Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Et de trois! Hier soir, l'Orchestre de Paris donnait, pour la deuxième fois, son troisième concert de rentrée
sous la direction de Daniel Harding, à la Philharmonie. Au programme, le prélude de Parsifal de Richard
Wagner, "Dream of the song" de George Benjamin, et la 1ère symphonie de Johannes Brahms.
A cause des travaux sur le RER, j'étais partie en avance, méfiance. Mais tout s'est bien passé, arrivée
bien à l'heure. A l'entrée dans la salle, on nous distribua un grand programme orné d'arabesques, dont j'ai lu le contenu,
dense, avant le concert et pendant l'entracte, sans cependant parvenir à l'épuiser.
Récapitulons: le premier concert de septembre du même orchestre avec le même chef présentait
le Faust de Goethe par Schumann, le deuxième la dixième symphonie de Mahler reconstituée;
celui-ci était plus classique dans sa présentation d'oeuvres romantiques, mais la pièce
de Benjamin était une création en France. Il s'agit donc de concerts singuliers.
Nous entendîmes en ouverture un prélude d'opéra de Wagner, avec exposition des personnages,
et grand orchestre. Puis les musiciens sortirent et la scène fut réaménagée, les instruments en nombre
plus restreint furent augmentés de harpes, et de percussions, métallophones et gongs, pour la pièce de
George Benjamin, créée à partir de poèmes et chantée par un contre-ténor, Bejun Mehta, et un choeur
de huit femmes, le SWR Vokalensemble de Stuttgart. Les poèmes d'inspiration arabe avaient été écrits
par trois poètes andalous, deux du XIè siècle, et un du XXè siècle (Garcia Llorca), et étaient reproduits
traduits dans le livret du concert. Le résultat était surprenant et intéressant. George Benjamin
était dans la salle et monta sur scène aux applaudissements (ci-dessous entre le contre-ténor et le chef).
Dans ce concert comme dans les deux précédents, je le souligne à nouveau, il y avait une recherche
manifeste dans les oeuvres proposées, et une exigence de perfection. La symphonie de Brahms
qui suivra l'entracte sera comme un cadeau au public, une récompense bien connue après la découverte
des nouveaux espaces musicaux où nous avaient entraînés l'orchestre et son jeune chef.
Si vous avez lu l'article sur le concert du 27 septembre donné au Théâtre des Champs-Elysées, vous avez compris que
Brahms était anxieux de composer une oeuvre dénomée symphonie, et trompait l'attente en composant des sinfoniettas...
En 1876, à 43 ans, il estima être mûr pour affronter les mânes de Beethoven, et sa 1ère symphonie,
en ut mineur, fut créée par Hans von Bülow. Elle sera suivie de trois autres symphonies. Il y a des musiciens
avec qui nous sommes personnellement en résonance, c'est mon cas pour Brahms (mais aussi pour Mozart, Beethoven,
Haendel, Purcell...) Après les deux premiers mouvements qui sont comme un prélude à l'essentiel, voici le
bonheur pur du troisième mouvement, beethovenien comme il se doit, on souhaiterait qu'il ne finisse
jamais. Mais le quatrième mouvement n'est pas en reste, avec ses longues phrases lyriques
qui donnent des frissons dans le dos... L'écriture de la symphonie est brillante, elle est dirigée et
interprétée avec beaucoup d'intensité et d'émotion. Chacun se surpasse, le public est ravi et transporté.
Comme lors des deux concerts précédents, l'engouement du public pour la direction de Daniel Harding
était manifeste, longs applaudissements, rappels... Le concert s'acheva sous les bravos vers 22h30,
et je pris mon temps pour ressortir, ayant par la magie de la musique, tout oublié du RER et de ses travaux. Un coup de chance,
j'attraperai néanmoins sans le faire exprès le tout dernier train circulant entre Gare du Nord et Châtelet, vers 23h. Ouf!
Sylvie, blogmestre
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