Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Dimanche soir, j'avais trouvé une place pour aller voir l'opéra "Iphigénie en Tauride" de
Christoph Willibald Gluck au Palais Garnier, dont c'était la dernière représentation. Le RER qui m'amena
à la station Auber s'appelait modestement "Zeus", ce qui me parut de bon augure!
J'avais une place en troisièmes loges de face... trois étages à monter,
des étages de Palais Garnier, démesurés et grandioses...
mais la vue valait l'effort! Ce fut d'autant plus gratifiant que les personnes qui avaient réservé
devant moi ne vinrent pas, et qu'il nous fut possible d'avancer au premier rang.
La scène était équipée de panneaux de miroirs sans tain, qui reflétaient le public quand l'arrière-scène était
obscure, et laissaient voir celle-ci quand elle était éclairée. Voici ce que nous voyions à notre arrivée:
Je ne connaissais pas cet opéra, mais l'ai trouvé très beau, la musique, les solistes, les choeurs,
la direction de Bertrand de Billy, tout était superbe. L'opéra était en version française et les solistes
principaux, Véronique Gens, déchirante Iphigénie, Oreste et Pylade, les baryton et ténor inséparables,
respectivement interprétés par Etienne Dupuis et Stanislas de Barbeyrac étaient français et donc
parfaitement compréhensibles sans sous-titres, quoiqu'il y en eut. Les choeurs de l'opéra étaient
dans leur excellence habituelle, ainsi que l'orchestre. En revanche la mise en scène était bizarre, mais pas
seulement: elle était contre-productive. La plupart des humains privilégient la vision sur tout autre sens.
Quand ils voient un spectacle et entendent une musique simultanément, la vue prime sur l'ouïe pour la plupart d'entre-eux.
L'opéra est supposé accompagner par la vue l'intrigue composée par le compositeur et son librettiste, aider à comprendre.
Ici, la vue embrouillait la compréhension et substituait des images incongrues à l'intrigue mythologique de Goethe et Gluck.
Quel dommage! Nous vîmes ainsi les pensionnaires de ce qui semblait être une maison de retraite, dont une Iphigénie dorée
âgée qui se roulait par terre sous un lavabo, un couple enlacé dont un superbe jeune homme nu, sculptural, et d'autres
scènes traduisant davantage les fantasmes du metteur en scène qu'une vision éclairée de l'opéra de ce cher Willibald...
Je ne sais pas si cela se voulait provocant, c'était surtout inutile et gênant pour la compréhension de l'oeuvre!
Voici pour comprendre ce qu'il valait mieux savoir de l'intrigue avant de voir cet opéra. Au départ, il s'agit
d'une oeuvre de l'auteur grec antique Euripide. Iphigénie est la fille aînée d'Agamemnon et de Clytemnestre,
de la famille des Atrides, celle qui est restée dans la légende comme vouée à s'entretuer.
Iphigénie a échappé par miracle à la mort, et a été recueillie par la déesse Diane en Tauride (Arménie), où
elle a épousé le roi Thoas. Un jour, elle rencontre deux prisonniers grecs qu'elle veut sauver, parce qu'ils
sont grecs comme elle. Ils lui apprennent la mort d'Agamemnon, tué par son épouse, et celle de
Clytemnestre, tuée par ses enfants, pour venger leur père. Dans l'un des prisonniers, Iphigénie reconnait
son frère cadet, Oreste, à qui elle sauve la vie, rompant par là la malédiction des Atrides.
J'ai choisi de me concentrer sur la musique et les voix, et de cesser de tenter de comprendre les allusions
de la mise en scène, de déguster cet opéra comme s'il s'agissait d'un oratorio, et ce fut la bonne solution.
Il était dommage que le splendide choeur fut enfermé dans la fosse d'orchestre (d'autant que les lavabos
présents sur scène lui auraient offert une résonance tout à fait intéressante... hum, je m'égare!) Ci-dessus
les chanteurs, choeurs et solistes principaux, et la fosse d'orchestre en dessous.
Il y eut des sifflets (pour la mise en scène je suppose), et beaucoup d'applaudissements pour les
musiciens et les chanteurs, qui finirent par couvrir les sifflets. Très belle prestation des musiciens!
Il faut que je trouve l'enregistrement musical... La salle était très pleine, la sortie fut longue...
Sylvie, blogmestre
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