Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Vous avez remarqué? C'est l'été! Samedi soir, la Comédie française avait fait le plein
de spectateurs estivaux hilares, venus déguster un petit Feydeau, et j'étais du nombre.
J'étais placée dans la corbeille, au 3è rang, de trois-quarts.
Le "fil à la patte" s'appelle Lucette, qui est chanteuse de cabaret de son état, et amante du sieur
de Bois d'Enghien (noblesse d'Empire, dit perfidement quelqu'un). Lequel Bois d'Enghien est sur le point de convoler
avec une jeune Viviane, dans l'ignorance de Lucette. Dans l'antichambre de cette dernière, se croisent un
compositeur amateur minable de chansons égrillardes, clerc de notaire de profession, et la mère de Viviane,
baronne, qui vient proposer à Lucette de chanter au mariage de sa fille. Lucette est courtisée par un
général sud-américain, sur qui Bois d'Enghien compte beaucoup pour le débarrasser de son
encombrante et affectueuse maîtresse. Ajoutez quelques personnages secondaires utilisés comme faire-valoir,
telle la soeur de Lucette, vierge définitive ornée d'une coiffe bigouden, vous avez l'imbroglio complet. Les costumes
féminins, très soignés, ont été réalisés par les ateliers de la Comédie française. La pièce est une reprise,
elle a reçu trois Molières en 2011, dans la présente mise en scène de Jérôme Deschamps.
Feydeau entre au Répertoire de la Comédie française en 1941, en un temps où il fallait rire. On sent que
les comédiens, nombreux sur scène, se font plaisir à jouer Feydeau, dont les oeuvres sont régulièrement reprises.
C'est un théâtre plein d'opportunismes et de petites ou grosses lâchetés. Les personnages de Feydeau
sont pragmatiques et peu glorieux, ils tirent le mieux qu'ils peuvent leur épingle du jeu ("j'pique des épingles",
chante obscènement le clerc Bouzin). La peinture sociale que Feydeau présente du XIXè siècle est assez ravageuse, si l'on
pense aux caractères trempés, nobles ou ignobles, dépeints par les auteurs classiques des siècles antérieurs.
Mais l'on rit beaucoup. Parfait pour une soirée d'été! Les deux personnages les plus comiques sont le
clerc Bouzin, joué par Christian Hecq, et le général Irrigua, joué par Thierry Hancisse, qui n'économisent
pas les facéties pour nous faire rire. Il y eut un moment de comique non prévu par l'auteur, où une dame gloussait
bruyamment à contre-temps à chaque saillie du général, provoquant rapidement l'hilarité de la salle... et de l'acteur.
Nous sommes ressortis vers 23h10 dans la touffeur de cette soirée de juillet, saisis après la climatisation de la salle Richelieu.
J'ai pris une photo de la façade de la Comédie française, avant de me tromper de sens dans le métro... (ce n'est pas la première
fois, la station est assez déroutante). Arrivée à Chätelet, le RER B était curieusement dépourvu d'informations et de trains. Des
personnes qui allaient à Laplace, après affichage d'une attente de 27 minutes sur leur smartphone, décidèrent d'y aller à pied...
Je pris le premier train qui se présenta, vers minuit quelque chose, puis un second, plus loin, qui s'arrêterait à ma gare...
Sylvie, blogmestre
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