Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Premier film vu hier soir à la Ciné Cité des Halles, à la séance de 18h45, "Moka" de Frédéric Mermoud
fait référence à la couleur d'une automobile, celle qui a percuté et tué, près du Conservatoire
de musique de Lausanne, le fils de Diane (Emmanuelle Devos), jeune violoniste de 14 ans.

Après la mort de l'enfant, Diane s'est séparée de son compagnon, et l'idée fixe de retrouver l'auteur de
l'accident la hante. Trouvant la police trop peu inquisitrice, elle mène sa propre enquête et retrouve le
véhicule, et ses propriétaires, un couple d'Evian, de l'autre côté du lac. Une artisane (Nathalie Baye)
et un animateur de centre de remise en forme. Diane se procure une arme, et pénètre dans la vie
de ces personnes, s'y incruste même, au point de créer un grand malaise chez le spectateur. Le
conducteur qui a renversé son fils ne s'est pas arrêté, c'est un homicide involontaire et un délit de fuite.
Que ne va-t'elle faire part à la police de ses découvertes, au lieu de tourner autour de ces gens? Elle
"cherche à comprendre", avec son revolver dans la poche... Va-t'elle en abattre un pour se faire justice?
Sur les affiches de promotion du film, on peut lire "qu'auriez-vous fait à sa place?" Je crois que j'aurais
pris de la distance, parce que le contact direct avec des personnes qui vous ont causé un tort irréparable
conduit soit au pardon total (à condition d'être un saint), soit à la haine avec risque de surenchère, soit
à une position intermédiaire déstabilisante, un mélange malsain d'attraction et de répulsion. Ce côté
malsain de la quête de Diane, qui est dans la position intermédiaire déstabilisante, puisque son approche
a révélé la coupable présumée plus attachante qu'on l'aurait cru, pèse sur tout le film. On se demande
quel est le propos du réalisateur, où veut-il en venir? Marlène (Nathalie Baye) échappe de justesse à la
balle vengeresse, au milieu du thym et du serpolet en fleurs, au flanc des Alpes... Le renversement de
situation final est assez classique dans les séries policières, mais la violence qui l'entoure l'est moins.
Malgré toute l'émotion que suscitent les flashbacks sur le jeune musicien, malgré le jeu sans faille des
deux actrices principales, le malaise engendré par la pénétration de Diane dans la vie de ce couple
a dominé mon ressenti pendant le film. J'ai aimé les magnifiques vues du Lac Léman et des Alpes.
Sylvie, blogmestre
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