Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
C'était le titre d'un concert d'après-midi, hier 28 janvier 2017, à la Philharmonie. J'avais réservé une
place parce que c'était l'orchestre Pasdeloup que je n'avais plus entendu depuis longtemps, et que
j'aime beaucoup. Et puis c'était du Mahler, que j'ai appris à aimer durant mes sorties musicales.
Le concert était à 16h, j'allais pouvoir passer la soirée chez moi, chic! Je partis un peu avant 15h et arrivai à la
station de RER à 15h07*. J'avais oublié le passe Navigo à la maison, et dus acheter un ticket... peut-être est-ce la raison
pour laquelle je n'ai pas fait l'objet de contrôles RAtépesques sur cette sortie? La citadelle musicale de
la Villette se profilait sur un ciel chargé, vers 15h50, et accueillait ses fidèles auditeurs.
Ma place était à l'avant-dernière rangée de l'arrière-scène, derrière des places laissées libres
pour des choristes. Comme toujours, à l'arrière-scène, on voyait très bien.
L'orchestre, sur scène, paraissait gigantesque. L'oeuvre au programme de ce concert était la
gigantesque symphonie n°3 de Gustav Mahler, interprétée par l'orchestre Pasdeloup, la Maîtrise
des Hauts-de-Seine, et le Choeur Vittoria d'Ile-de-France, sous la direction éclairée du chef d'orchestre
viennois Wolfgang Doerner, symphonie que j'avais entendue en mai 2016 au Festival de Saint-Denis.
Je m'inquiétais un peu de la longueur du concert, mais le programme précisait que l'oeuvre durait 90 minutes.
Le premier mouvement, à lui seul, dura 45 minutes! C'est le plus long mouvement instrumental
écrit par Mahler. Il est plein de bruits et de musiques, allant des citations de confrères altérées, à
des sonneries de cors (il y en a huit sur scène), de passages aux accents forains où l'on s'attend à
voir caracoler des chevaux et tournoyer des acrobates sur des trapèzes... c'est une symphonie
hommage flamboyante à la Terre, à ce qui y pousse, à ceux qui la peuplent.
La symphonie comporte 6 mouvements, les 2è, 3è, 4è sont assez courts, environ une demi-heure
à eux trois. Wolfgang Doerner dirige à mains nues, avec des grands gestes souples et élégants.
Le plaisir de créer cette symphonie se lit sur son visage. Après le très long premier mouvement, il sort
sous les applaudissements, et les choristes entrent par l'arrière de l'arrière-scène, nous les
applaudissons au passage. il n'y a que des choristes féminines, d'abord les adultes du Choeur
Vittoria, puis les enfants, adolescentes, et jeunes adultes de la Maîtrise des Hauts-de-Seine.
Une soliste alto, Qiulin Zhang, entame la partie vocale du 4è mouvement, le "Chant de minuit", dont le
texte est extrait d'Ainsi parlait Zarathoustra, du philosophe préféré de mes 18 ans, Friedrich Nietzsche.
L'alto solo est rejointe par les voix des choristes dans le 5è mouvement, qui fait passer la symphonie,
je cite le livret "de l'obscurité à un monde angélique" (Lux aeterna, confere le titre du concert).
C'est dans ce 5è mouvement qu'il y a ce qui ressemble furieusement à un solo de trompette,
et qui parait pouvoir être joué par un cor de poste ou par une trompette. L'artiste soliste est caché
dans les douves de la citadelle musicale, à ma droite, et chacun cherche d'où vient le son... (il y a une
double paroi entourant la salle de la Philharmonie, avec de petites passerelles, d'où ma comparaison avec des douves...)
Voici le solo en question, joué au grand air sur un cor postal en hymne à la création:
Le dernier et 6è mouvement est un adagio d'une ampleur considérable, dit le livret. En effet, on ne saurait
mieux dire... Le sixième mouvement, dont je sentais venir la fin en regardant les partitions des musiciens dont certains
en étaient à la dernière page, signe habituellement infaillible, dura encore dix minutes au delà de ce repère...
C'était les violons qui avaient encore des pages de symphonie à finir! Il y eut à la fin une apothéose éclatante,
où les instruments en souffrance sur leur dernière page purent enfin reprendre vie musicale.
C'était très beau, le chef était extraordinaire dans son extraction de la substance de la musique
mahlérienne, et sa volonté de transmettre aux Français qui l'écoutaient cette perle autrichienne.
Le voici sur la photo ci-dessous, juste après la fin du concert:
Après cette photo, constatant qu'il était presque 17h55, je suis sortie de la grande salle pour repartir vers Paris, passant
en m'excusant devant toute ma rangée... Arrivée Porte de la Villette vers 17h59, impossible d'acheter un ticket de RER
pour cause de queues multples aux appareils, je choisis pour gagner du temps d'utiliser un ticket t+, qui indiqua sobrement
5 S2 04**, soit 5 à 6h, samedi, post-meridiem, 4è semaine. Ce n'est qu'à Denfert-Rochereau que je trouvai un appareil
qui me vendit un ticket de RER, à 18h34*** (que celui qui fait Denfert- La Philharmonie un samedi aux alentours
de 18h et mettrait moins de 34 minutes me le signale, je lui offre une tablette de chocolat!)
Sylvie, blogmestre