Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Hier soir, suite à une après-midi difficile passée en partie au Palais de justice, dans la galerie marchande, qui fait salle
d'attente pour la chambre qui juge les appels en matière de tutelle, et en rechute de bronchite, je suis allée à l'opéra
au lieu d'aller à la répétition chorale. S'abstenir de chanter avec une bronchite permettait d'éviter d'aggraver la
situation, et j'avais besoin de distraction pour ne pas ruminer toute la soirée. Mais j'ai pensé à vous!
L'Opéra Bastille donnait hier soir le Chevalier à la rose de Richard Strauss.
J'avais une place achetée à un autre amateur d'opéra, tout en haut du deuxième balcon.
Heureusement, j'ai fini par m'habituer à la pente des lieux, et n'ai plus d'impression de vertige!
L'opéra de Strauss date de 1911, et il comprend trois actes. Le premier acte est assez statique,
mais les deux actes suivants sont très énergiques et joyeux. La mise en scène de Herbert Wernicke
est très réussie, et les décors sont étonnamment somptueux, en panneaux et jeux de glaces géantes
pivotantes. L'interprétation est assurée par l'orchestre et le choeur de l'Opéra national de Paris sous
la direction de Philippe Jordan, les enfants sont ceux du choeur d'enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine.
Somptuosité des décors (image du site de l'Opéra de Paris)
L'histoire est une intrigue à un couple, puis à deux couples, puis à un couple. Le très jeune Octavian
est l'amant d'une femme plus âgée, la Maréchale. Laquelle a un cousin, Ochs, assez mal dégrossi,
qui va épouser une jeune femme, Sophie. Octavian va être le Rosenkavalier pour ce mariage, c'est,
dans la coutume viennoise, un chevalier qui donne à la mariée une rose d'argent de la part du marié.
Mais il tombe amoureux de Sophie, et réciproquement. Ochs, convaincu d'être un coureur de jupons
invétéré est écarté par le père de la fiancée, et La Maréchale comprend qu'elle a perdu Octavian.
C'est une histoire du temps qui passe, et qui nous change. La Maréchale se demande comment
elle a pu être "la petite Resi", et si elle sera bientôt "la vieille Maréchale"... Les amants se donnent
des petits surnoms, Octavian appelle la Maréchale "Bichette", et elle l'appelle "Quinquin", ce qui est
plus affectueux que passionné. Toutes les glaces qui entourent les acteurs sur la scène reflètent leur
image (et aussi les nôtres et celles de l'orchestre!), nul ne peut ignorer son reflet. Cruauté de la position
parallèle de la Maréchale qui sait que le jeune Octavian va la quitter, et de son cousin Ochs, gros
rustaud entre deux âges, qui va épouser une jeune fille vierge et richement dotée, et trouve la chose
normale. Au dernier acte, Octavian déguisé en femme se laisse séduire par Ochs, et démontre la
veulerie du personnage, poursuivi sur la scène par une nuée d'enfants qui l'agrippent en criant "Papa".
Octavian était joué par une jeune femme mezzo-soprano, Daniela Sindram. En cherchant les
interprétations fameuses de cet opéra, on constate qu'Octavian est toujours joué par une femme... Et comme le personnage
Octavian se fait passer, dans l'opéra, pour la chambrière de la Maréchale, voici encore une farce en miroir: c'est une femme
qui joue un homme, et qui s'amuse à se faire passer pour une femme! On peut se demander si, en écrivant pour le personnage
d'Octavian une musique correspondant à la tessiture d'une mezzo-soprano, Strauss ne faisait pas de l'humour au second degré.
La musique est très viennoise, et même valsante, le style du Rosenkavalier est musicalement plus
accessible, plus populaire (dans le bon sens de l'expression) que les poèmes symphoniques du compositeur.
La Maréchale était interprétée par Michaela Kaune, le baron Ochs, en knickers et tenue de chasseur autrichien,
par Peter Rose, et Sophie par Erin Morley. L'opéra dure 3h15, et il y a 55 minutes d'entractes.
Il y avait un entracte entre les deux premiers actes, et entre les deux derniers. Je suis allée
me promener au premier entracte, et boire une bière au deuxième, à la santé de mes camarades choristes,
qui sortaient de répétition à cette heure là. Excellente bière d'ailleurs!
L'opéra Der Rosenkavalier est une réussite, on passe une excellente soirée.
Si vous avez l'occasion d'aller le voir, n'hésitez pas!
Sylvie, blogmestre
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog





