lohengrin sont particulièrement connus, le prélude, et la marche nuptiale.
Voici le prélude, sur fond de château de Neuschwanstein, en Bavière, où le roi Ludwig II recevait
Wagner dont il fut le mécène très actif avant de sombrer progressivement dans la folie.
Lohengrin est un personnage du roman Parzival du XIIIè siècle de Wolfram von Eschenbach. Il s'agit
de littérature courtoise en vers, en allemand. Lohengrin est décrit comme un chevalier arrivant sur une
nacelle tirée par un cygne, pour apparaître à Elsa, fille du roi de Brabant défunt.

Lorsque j'ai vu Lohengrin pour la première fois, c'était d'une place haut perchée à tarif étudiant au Théâtre de
Mulhouse, il y a plus de 20 ans, et le héros ressemblait bien à l'image ci-dessus, dans sa nacelle (dont je voyais,
de ma place, le câble qui la tractait). A l'Opéra Bastille, la mise en scène avait abandonné le style heroic
fantasy (que je trouve pour ma part bien adapté à Lohengrin), pour un décor et des costumes
XIXè siècle qui ne font pas vraiment rêver. Lohengrin était en costume noir et chemise blanche,
sa seule excentricité étant ses pieds nus. Ce choix rendait la compréhension un peu plus ardue.
L'histoire se passe en Allemagne, originellement au Moyen-Age. Le roi de Brabant est mort en
laissant deux enfants, Elsa et son frère Gottfried, sous la tutelle du comte Telramund. Un jour, Elsa
rentre seule de la forêt, sans Gottfried qui a disparu. La soupçonnant du pire, Telramund renonce à
l'épouser, et choisit Ortrud à sa place, qui devient, on le devine, une marâtre pour la jeune fille.
Neuf ans plus tard, le roi de Germanie passe par là et apprend l'histoire. Il convoque Elsa qui dit avoir
vu en rêve un chevalier qui viendra la sauver. Le chevalier arrive avec son cygne, symbolisé par un
jeune homme doté d'une seule aile de cygne, dans la mise en scène de l'Opéra Bastille. Le chevalier provoque
Telramund et gagne le combat, et la main d'Elsa. Alors que celle-ci se prépare au mariage, Ortrud instille
le doute dans son esprit, car elle pense que le chevalier a agi par magie, et qu'il doit être possible
de s'en débarrasser. Elsa le presse de questions pour connaître son nom, ce qu'il refuse, et qu'elle
accepte sur le moment. C'est en prélude au du 3è acte que se situe le deuxième passage très connu
de Lohengrin, la marche nuptiale du couple qu'il forme avec Elsa (vers 3'30 dans la vidéo qui suit).
Mais Elsa est rongée de doutes, et continue de questionner le chevalier, qui a jusqu'ici refusé de lui dire
son nom, mais reconnait qu'il vient d'un lieu où il connaissait la félicité. Elsa craint alors qu'il l'abandonne
pour retourner à cette félicité... Il finit par lui donner son nom, ce qui rompt le mariage. Il est Lohengrin,
le fils de Parcifal, gardien du Graal, et c'est le Graal qui l'a envoyé vers Elsa. Le cygne de la nacelle
est Gottfried, le frère d'Elsa, qui aurait encore été cygne un an avant d'être rendu à sa soeur. Elsa
perd Lohengrin, qui retourne auprès de Parcifal, mais son frère lui est rendu , qui devient roi de Brabant.
Ci-dessous, les choeurs et Ortrud, l'épouse de Telramund, à la fin du spectacle. Ortrud, interprétée
par Michaela Schuster avait une voix très puissante, et fut très applaudie à la fin de l'opéra.
On voit une partie du décor, constitué au troisième acte d'une mare avec des roseaux, enserrée
dans un bâtiment en équerre avec des galeries et des portes closes. Les choristes, puis les
trompettes furent disposés sur les galeries, ce qui était pratique. En revanche, la couleur marron sombre
du dispositif, et surtout l'absence de premier plan au début du 2è acte, créait une impression de prison.
L'arrière-plan n'est pas visible sur mes photos, il n'était plus éclairé à la fin du spectacle.
Voici le mariage d'Elsa et de Lohengrin, à la fin du deuxième acte. Elsa était en en blanc durant tout
l'opéra. Pour son mariage, les robes s'ornèrent de crinolines. Elsa était interprétée par Edith Haller,
qui a une belle voix de soprane, reçut la plus grosse part des applaudissements comme il se devait...
avec son chevalier nu-pieds, qui avait mis des chaussures pour le mariage, chanté et joué par
Stuart Skelton (au centre de la photo ci-dessous, entre Ortrud en noir, et Elsa en blanc).
Et voici les saluts des chanteurs, avec Philippe Jordan monté sur la scène, à la fin du troisième acte,
et de l'opéra. Le personnage avec un costume militaire est le roi de Germanie. Philippe Jordan fut
applaudi à chacune de ses arrivées dans la fosse d'orchestre, et encore davantage à la fin.
Deux belles soirées d'affilée, dans deux styles complètement différents. Je me suis demandé si les
choristes qui chantaient Lohengrin avaient déjà chanté la Messe en si mineur la veille?
Le Choeur de l'Orchestre national de Paris, et l'Orchestre, furent superbes dans l'opéra de Wagner,
comme ils avaient été superbes la veille dans la messe de Bach. Bravo, et merci!
Sylvie, blogmestre