Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
J'ai assisté hier soir, non sans peine, à la première de Cavalleria rusticana de Pietro Mascagni
à l'Opéra Bastille. J'avais acheté un billet d'occasion, le spectacle commençait à 19h30.
Le RER que je pris à l'aller nous bloqua sans raison en gare de Luxembourg pendant de longues minutes, et même
en courant dès que c'était possible, j'arrivai à l'opéra à 19h30. Par chance, d'autres personnes étaient en retard,
et nous pûmes collectivement entrer. Ma place était située au dernier rang du parterre, voici la salle vue de cette place.
Mes voisines avisèrent trois places libres trois rangs devant, et nous pûmes avancer un peu.
Néanmoins, le fond de l'amphithéâtre est vraiment très loin de la scène pour une myope...
Cavalleria rusticana est un opéra en un acte, qui se déroule le jour de Pâques, dans un village sicilien
du XIXè siècle. C'est une oeuvre de jeunesse de Mascagni, qui fut créée à Rome en 1890.

Ci-dessus un croquis des décors utilisés pour la première représentation de l'opéra. Soleil, costumes
colorés, village sicilien, son église et sa place, apportent leur lumière méditerranéenne. Mais
Mario Martone, le metteur en scène de l'opéra Bastille, qui a produit précédemment la même mise en
scène à la Scala de Milan, avait choisi un décor "dépouillé" avait-il confié au journal italien
La Republicca. Le dépouillement confinait à l'inexistence... Dans l'immense espace noir de la scène,
les choristes et solistes s'asseyaient sur des chaises empaillées d'église, et chantaient ainsi.
Seul moment un peu plus orné de décors, la messe de Pâques, les décors, en l'occurrence
consistant en deux Christs en croix, un surdimensionné, un autre plus petit (pourquoi deux?), et les
seules couleurs étaient le rouge des robes des enfants de choeur et le blanc des surplis.
Une messe de Pâques sans joie, avec deux crucifiés non ressuscités. Les personnages étaient vêtus
de sombre, à l'exception de Lola, l'épouse fantasque, vêtue de rouge. Les mammas étaient en noir,
comme il se doit. Enfin, l'ensemble n'était pas très joyeux à regarder, dans son dépouillement...

Ci-dessus une image trouvée sur un forum de cinéma. Pour être honnête, je dois dire que la salle n'a pas
paru partager ma déconvenue en matière de décor! En revanche, l'opéra était musicalement et vocalement
très bien interprété, et sera diffusé sur France-Musique le 6 décembre à 19h30, je vous invite à
l'écouter à cette occasion. Voici les choristes et les solistes aux saluts, vus du fond du parterre:
Pour un opéra se passant au grand soleil de Sicile, ce n'était quand même pas très lumineux!
Pour l'intrigue, il s'agit d'une tragédie amoureuse assez banale. Turridu était fiancé à Lola, la plus belle
fille du village, quand il est parti pour l'armée. De retour, il a découvert que Lola avait convolé avec Alfio.
Turridu a alors épousé Santuzza, qui l'aime. Mais le lien avec Lola s'est reformé, ils sont amants.
Ivre de fureur, Santuzza révèle la trahison de sa femme à Alfio, qui tue Turridu.
Ci-dessous les personnages principaux, Santuzza interprétée par Elina Garanca fut la plus applaudie.
Cavalleria rusticana étant une oeuvre assez courte, la soirée était complétée par un autre opéra en
un acte de Paul Hindemith, Sancta Susanna, au sujet scabreux et bizarre. Il s'agit d'un récit médiéval
transposé au XXè siècle, sis dans un couvent de religieuses; L'une d'elles, Klementia (l'opéra est
en allemand), a des visions de Sainte Suzanne à qui elle confie l'histoire d'une nonne prise de passion
pour un crucifix, que l'on a enterrée vivante pour la punir de sa perversion. Pendant qu'elles parlent, on
voit la perversion se dérouler sous la cellule de la religieuse. C'est dans la transposition au XXè siècle
d'un tel sujet que l'oeuvre est bizarre... Au Moyen-Age, on entendait des voix et on emmurait celles
qui se rendaient coupables d'actes gravissimes. Au XXè siècle, on leur donne des anti-psychotiques
(peut-être pas encore en 1921...)et on les place, le cas échéant, dans un environnement médical adapté.
L'histoire scabreuse médiévale transposée au XXè siècle n'a aucune cohérence. Il reste que la
musique n'était pas désagréable à entendre, et que Anna Caterina Antonacci jouait une sainte
mélodieuse, quoique perverse. Ci-dessous, Mario Martone, content du succès de la représentation,
danse une gigue entre Suzanne (en blanc) et une religieuse...
Nous sommes ressortis de l'opéra Bastille vers 21h20, j'ai repris le métro à 21h24*
Arrivés à la station Luxembourg, nous avons à nouveau été bloqués d'abord, puis conviés à sortir du RER, car
"quelqu'un était sur les voies". Je me suis retrouvée dans la rue à chercher un moyen de transport alternatif,
et bien sûr, il n'y a pas de métro à la station Luxembourg... Après quelques vagabondages, je suis parvenue
à Denfert-Rochereau où le RER circulait parfaitement... Rentrée chez moi une heure plus tard que prévu, doutant de
la réalité de l'incident qui nous avait fait quitter le RER (deux problèmes au même endroit à l'aller et au retour?)
Sylvie, blogmestre