Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Hier soir c'était, comme vous le savez, la Nuit blanche 2016 de Paris.Je me souvenais que nous avions,
les années précédentes, été sollicités pour des concerts nocturnes, voire très très nocturnes, et espérais
trouver des choeurs ou ensembles courageux en représentation. Mais point de tout cela, les activités
étaient strictement encadrées et professionnelles, m'a t'il semblé à la lecture du programme. Bon...
Il y avait aussi un concert très tentant au Théâtre des Champs Elysées, Didon et Enée de Purcell.
Et à proximité, l'exposition sur Hergé, au Grand Palais, en accès libre pour la Nuit blanche.
Approuvé! Ce serait Didon et Enée, puis Tintin et Milou, la soirée devait suffire pour tous!
Il y avait des trains toute la nuit, mais j'ai mis plus d'une heure à gagner l'avenue Montaigne, pour cause de foule.
Le théâtre était presque plein, pour entendre l'Ensemble instrumental et vocal Les Talens Lyriques
interpréter Actéon de Marc-Antoine Charpentier, puis Didon et Enée de Henry Purcell,
deux opéras baroques présentés ici en version de concert.
J'étais au 2è balcon, de côté. Je voyais une partie de l'orchestre, le chef, deux solistes...
Malgré la vue restreinte, dès les premières mesures d'Actéon, j'ai su que ce serait un très beau concert. Les Talens lyriques
ont été créés il y a 25 ans par Christophe Rousset, qui les dirige toujours. Il y avait hier soir sur scène
une trentaine de musiciens, dont 8 solistes, qui se partageaient les rôles chantés et les choeurs.
Voici ci-dessus la partie de l'orchestre que je voyais, il y avait à droite une contrebasse et des
violoncelles, et les chanteurs. Actéon, la plus courte des deux oeuvres, fut jouée et chantée en premier.
Il s'agit d'une de ces histoires mythologiques sans pitié dont le XVIIè siècle était friand, jugez-en:
Actéon était un chasseur de haute lignée grecque, fils de demi-dieux. Un jour qu'il chassait avec des
amis, il découvrit par hasard Diane, déesse de la chasse, se baignant nue. Celle-ci lava l'affront
en le transformant en cerf, et il fut déchqueté illico par ses propres chiens... Nous avons donc entendu
la triste destinée du pauvre Actéon, remarquablement interprétée par les Talens Lyriques.
Puis après l'entracte, ce fut le délice de Didon et Enée (que je connais à peu près par coeur). Enée était un
demi-dieu, fils d'Aphrodite, qui aborda à Carthage en allant en Italie depuis Troie. Didon, la reine de Carthage,
tomba amoureuse de lui, et réciproquement. Mais les sorcières locales décidèrent de s'en prendre aux
deux amants ("In our deep vaulted cell... the charm we'll prepare... too dreadful a practice... for this open air")
Enée est sommé par les dieux d'aller en Italie et de quitter Didon, et celle ci en meurt.
Superbe interprétation des solistes des Talens lyriques (il étaient huit, et je n'ai pas vu qui chantait quoi), aussi
bien dans la félicité de l'idylle, que dans les ricanements des sorcières, et dans l'affliction finale.
Voici l'autre partie des Talens lyriques, photographiée après m'être déplacée sur la rangée.
Ils ont été très applaudis, par un public synchrone qui aurait bien voulu entendre un bis...
Il n'y en eut pas, mais nous sommes ressortis avec des airs plein la tête (dont voici le livret), j'étais pour ma part
enchantée d'un si beau concert, sur une oeuvre que je n'avais jamais, jusqu'ici, entendue vivante.
Vers 22h15, je remontai l'avenue Montaigne en direction des Champs Elysées.
A 22h23*, j'atteignis la station Franklin D. Roosevelt dont une entrée est proche du Grand Palais
L'exposition Hergé s'annonçait par de grands panneaux sur ses murs.
Il y avait une file d'attente, dont on voit les plus avancés sur la photo. Assez curieusement, les vigiles de l'entrée nous dirent qu'il y
avait "deux heures de queue", et que nous risquions de ne pas entrer avant que l'exposition, qui fermait à minuit, soit finie.
En voyant le nombre de personnes qui attendaient, j'ai pensé que ce n'était pas possible qu'il faille deux heures pour faire entrer
ce public, j'ai donc tenté le coup, et j'ai bien fait! Un quart d'heure après, j'étais à l'intérieur du bâtiment.
C'avait d'ailleurs été un quart d'heure très sympathique, car le Grand Palais avait invité la fanfare
de Moulinsart à se produire, et ils étaient à la hauteur de la responsabilité confiée!
Ci-dessus une vidéo de la fanfare Zebaliz, "de Moulinsart" pour la soirée. A l'intérieur, l'exposition se tenait
sur plusieurs niveaux. On pouvait y découvrir que Hergé n'était pas seulement le créateur de Tintin,
de Quick et Flupke, et de Jo, Zette et Jocko, mais aussi un peintre, et un auteur de dessins publicitaires.
L'exposition est visible jusqu'au 15 janvier 2017. Hier soir, il y avait beaucoup de monde, trop pour
pouvoir regarder sereinement les planches d'esquisses et les croquis. On nous a conseillé de la visiter
plutôt le mercredi soir, un tuyau pour les amateurs qui liront ce blog, il parait que c'est là qu'il y a le moins de foule.
J'aime bien les murs couverts d'un dessin de bande dessinée, comme ci-dessus, avec des
personnages à taille réelle. On voit combien le tracé est simple, et comme il faut peu de traits
à Hergé pour raconter un visage, une expression, une attitude.
Sur un blog de choriste, je me dois d'évoquer Bianca Castafiore quelque part... la voici!
Si vous avez grandi avec Tintin, vous retrouverez son univers avec émotion dans cette exposition,
et curiosité pour l'homme qui lui a donné vie, avec un si grand talent.
Bienvenue aux jeunes de 7 à 77 ans!
Je suis ressortie de l'exposition avec beaucoup de photos d'esquisses et de croquis à agrandir et imprimer, pour
comprendre au calme la technique de dessin (impressionnante) de Hergé, vers 23h15**, il fallait faire de la place
pour ceux qui faisaient encore la queue dehors, avec la fanfare Zébaliz (c'est son vrai nom).
J'ai repris le métro à 23h20** à la station FD Roosevelt et suis rentrée chez moi une heure après.
Sylvie, blogmestre