Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Comme je l'avais annoncé sur ce blog, les grandes salles donnaient hier soir des concerts gratuits,
avec entrée sur réservation préalable de sa place, j'en avais une pour la Maison de la radio,
où l'Orchestre philharmonique de Radio France fêtait la Musique, sous la direction de Marzena Diakun.
Nous avions été priés d'arriver en avance, j'étais en gare d'Arcueil à 19h15*, et pris la ligne 6 du métro à Denfert-Rochereau,
direction Etoile. A La Motte-Piquet, on nous informa que deux stations étaient fermées au public, Dupleix, et Passy (?!)
(Passy était celle où j'allais et Dupleix était la station près de laquelle mes parents ont habité 17 ans, ce sont deux petites
stations situées entre deux grosses, qui étaient ouvertes, pour quelle raison les avait-on fermées?) Je descendis donc à
Bir-Hakeim à 19h45**, et fis un peu de chemin à pied en plus. Voici la Tour Eiffel vue du Pont de Bir-Hakeim:
Je suis arrivée à la Maison de la Radio un peu après 20h, il y avait une animation sur le parvis. Nous sommes entrés
facilement, les arrivées plus précoces facilitent l'entrée et le contrôle. Le grand auditorium était déjà plein au niveau du parterre
et de la corbeille. Comme le placement était libre, les hôtes et hôtesses procédaient méthodiqueent, en remplissant les loges
au fur et à mesure des arrivées. J'ai inauguré le premier balcon avec une dizaine d'autres auditeurs,
j'étais à la place 10 de la rangée O, au premier rang de face, avec une vue superbe sur l'orchestre.
Le premier balcon a continué à se remplir sans bruit, même après le début du concert. L'orchestre arriva par bribes (je crois
que les musiciens avaient une autre prestation dans la Maison avant la nôtre), un monsieur en short assis au parterre
applaudissait chaleureusement dès qu'un musicien se présentait (un fan!). Alors que l'orchestre était complet et que
l'on n'attendait plus que Marzena Diakun, une algarade éclata quelques rangs derrière moi, une dame voulait
absolument s'asseoir là où une autre avait gardé une place pour son mari parti aux toilettes, puisque le placement était libre.
Marzena Diakun entra. Applaudissements. Quand le silence se fit, on entendit "mais vous êtes cinglé!" et "c'est vous
qui êtes cinglée!" Marzena noya magistralement les cris et les noms d'oiseau sous les accords tonitruants
de la 5è symphonie de Beethoven, dont le premier mouvement débutait le concert. Quand l'orchestre joua
mezzo-forte, on n'netendit plus rien... les belligérants, venus aux mains, avaient probablement été embarqués discrètement par
la sécurité! Il y avait un public différent du public habituel que l'on rencontre dans cette salle, la Fête de
la Musique étant une opportunité de découverte sans frais d'une grande salle et d'un concert de qualité.
Derrière moi, des parents mélomanes avaient amené un bébé gazouilleur, qui appréciait particulièrement les flûtes et les
haubois, et formait un trio là où le compositeur n'avait prévu qu'un duo... En revanche, les bassons le laissaient coi (ça a une
grosse voix, le basson!) Nous avons donc entendu de très beaux airs de musique classique, populaires, pour orchestre
symphonique, avec improvisation de bébé soliste gazouilleur. Mais c'était plutôt amusant.
Nous avions donc au programme le premier mouvement de la 5è symphonie de Beethoven, puis un extrait
de Peer Gynt d'Edward Grieg, puis l'ouverture de Roméo et Juliette de Piotr Ilitch Tchaikovski, particulière-
ment impressionnante avec des syncopes et contretemps et beaucoup de volume dans les cuivres et les
cordes, très applaudie par le public, de plus en plus démonstratif. Puis vint le vol du bourdon de Nicolaï
Rimski-Korsakov, très court par rapport à la pièce précédente, et plein d'humour, qui amuse toujours beau-
coup les auditeurs, suivi des Danses polovtsiennes du Prince Igor d'Alexandre Borodine (dans lesquelles il y a
un thème secondaire joué par les cuivres qui a été utilisé pour la musique de générique entêtante de la série de dessins
animés des aventures de Tintin) Gros succès, bien entendu! Dans toutes ces pièces, j'ai remarqué que le
hautbois était particulièrement sollicité, suivi de près par la flûte solo, en vermeil,dotée d'un très joli son
(le bébé gazouilleur était comblé!). Le concert se poursuivit avec la Danse macabre de Camille Saint Saëns,
seul compositeur français de la soirée, et se termina par la danse slave n°1 d'Anton Dvorak, qui fait partie de
mes premiers vinyles de coeur d'adolescence. L'interprétation d'hier soir, plus puissante et cuivrée
que je l'avais entendue jusque là, plus symphonique que bohémienne, m'a bien plu!
Marzena Diakun, qui est très jeune, gracieuse silhouette féminine longiligne en frac, dirige de tout
son corps, et y met beaucoup d'âme et d'énergie. Le résultat était superbe, la salle l'a rappelée,
jusqu'à ce que l'orchestre se disperse. C'était un splendide concert classique accessible à tous.
Bravo le Philharmonique, bravo Marzena Diakun, et bonne continuation! Et merci pour cette belle soirée!
N'ayant aucune envie de refaire 20 minutes de marche pour rejoindre la station Bir-Hakeim, j'ai testé le RER C,
repris à 21h45*** avenue du Président Kennedy, avec vue sur la Maison de la Radio, ci-dessous:
Sylvie, blogmestre